Imprimer Texte plus gros Texte plus petit

Formation > Étude de la Bible > Réflexion chrétienne en cours > Archives > Année A, Quatrième dimanche de l'Avent

Réflexion sur l'évangile du Quatrième dimanche de l'Avent, A

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.

 


 

 

Mt 1, 18-24

Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.

Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit: «Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse: l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire: «le Seigneur sauve»), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.»

Tout cela arriva pour que s'accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète: Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d'Emmanuel, qui se traduit: «Dieu-avec-nous».

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui son épouse.

 

Quatrième dimanche de l'Avent - A

photo de Gilles Baril


L'amour se renouvelle

 

Dans la mentalité païenne et particulièrement dans la mythologie grecque et romaine de l’époque du Christ et des premiers chrétiens, on s’imaginait l’univers comme un monde à trois niveaux :

À l’étage supérieur, on retrouve le Dieu des dieux, le créateur du monde et de tout ce qui existe, lequel vit en solitaire parce qu’il n’a pas d’égal à lui-même… mais lequel en même temps s’ennuie terriblement dans sa solitude. Personne n’a accès à ce Dieu que les Romains appellent Jupiter et que les Grecs appellent Zeus. Voir Dieu ou paraître devant lui, c’est en mourir.

Saint-Joseph et l'angeAu deuxième niveau se trouvent les dieux et ils sont nombreux. Il y a le dieu de la lumière, de la fécondité, de la réussite, de la santé et de la mort, de l’intelligence humaine, de la protection de l’environnement et de la créativité [les Arts], il y a le dieu de la mer, de la terre, de la chasse, de la médecine, de la fertilité, etc. Ces dieux sont éternels, mais comme les mortels, ils s’habillent, ils jouissent de la vie, ils se tourmentent, mais ils ne meurent pas. Ils demeurent sur la montagne Olympe et ils sont tellement occupés entre eux qu’ils ont cessé d’écouter les humains et d’exaucer leurs demandes.

Au troisième niveau de la création est la terre où vivent les humains (les mortels). Ceux-ci sont de plus en plus écrasés par les difficultés du quotidien face à la matière imparfaite qui donne plus de misère que de raisons de s’engager sur les chemins de l’espérance.

Un jour, la déesse de la sagesse, qui s’appelle Sofia, constate que ça n’a aucun bon sens ce que vivent les humains, d’autant plus qu’ils ne sont même plus écoutés par les dieux. Elle décide malgré les dangers que cela comporte d’aller frapper à la porte du Père-Créateur (Zeus ou Jupiter) et de le sensibiliser au vécu des humains.

Joseph, homme de la nouvelle alliance, modèle de foi et de fidélité, est celui qui «accueille la Parole» et se met au service de Dieu et au service des autres.

C’est à partir de là explique St-Iréné de Lyon que Dieu est devenu sensible à la misère du genre humain et qu’il a décidé de s’incarner sur terre, ce qui a eu comme conséquence l’anéantissement du deuxième niveau de la création, car Dieu a ainsi établi une alliance directe entre Lui et la terre. Pour cela, Dieu a humanisé Sofia en faisant d’elle une jeune fille aux vertus inégalées dons le premier mérite est l’humilité et la simplicité volontaire. « Et le nom de la jeune fille est Marie », dit l’évangile, et Joseph accepte de s’ajuster avec Marie à ce projet de Dieu pour l’humanité.

Noël est à notre porte pour nous enseigner que Dieu prend un corps d’homme dans la plus grande misère sociale pour se faire proche des malheureux, des pauvres et des malaimés. Dans le domaine de Dieu, où pour le dire en d’autres mots, dans le domaine de l’Amour, c’est le plus petit qui est le plus grand, c’est le plus faible qui est le plus fort.

Notre Dieu ne fait pas de bruit : il se manifeste dans la paix du cœur, le service des autres, la gratuité du pardon, la confiance en la vie. Ajoutons encore que notre Dieu ne se manifeste pas par mon agir de curé ou encore par votre agir de personnes dévouées : il se dit de façon évidente par la qualité de l’engagement de toute la communauté que nous formons en son nom. C’est ensemble qu’on est appelé à devenir des révélateurs de Dieu pour les chercheurs de Dieu et pour les gens à la foi appauvrie que le temps de Noël met sur notre route… et n’oublions pas que la meilleure façon de révéler ce Dieu qui nous habite et nous transforme, c’est par notre accueil et notre joie de vivre.

 

Source des photos: Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre.; Georges de La Tour, Apparition de l’ange à Saint-Joseph, Musée des Beaux Arts, Nantes, France.