Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.
Quand les bergers arrivèrent à Bethléem, ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans une mangeoire. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tout le monde s’étonnait de ce que racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur. Les bergers repartirent; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

Un curé disait à ses paroissiens le matin du Jour de l’An : « il est important qu’on prenne des bonnes résolutions pour la nouvelle année. Je vous propose de faire un effort communautaire pour que cesse chez nous tout ce qui est de l’ordre du fumage, du sacrage, du couraillage, du placotage, du chialage ». Puis là le curé pense à ses problèmes de boisson qui sont connus par les paroissiens, et il termine sa proposition en disant : « En ce qui me concerne le buvage, ben vous savez comme moi qu’on ne peut pas tout changer la même année : on y verra donc l’année prochaine ».
Autrefois les curés terrifiaient les gens en les menaçant de l’enfer pour susciter chez eux des conversions réelles. Je pense au père franciscain qui tonnait lors d’une retraite paroissiale du haut de la chaire puis un moment donné un petit gars crie à sa mère : « Maman, on s’en va! Le fou en haut a cassé sa corde ». En gesticulant, le cordon de la bure du bon père venait de paraître au-dessus de la chaire. Aujourd’hui, on se stimule à être présence bienfaisante du Christ par notre bonté, notre accueil et notre bonne humeur.
Que souhaiter pour la prochaine année?
1- Que nous développions le profond respect de chaque personne : Qu’est-ce que le respect? Je pense à une religieuse qui venait de perdre connaissance dans un centre d’achat. On essaie de la relever quand elle retrouve ses sens et elle s’écrit spontanément : « Touchez-moi pas, je suis consacrée ». Le respect ne fait pas de nous des intouchables. Le respect ne consiste pas à mettre des barrières entre nous. Il est d’abord « écoute de l’autre ». Écouter ce qu’il vit pour lui permettre de grandir dans son être intérieur. Permettre à l’autre de se sentir bien avec lui-même. Écouter pour devenir révélateur de Dieu, pour devenir une présence qui fait du bien, pour devenir une preuve vivante que Dieu existe. Dans le respect de l’autre, on permet à chaque personne d’allumer sa flamme intérieure.
2- Que nous devenions une communauté qui porte l’Évangile au quotidien : il ne faudrait pas que l’Église comme la société devienne une grosse industrie de personnes dépersonnalisées. Notre défi : développer davantage de la fraternité et la solidarité entre nous. Faire en sorte que chaque personne qui arrive au milieu de nous se sente accueillie et appréciée. Que nous devenions contagieux de l’espérance du Royaume de Dieu qui se bâtit au jour le jour dans la douceur de l’amour du Christ.
3- Que nous devenions des « Sauveurs » pour les autres : les sauver de la solitude, du désespoir, de l’absurdité du superficiel. Ils sont nombreux autour de nous les gens qui souffrent d’un vide intérieur parce qu’ils n’ont pas rencontré Dieu dans leurs vies. À nous de les guider vers la source.
N’oublions pas que la source qui coule dans un champ ne choisit pas quel animal elle va désaltérer ni quelle sorte d’arbuste ou de fleurs elle va faire pousser… Faisons du bien : semons en abondance et laissons la récolte au Christ.
4- Que nous demeurions fiers d’être des instruments du Christ pour bâtir le bonheur de chaque personne 35 autour de nous. C’est ainsi que nous ne vivrons pas le paradis seulement qu’à la fin de notre vie, mais plutôt à chaque jour de notre vie.
Suggestion de bénédiction du Jour de l’An par les parents pour leurs enfants :
Mes enfants, quand vous êtes venus au monde
votre présence a bouleversé notre vie.
Vous avez été notre joie, notre fierté, notre espérance.
Vos peines nous ont fait mal.
Vos douleurs ont été les nôtres.
Vos angoisses ont été nos angoisses.
En cette année nouvelle,
nous rendons grâce au Seigneur pour votre naissance,
pour votre vie,
pour votre présence.
Que votre route soit belle et longue.
Que la lumière vous inonde.
Que la joie vous accompagne.
Et que le Seigneur vous bénisse maintenant et à jamais.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Amen!
Bonne et heureuse année à chacune et à chacun d’entre nous.