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Évangile de Jean vulgarisé

Extraits de "Jean m'a parlé de son ami Jésus", par Roger Gauthier, o.m.i.

À chaque semaine,
vous trouverez ici
un épisode de
l'Évangile selon
Saint Jean.

Il est reformulé
dans un langage populaire dans le but de nous aider à découvrir le Christ comme Jean a pu le percevoir.

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 Document sans nom

Il faut l'enfermer

Les pharisiens complotent pour le faire arrêter

Justement, en entendant ses dernières affirmations, les maîtres du Temple ne pouvaient plus le tolérer; ils commencèrent à faire les démarches pour le faire arrêter. Ils pensaient bien réussir cette fois. Pour nous, ce soir-là, pas question de dormir : Simon Pierre avait organisé une ronde de vigie. Mais Jésus nous rassura en nous disant comme une évidence que rien ne pouvait arriver pour le moment parce que selon le projet de son Père, sa mission n’était pas terminée. Et de fait, personne ne vint mettre la main sur lui.

Il advint même que la foule lui devenait de plus en plus sympathique. Beaucoup de gens affirmaient haut et fort leur confiance : « Nous faut-il attendre un autre Messie qui donnerait des preuves plus convaincantes que lui de sa mission? ». De telles réflexions se multiplièrent de plus en plus et ne tardèrent pas à venir aux oreilles des pharisiens qui sommèrent les grands prêtres de faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard.

Au moment qu’il faudra,
je partirai de moi-même
vers celui qui m’a envoyé

Pour impressionner les gens, les autorités envoyèrent les gardes du Temple confronter Jésus sur la place publique de façon à le faire se compromettre afin de pouvoir l’accuser. Or Jésus, loin d’adoucir ses dires, affronta les gardes à la face même de la foule et leur dit, comme s’il était seul maître de son futur : « Vous devrez m’endurer encore un peu de temps avec vous. Au moment qu’il faudra, je partirai de moi-même vers celui qui m’a envoyé. À ce moment-là, vous souhaiterez beaucoup me retrouver, mais ce ne sera plus possible, car là où je serai, vous, vous ne pourrez pas venir ».

Les gardes ne savaient pas que faire devant ces paroles mystérieuses. Puisqu’il parlait de disparaître de son plein gré, peut-être valait-il mieux attendre un peu pour intervenir plutôt que de contrarier la foule. C’est l’avis qu’ils rapportèrent à leurs chefs.

Nicodème nous raconta plus tard que les pharisiens furent intrigués et confus devant la déclaration de Jésus. Avec dépit, ils durent se ranger à l’avis des gardes : on ne devait pas troubler les célébrations en cours aux yeux d’une foule déjà trop attachée à celui qu’elle considérait comme le Messie. D’autant plus qu’il annonçait un départ volontaire. Mais en même temps, ils craignaient beaucoup de le perdre de vue sans pouvoir le retrouver avant qu’il ne fasse de graves dommages à la Loi.

Là où je suis, vous ne
pouvez pas venir

Ils se demandaient : « Où est-ce qu’il croit pouvoir aller pour se cacher de nous? Peut-être pense-t-il nous échapper en partant, dans quelques jours, avec la diaspora juive venue de Grèce? Il veut peut-être répandre sa doctrine chez eux? » Tout de même, deux bouts de phrases leur semblaient mystérieux : ‘Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas’ et ‘Là où je suis, vous ne pouvez pas venir’.

Ils redoutaient que ces mots comportent un avertissement codé à une troupe clandestine, encore inconnue, qui fomenterait une révolution. Dans leur indécision, ils demandèrent aux gardes d’attendre pour agir tout en guettant la bonne occasion de leur amener Jésus.  

Je dois te dire que parmi nous, ses disciples, la déclaration de sa disparition possible en inquiéta plusieurs. Pourtant nous restions certains qu’il ne nous abandonnerait jamais après nous avoir choisis; c’était un homme d’une fidélité totale.

Jésus au TempleLes dernières menaces venues du Temple ne parurent pas l’inquiéter; il continua tranquillement de proclamer son message jusqu’à la fin de la fête. Au dernier jour, qui est le plus solennel, il se tenait dans le Temple, toujours sous les yeux des gardes. Comme il aimait beaucoup parler du Royaume à partir des circonstances en cours qu’il tournait en parabole, il se mit à parler de la soif à une foule compacte qui remplissait le Temple, accablée qu’elle était par la chaleur et le manque d’eau : « Ceux qui ont soif de la vraie Vie, dit-il, qu’ils viennent à moi et qu’ils boivent à s’en rassasier pourvu seulement qu’ils aient confiance en moi. Ils trouveront en moi ce que dit l’Écriture : ‘De son sein couleront des fleuves d’eau vive’ ».  

Sur le moment, nous n’avons pas deviné le sens exact de ces paroles, mais nous étions sûrs, comme toujours, qu’il nous expliquerait plus tard. En réalité, il nous fallut attendre au repas du dernier soir pour comprendre qu’il parlait alors de l’Esprit offert à ceux qui auraient foi en lui.

Parmi la foule qui l’avait entendu, les réactions divergeaient beaucoup. Les uns lui faisaient pleine confiance : « Vraiment, c’est lui, le Grand Prophète que nous attendons depuis que notre Peuple existe ». D’autres renchérissaient: « C’est sûrement lui le Messie promis ». Mais certains faisaient objection : « Ce n’est pas possible que le Messie vienne de Galilée; l’Écriture dit clairement qu’il descendra de David et qu’il naîtra à Bethléem, la petite ville où est né David lui-même ». Nous étions habitués à ces divisions au sujet de Jésus, c’était toujours ainsi. Ici, il y eut même des gens un peu fanatiques qui suscitèrent une petite émeute en voulant le chasser du Temple, mais les gardes rétablirent l’ordre.

« Jamais nous n’avons entendu un homme parler comme lui! »

Quand furent terminées les fêtes, les gardes vinrent rendre compte de leur mission aux grands prêtres qui leur dirent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas arrêté? ». Ils avaient été subjugués et répondirent : « Jamais nous n’avons entendu un homme parler comme lui! » Des pharisiens qui assistaient au compte rendu en furent choqués et les accablèrent de mépris : « Auriez-vous été abusés, vous aussi? Regardez parmi la classe des nobles ou parmi les gens intelligents: vous n’en trouverez pas un qui ait cru en lui. Les seuls à lui faire confiance appartiennent à la masse des ignorants qui ne connaissent rien à la Loi. Ce sont tous des gens maudits par Yahweh ».À leur plus grande honte, ils furent ramenés au sens de la Loi par un de leurs compagnons, Nicodème, qui fut tout fier, plus tard, de nous raconter son audace. Il rappela les exigences de la Loi : « Notre Loi condamnerait-elle un homme sans l’avoir entendu et sans savoir ce qu’il a fait? » Les pharisiens furent humiliés de se faire mettre en question sur leur fidélité à la Loi.

Pleins de colère mais conscients de ne pouvoir se justifier, ils firent diversion: « Serais-tu de Galilée, toi aussi? Cherche et tu verras qu’aucun prophète n’est annoncé comme venant de Galilée ». Nicodème se tut en espérant que sa question ferait peut-être son chemin dans leur cœur.

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Source des images: Complot des pharisiens; Manifestation de Jésus au temple

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