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Réflexion sur l'évangile de la Fête de Noël, A

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.

 


 

 

Jean 1 : 1-18

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. » Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

Fête de Noël - A

photo de Gilles Baril


" Dieu avec nous"

 

sapin de noël

Permettez-moi de débuter ma réflexion avec un conte qui s’intitule : « Une visite inattendue ».

Cela se passe dans l’étable de Bethléem. La Vierge Marie prie et adore l’Enfant Jésus qui dort paisiblement

Quand soudain dans la nuit, arrive, à l’entrée de l’étable, une vieille vieille femme, toute ridée, extrêmement ridée, habillée de vieux vêtements en lambeaux.

À la vue de cette vieille femme ridée, la Vierge s’inquiète.

La vieille femme se dirige vers la crèche où repose l’Enfant Jésus. Elle avance péniblement, lentement. Chaque pas qu’elle fait semble prendre des siècles.

Noël c’est la grande fête de la joie et de l’espérance, c’est la fête qui nous invite à accepter Dieu dans nos vies et à retrousser nos manches pour rendre notre monde meilleur.

Marie s’inquiète de plus en plus. Elle se dit : « heureusement que l’Enfant dort ».

Le bœuf et l’âne mâchent tranquillement leur paille; tout leur parait normal.

Enfin la vieille femme arrive près du berceau de l’Enfant et elle le regarde. Cette marche a paru durer des siècles.

étoileLa Vierge s’inquiète davantage. Elle remercie Dieu que l’Enfant ne se réveille pas et qu’Il dorme toujours profondément.

Soudain, l’Enfant Jésus ouvre les yeux; et à la grande surprise de la Vierge, l’Enfant et la vieille femme ont les mêmes beaux yeux, pleins d’espérance.

La vieille femme plonge la main dans ses vêtements en loques. Ses mouvements lents semblent durer des siècles. Elle en retire quelque chose.

La Vierge s’inquiète encore plus quand elle voit la vieille femme se pencher lentement sur le berceau. Elle ne peut pas voir ce que la vieille femme donne à l’Enfant. Elle n’aperçoit que le dos courbé de la vieille femme. La Vierge a bien vu les bergers et les Rois Mages qui sont venus offrir leurs hommages et leurs cadeaux; mais qu’est-ce que cette vieille femme peut bien vouloir donner à son Enfant ?

Le bœuf et l’âne mâchent leur paille et ne semblent s’inquiéter de rien. Comme si tout était normal.

La vieille femme se redresse. La Vierge la regarde avec étonnement. La vieille femme, soudain, est devenue jeune et belle. Elle sort de l’étable et disparait dans la nuit.

Aussitôt la Vierge regarde l’Enfant Jésus, qui tient une pomme dans ses mains. Oui ! C’était Ève qui était venue donner à l’Enfant Jésus, la pomme du paradis terrestre, son péché, duquel a découlé tous les autres. Mais dans les mains de l’Enfant Jésus, la pomme devient rouge vif, brillante, étincelante comme un rubis. Elle représente notre globe terrestre.

L’histoire de notre humanité subit un recommencement avec la naissance de Jésus.

En effet à Noël, Dieu se donne : il épouse notre condition particulière : Noël c’est Dieu qui te dit qu’il te porte un amour personnel (En as-tu déjà pris conscience ?)

Dieu nous enseigne que Noël n’est pas que les rêveries de notre plus beau folklore. En venant sur terre, Jésus n’est pas venu jouer une pièce de théâtre. Sa mission ne consiste pas qu’à être une source d’inspiration pour les poètes, les écrivains et les chansonniers de tous les temps. Jésus est venu nous enseigner que Noël est une histoire d’amour commencée avec Adam et Ève, et que cet amour est toujours au présent.

L’amour de Dieu pour son peuple, pour chaque personne, se continue et se renouvelle aujourd’hui par nos mains, nos corps, nos cœurs. Toute notre vie se doit d’être un « Je t’aime » à Dieu et à l’autre qui vit avec toi.

J’ose exprimer deux souhaits :

1- Que nous apprenions le « langage du cœur » expression de Bill Watson popularisé par Jerry Boulet avec sa chanson: « Les yeux du cœur ».

Le langage du cœur, c’est cette communication qui relève de l’essentiel et qui n’est contrôlée par aucun dictionnaire, aucune grammaire ni pas la mémoire d’aucun ordinateur.

C’est un langage discret, souvent silencieux, qui se vit entre deux personnes dans l’amour et le respect l’un de l’autre dans une attitude de disponibilité et d’accueil qui ne trompe pas.

Pour vivre le langage du cœur, il nous faut nous reconnaître limités et fragiles, dépendant des autres (ce qui est difficile dans un monde axé sur la compétition et la rivalité). Je suis obligé de reconnaître que les spécialistes du langage du cœur, ce sont beaucoup plus les femmes que les hommes et il est bon qu’il en soit ainsi.

Le langage du cœur conduit à mon deuxième souhait :

2- La Joie

Je cite le vieux curé de campagne de Darcy de Bernanos : « L’Église dispose de toute la joie réservée à ce monde ». « Toute la Joie du monde a été confiée à l’Église et c’est à elle qu’il revient de la semer dans le monde ».

Joie de nous savoir aimés; Joie de nous savoir habités par Dieu Joie de nous savoir appelés à un bonheur illimité malgré les fragilités de notre condition humaine.

Accueillir Jésus, c’est accepter dans la joie de parler le langage du cœur, de prendre le temps d’aimer. Avec Marie et Joseph redisons à Dieu notre joie de le savoir à l’œuvre dans nos vies.

Noël est le fruit du plus beau « Je t’aime »…