Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.
Mt 9,36 - 10,8
Jésus, voyant les foules, eut pitié d’elles parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples: « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres: le premier, Simon, appelé Pierre; André son frère; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, Philippe et Barthélemy; Thomas et Matthieu le publicain; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée; Simon le Zélote et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes: «N’allez pas chez les païens et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement.»

« Voyant les foules, Jésus eut pitié d’elles parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger ». Alors il envoie ses douze apôtres deux par deux… Jésus choisit de ne pas agir seul. Encore plus : il choisit de faire confiance à ses apôtres même si ceux-ci n’ont pas toutes les compétences spirituelles et pastorales requises.
Au-delà de leurs ambitions personnelles, de leurs rivalités souvent exprimées, malgré leur peur devant les défis et les risques, Jésus les envoie. D’appelés à sa suite, ils deviennent des envoyés en son nom. Jésus en les forçant à agir en son nom leur apprend à devenir des artisans de paix, à se faire bons samaritains auprès des démunis, à être la voix des sans-voix de la misère humaine… il s’agit ici de l’accomplissement concret de l’évangélisation auquel nous sommes encore conviés de nos jours.
Jésus n’a guère mis de conditions ni fait d’entrevues
d’embauche avant d’envoyer ses apôtres : il leur a fait
confiance. Il n’a pas demandé de performance parfaite :
personne n’aurait passé le test.
Ses consignes se résument en
quelques mots :
- Allez, semez la paix, donnez gratuitement. Soyez
généreux de votre personne.
Que leur demande-t-il?
Pourquoi Jésus les envoie deux par deux? Sûrement par principe de sécurité et de soutien mutuel, mais surtout pour incarner l’heureux mariage dans la vie de tout témoin de l’Évangile qui consiste à unir ensemble la prière et l’action. Un père de l’Église des premiers siècles de l’ère chrétienne disait que la vie sur les pas du Christ repose sur le « Ora et labora » (la prière et le travail) et que le mot le plus important de cette expression est le « et ». Ça prend de la prière et du travail (de l’engagement) et l’un mène à l’autre.
Le monde par excellence d’une vie équilibrée dans la prière et l’engagement, on le retrouve chez Marie de Nazareth :