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Réflexion chrétienne sur l'Évangile de dimanche prochain

Réflexion sur l'évangile dominical par le Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada. Nous publions sa réflexion une semaine à l'avance pour aider ceux qui se préparent à témoigner sur cet évangile.

14e dimanche ordinaire - A





Mt 11, 25-30

En ce temps-là, Jésus prit la parole: «Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange: ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m’a été confié par mon Père; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. 

«Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger.»

 

14e dimanche ordinaire - A

photo du Père Allard


"Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau, et je vous procurerai le repos "

 

Le cycle de Pâques est maintenant terminé et nous reprenons celui des dimanches ordinaires ou des dimanches du temps de l’Église.

L’évangéliste Matthieu nous dit à plusieurs reprises que Jésus est un homme de paix et de compassion, qui se sent à l’aise avec les petits, les démunis, ceux qui souffrent. Il est l’image de Dieu, son Père, qui n’est pas un Dieu sévère, lointain et froid mais un Dieu plein d’amour et de tendresse. C’est le thème central des textes d’aujourd’hui : «Le Seigneur vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne, un âne tout jeune. Il fera disparaître les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat ; il brisera l’arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations.» (Zacharie 9, 9-10)

Déjà, le prophète Isaïe avait écrit au sujet du Messie : «Voici mon serviteur, mon élu en qui je me complais. J’ai mis en lui mon esprit, il présentera aux nations le droit, il ne crie pas, il n’élève pas le ton, il ne fait pas entendre sa voix dans la rue; il ne brise pas le roseau froissé, il n’éteint pas la mèche qui faiblit…» (Is 42, 1-3).

Le Seigneur est un Dieu de
bonté qui donne toujours une autre chance

Le Seigneur est un Dieu de bonté qui donne toujours une autre chance. Nous n’avons qu’à relire les textes qui mentionnent Marie Madeleine, Zachée, la Samaritaine, le bon larron, Pierre, l’enfant prodigue, les ouvriers de la dernière heure, Paul de Tarse et tant d’autres à travers les siècles.

Toute la vie moderne exalte la force, la richesse et le pouvoir. La publicité fait la promotion des victoires politiques, sportives et économiques. Être numéro un, être le premier, le plus fort, quel qu’en soit le prix à payer ou les moyens pour y parvenir !

Notre culture présente les grandes vedettes comme des modèles à imiter. Dans ce monde qui proclame les vainqueurs, la douceur et l’humilité sont des valeurs en baisse à la Bourse des valeurs humaines. Observez les enfants, qui essaient d’imiter les adultes. Leurs héros sont ceux qui gagnent les batailles de rues, qui ont la gâchette facile, à l’image de Rambo, des Marines, des Seals, des Justiciers de l’espace qui sont toujours vainqueurs et qui font la loi!

Dieu se révèle à nous, non pas puissant et fort mais «doux et humble de cœur». Et les fruits de l’Esprit qu’il nous propose sont à son image : «la charité, la joie, la paix, la patience, la serviabilité, la bonté, la confiance dans les autres, la douceur, la maîtrise de soi» (Galates 5, 22).

Le Seigneur se présente, non pas comme un Dieu que l’on doit craindre, mais un Dieu qui accompagne, qui est présent, qui apporte la joie et la paix! «Voici que je suis à la porte et frappe… Si quelqu’un ouvre, j’entrerai chez lui et prendrai mon repas avec lui» (Apocalypse 3, 20)

Il est «un Dieu doux et humble de cœur»… C’est la première révélation de l’évangile d’aujourd’hui. Une deuxième, tout aussi importante, est l’invitation que le Christ nous fait de partager notre fardeau : «Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi, je vous soulagerai.»

c'était impossible d'observer toutes ces lois

Nous savons que les lois juives étaient un joug lourd à porter. Elles comprenaient quelque 613 commandements et régulations. Pour les gens simples et surtout pour ceux qui pratiquaient certains métiers, c’était impossible d’observer toutes ces lois. En conséquence, plusieurs étaient rejetés parce que considérés comme «impurs» et parce qu’incapables d’observer toutes les régulations tatillonnes : les bergers, les conducteurs d’ânes, les vendeurs itinérants, les tanneurs de peaux, les collecteurs d’impôts, sans parler des centaines de personnes expulsées de leur village parce qu’elles souffraient d’une maladie de peau.

Tous ces gens étaient privés de leurs droits civiques les plus élémentaires. Ils ne pouvaient être témoins dans un procès, ne pouvaient entrer dans une synagogue et participer à la vie communautaire du village.

Jésus veut bien observer la loi, mais il refuse d’en faire un lourd fardeau et une cause de discrimination et d’injustice. Pour lui, la loi doit être un élément de libération et de justice : «Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger».

Dans les actes des apôtres, saint Pierre et saint Paul refusent eux aussi d’imposer aux non-Juifs des règles trop rigides : «Ce serait leur imposer un joug insupportable que de les obliger à suivre toutes les lois de Moïse. Pourquoi voulez-vous leur imposer un joug que ni nos pères ni nous-mêmes n’avons eu la force de porter?» (Actes 15, 10) Comme Jésus, Pierre et Paul ne veulent pas assujettir les gens à des lois qu’ils ne pourraient supporter. Souvent, à travers les siècles, l’Église a oublié cette sagesse évangélique.

Jésus accusait les prêtres, les pharisiens et les scribes, c’est à dire l’Église de son temps, d’imposer aux gens des fardeaux qu’eux-mêmes refusaient de porter : «Les scribes et les Pharisiens siègent dans la chaire de Moïse : faites donc et observez ce qu’ils vous disent, mais ne vous réglez pas sur leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des autres alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt» (Mt 23, 2-4).

Jésus porte nos fardeauxJésus offre aujourd’hui de partager nos fardeaux : maladies, infirmités, vieillesse, pauvreté, échecs, solitude... Ils sont moins lourds à porter lorsque le Christ les porte avec nous.

Notre Dieu est un Dieu «doux et humble de coeur», un Dieu «qui veut partager le poids de notre fardeau quotidien». Jésus est venu pour redonner à la religion son rôle de soutien et de libération. C’est la bonne nouvelle de ce dimanche.

Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi, je vous procurerai le repos

 

Source des images: Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre.