Réflexion sur la mission du MC et de tout chrétien : témoigner de sa foi... particulièrement auprès des "loin de Dieu et de l'Église"!
Autrefois, on entendait les expressions suivantes : La mère est l’âme du foyer. Derrière chaque grand homme, il y a une femme. Ces dictons sont maintenant désuets. Et pourtant...
Depuis plusieurs années, je chemine sur le chemin le moins fréquenté, celui de mon vécu intérieur. J’y découvre avec bonheur de quoi mon coeur est porteur. J’y fais connaissance aussi avec les moeurs de Dieu présent en mon coeur. Et il m’y révèle toute la beauté, la grandeur, la spécificité de ma mission de femme et la mission de toutes les femmes en Église, mission que j’appelle « maternitude ».
Dieu, dans son plan de création a comblé le coeur de la femme du don de la tendresse. La mater ni - tude, pour moi, inclut bien sûr de mettre au monde physique ment des enfants de Dieu. Mais en son donné de création, est déposé par Dieu, en chaque femme, un mouvement impératif à mettre au monde, à mettre debout, donc à faire se lever des hommes, des femmes, des enfants dans toute la beauté et la richesse de leur coeur; à faire se mettre debout des sociétés plus harmonieuses et plus humaines. « La femme a mission de mettre au monde des hommes (1) », c’est-à-dire de révéler chaque homme, chaque femme à son être d’homme, son être de femme, à ce plus divin déposé par le Père au moment de la conception et qui en fait un être à son image, « un peu moindre qu’un dieu », dit le Psaume. La femme, en collaborant à mettre au monde des hu mains dans leur humanité, « contribue à les mettre aussi au monde de Dieu (1) » puisque devenir un fils ou une fille de Dieu exige d’entrer loin dans sa beauté humaine.
Regardons les femmes de l’Évangile :
La femme reçoit, de par le vouloir du Père, une ouverture de coeur qui se manifeste par une qualité exceptionnelle de présence, d’écoute, de compassion, de vigilance, de disponibilité, de consolation, de tendresse. « La femme reçoit le ministère de manifester la consolation (1). » En cela, la femme est visage de la tendresse de Dieu pour chacune de ses créations. Je me réjouis de ce don de Dieu aux femmes pour que réussisse son rêve et qu’advienne son règne. Et dire que l’Église se prive d’embaucher ces ouvrières exceptionnelles que sont ces femmes debout en leur maternitude.
Au début de l’année, un audacieux jésuite écrivait dans la revue Études : « La seule appartenance au sexe faible – ainsi que le dénomme une tradition fièrement machiste – pourrait-elle être un motif de discrimination et d’élimination dans une Église qui tire sa fierté et sa force de la faiblesse d’une croix? Introduire dans l’Église un peu de féminité, ce sera y verser la part d’humanité trop réduite ou masquée par un pouvoir exclusivement masculin et sacré, c’est-à-dire intolérant. La femme est et sera l’avenir de l’Église (2). »
Texte de Monique Bourgeois, publié dans Pèlerins en marche, no 36, Hiver 2012
_____________________________