Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.
Jn 3, 16-18 - 2
Cor. 13, 11-13
Soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. Exprimez votre amitié en échangeant le baiser de paix. Tous les fidèles vous disent leur amitié. Que la grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous.
Évangile - Jean 3, 16-18
Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique: ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

Dieu par définition est un mystère, c’est-à-dire une réalité qu’on n’aura jamais fini de connaître. Et toute la célébration de l’eucharistie est une plongée dans le mystère de Dieu puisqu’elle est prière au Dieu-Trinité. Nous prions le Père, par Jésus-Christ, rassemblé dans son Esprit d’Amour et de service spontané.
Le premier service qu’on peut rendre aux autres est de les confier à Dieu dans notre prière. Confier à Dieu suppose de ne pas s’inquiéter à leur sujet, les laisser libre, découvrir qu’on n’a aucun pouvoir de contrôle sur personne, même pas sur le conjoint ou les enfants. Seulement les aimer. Et cette communion d’Amour est le propre de Dieu, voire le secret de la sainteté.
À ce niveau, j’aime beaucoup les trois petits bouts de phrases de l’évangile d’aujourd’hui qui m’ont toujours apparu comme un résumé de tous les textes de la bible : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a envoyé son Fils, non pour nous juger, mais pour nous sauver, afin que tous aient la vie éternelle. »
Dieu n’est pas que l’être suprême, l’énergie, la force, le
voyage astral, le fluide. Il n’est pas que cet être lointain et
distant qui surveille et exige toujours plus de nous. Il est
mystère d’amour et de communion. Et pour vraiment le
connaître, il faut plonger dans ce mystère : plus un nageur
avance dans l’eau en s’éloignant du rivage, plus il se sent au
coeur d’un infini à découvrir. Il risque de se noyer s’il est
trop chargé de bagages. L’important n’est pas de connaître le
fond de l’eau, mais de savoir rester en surface. C’est ainsi
que notre véritable connaissance de Dieu ne vient pas
d’abord par nos connaissances intellectuelles ni par la
transmission d’un enseignement théologique. Elle arrive en
voyant vivre d’autres chrétiens… par la conversion du coeur
qu’on vit en s’engageant dans la communauté.

La foi est un apprentissage suite à une mise en route sur des chemins qui ne sont pas définis à l’avance avec la communauté. Et le discernement du plus important se vit de façon collective au fur et à mesure des événements. Ça prend de l’écoute et de l’ouverture sur le monde pour faire les bons discernements.
L’Église n’est pas constituée de purs, mais de gens en processus de conversion constante : c’est pourquoi il faut donner à chaque personne « in-exclesia » et « out-exclesia » la capacité de nous parler de Dieu, de nous interpeller sur Dieu. Le grand défi de tout humain en quête de Dieu consiste à toujours vivre avec des questions sans avoir toutes les réponses puis savoir s’abandonner dans la confiance en ayant comme seule certitude que Dieu demeurera toujours plus grand que nos capacités de le saisir et surtout que Dieu ne veut que notre bonheur.
En cette fête de la Trinité, il est bon de nous demander quel genre de Dieu nous adorons. Est-il un Dieu vengeur et sans pitié, ou le Dieu qui s’est révélé à nous, à travers les prophètes et à travers Jésus-Christ?
Source des images: Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre.; Moïse de Michel-Ange; Enfant prodigue de Rembrandt