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Réflexion sur l'évangile du huitième dimanche du Temps de l'Église, A

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.

 



 

 

Matthieu 6, 24-34

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : «Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. C'est pourquoi je vous dis : Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?

 

«Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? D'ailleurs, qui d'entre vous, à force de souci, peut prolonger tant soit peu son existence?

 

«Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'était pas habillé comme l'un d'eux. Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs, qui est là aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi?

 

«Ne vous faites donc pas tant de souci; ne dites pas : "Qu'allons-nous manger?" ou bien : "Qu'allons-nous boire?" ou encore : "Avec quoi nous habiller?" Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché. Ne vous faites pas tant de souci pour demain : demain se souciera de lui-même; à chaque jour suffit sa peine.»

 

Huitième dimanche du Temps de l'Église - A

photo de Gilles Baril


Cherchez d’abord le Royaume des cieux et sa justice

 

L’idée maîtresse de ce texte que nous venons d’entendre est : « Arrêtez de vous faire du souci. Qui à force de se préoccuper ajoute du bonheur à sa vie? »

L’idée maîtresse de ce texte que nous venons d’entendre est : « Arrêtez de vous faire du souci. Qui à force de se préoccuper ajoute du bonheur à sa vie? » Le souci est comme un arbre sur lequel on a le nez collé. Nous sommes trop près pour discerner l’essentiel. On est aveuglé, on nourrit des visions erronées, on se fait des craintes qui empoisonnent nos vies : « Chu bon à rien, personne ne m’aime, ma vie est un échec… » Les soucis nous empêchent de découvrir l’essentiel tout comme le plus important d’un arbre n’est pas le tronc et encore moins l’écorce, mais les racines et la sève que les racines alimentent.

wallstreetL’essentiel n’est pas le vêtement, mais le corps qui le porte ni la nourriture, mais la santé du corps. C’est ainsi que collé sur l’arbre de nos soucis, non seulement, nous ne voyons pas l’essentiel, mais nous ne pouvons pas percevoir les milles possibilités de la forêt qui entoure l’arbre. C’est ainsi que nos préoccupations nous empêchent de découvrir nos capacités personnelles et les multiples richesses complémentaires des gens autour de nous qui ne demandent pas mieux que de nous venir en aide quand on est mal pris.

Un dicton dit : « Un arbre qui craque fait plus de bruit que la forêt qui pousse ». Alors au lieu de gémir sur ce que nous n’avons plus, essayons plutôt de faire fructifier ce que nous avons encore. Demandons-nous avec quelles lunettes nous envisageons notre vie : les lunettes de nos soucis, de la désespérance et du défaitiste ou les lunettes de la confiance, de la solidarité et du désir de relever des défis?

Jésus ne nous dit pas de ne pas nous occuper de notre quotidien et d’oublier nos responsabilités. Il nous demande de porter aussi le désir de bâtir une communauté humaine où il fait bon vivre parce que nous nous soutenons les uns les autres, parce que notre solidarité trouve sa source en Dieu.

" Jésus ne condamne pas le fait d’avoir de l'argent mais bien «de servir l'argent».

Demandons à Dieu des coeurs d’enfants qui au-delà de toutes paroles savent comme une certitude qu’ils sont aimés de leurs parents et que ceux-ci seront toujours prêts à pourvoir à leurs besoins fondamentaux pour être heureux. Dieu est un Père qui nous veut heureux en sa Présence. Et il ne nous est pas permis d’en douter nous dit le Christ aujourd’hui.

A la fin du texte, Jésus résume son enseignement en une formule dense et vive : «Cherchez d'abord le Royaume des cieux et tout le reste vous sera donné par surcroit!».

 

 

Source des images: Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre.;