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Réflexion sur l'évangile du Cinquième dimanche du Carême, A

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.

 



 

 

Jn 11, 1-45

Un homme était tombé malade. C’était Lazare de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe. (Marie est celle qui versa du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. Lazare, le malade, était son frère.) Donc, les deux soeurs envoyèrent dire à Jésus: «Seigneur, celui que tu aimes est malade.» 

En apprenant cela, Jésus dit: «Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié.» Jésus aimait Marthe et sa soeur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura pourtant deux jours à l’endroit où il se trouvait; alors seulement il dit aux disciples: «Revenons en Judée.» Les disciples lui dirent: «Rabbi, tout récemment, les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas?» Jésus répondit: «Ne fait-il pas jour pendant douze heures? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n'est pas en lui.» Après ces paroles, il ajouta: «Lazare, notre ami, s’est endormi; mais je m’en vais le tirer de ce sommeil.» Les disciples lui dirent alors: «Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé.» Car ils pensaient que Jésus voulait parler du sommeil, tandis qu’il parlait de la mort. Alors il leur dit clairement: «Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui!» Thomas, dont le nom signifie: «Jumeau», dit aux autres disciples: «Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui!» 

Quand Jésus arriva, il trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem, — à une demi-heure de marche environ —, beaucoup de Juifs étaient venus manifester leur sympathie à Marthe et à Marie, dans leur deuil. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait à la maison. Marthe dit à Jésus: «Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que, maintenant encore, Dieu t'accordera tout ce que tu lui demanderas.» Jésus lui dit: «Ton frère ressuscitera.» Marthe reprit: «Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection.» Jésus lui dit: «Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela?» Elle répondit: «Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde.» 

Ayant dit cela, elle s’en alla appeler sa soeur Marie, et lui dit tout bas: «Le maître est là, il t’appelle.» Marie, dès qu’elle l'entendit, se leva aussitôt et partit rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village; il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie, et lui manifestaient leur sympathie, quand ils la virent se lever et sortir si vite, la suivirent, pensant qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Elle arriva à l’endroit où se trouvait Jésus; dès qu'elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit: «Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort.» Quand il vit qu'elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus fut bouleversé d’une émotion profonde. 

Il demanda: «Où l’avez-vous déposé?» Ils lui répondirent: «Viens voir, Seigneur.» Alors Jésus pleura. Les Juifs se dirent: «Voyez comme il l’aimait!» Mais certains d'entre eux disaient: «Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir?» Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit: «Enlevez la pierre.» Marthe, la soeur du mort, lui dit: «Mais, Seigneur, il sent déjà; voilà quatre jours qu’il est là.» Alors Jésus dit à Marthe: «Ne te l’ai-je pas dit? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu.» On enleva donc la pierre. 

Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit: «Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je savais bien, moi, que tu m’exauces toujours, mais si j’ai parlé, c’est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé.» Après cela, il cria d’une voix forte: «Lazare, viens dehors!» Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit: «Déliez-le, et laissez-le aller.» 

Les nombreux Juifs, qui étaient venus entourer Marie et avaient donc vu ce que faisait Jésus, crurent en lui.

Cinquième dimanche du Carême - A

photo de Gilles Baril


Tu verras la gloire de Dieu

Quand on mentionne ici la mort de Lazare et son retour à la vie, il ne faut pas confondre avec la Résurrection du Christ au matin de Pâques. Nous sommes toutefois à une époque charnière de la vie de Jésus : c’est le jour du retour à la vie de Lazare que les autorités juives décident que Jésus en fait trop et qu’il est grand temps de le faire mourir lui aussi.

De plus, en interrogeant Marthe, Jésus lui fait subir un test sur la compréhension de ses trois années d’enseignement. Marthe par ses réponses, prend l’image de tous les disciples du Christ. Alors, que devons-nous retenir de son enseignement :

y1- Vivre le mystère de Dieu, c’est un acte du cœur : Jésus aime Marthe, Marie et Lazare. Jésus pleure la mort de son ami Lazare. Il est réconfortant de constater que l’Évangile ne vient pas nous amputer de notre affectivité.

2- Mourir n’est pas un problème de souffrance physique, d’autant plus que l’avancement des connaissances médicales et pharmaceutiques résout de nos jours 95 % des souffrances physiques.

3- Mourir est un problème de compassion humaine : tout le monde a besoin de se sentir aimé, soutenu, accompagné. C’est ce que reproche Marthe à Jésus : « Tu te dis notre ami, mais quand on a besoin de toi, tu n’es pas là pour nous ».

4- Le dilemme du « mourir dans la dignité » est un problème social : accompagner en douceur un mourant n’est pas rentable. D’autant plus que souvent l’accompagnateur se sent démuni, sans efficacité… car il est confronté à ses propres limites.

Pour comprendre cette page d’évangile, il faut identifier comment nous vivons nos deuils du quotidien : la perte d’un être cher, la perte d’un animal de compagnie, le changement d’emploi, un déménagement imposé, un divorce, une difficulté de santé.

Avec Dieu, il y a toujours un nouveau printemps à l’horizon.

...l’Esprit de Dieu peut nous redonner une vitalité créatrice, une vie nouvelle.

Profitons également de notre célébration pour demander à Dieu de nous libérer de nos tombeaux personnels : tombeaux des amitiés mal cultivés, tombeaux des rancunes, des respects et des déceptions, tombeaux des injustices subies ou que nous faisons subir aux autres.

Puisse notre foi être une réponse d’abandon à la volonté de Dieu comme le proclame Marthe : « Oui je crois que tu es le Messie, le Fils de Dieu ».

Puissions-nous entendre le Christ nous dire : « Je te dis que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ».

Seigneur je crois, mais augmente ma foi.