Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.
Mt 10, 26-33
Jésus disait aux douze Apôtres: «Ne craignez pas les hommes; tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour; ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l’âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
«Est-ce qu’on ne vend pas deux moineaux pour un sou? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez donc sans crainte: vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.
«Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux.»

Un professeur de quatrième année avait distribué des feuilles de papier à sa classe. Elle a demandé à ses élèves d’écrire toutes les choses qu’ils aimeraient faire, mais ne se pensaient pas capables de faire.
Chaque élève s’est mis à écrire ses « je ne peux pas » : je ne
peux pas envoyer le ballon dans le panier, je ne peux pas
calculer des divisions avec des fractions, je ne peux pas
écrire sans faire de fautes… Même le professeur a écrit sa
propre liste : je ne peux pas convaincre la mère de Daniel de
venir aux rencontres de parents, je ne peux pas amener ma
fille à vider le lave-vaisselle, je ne peux pas décider Alain à
être moins violent…
Après avoir écrit ainsi pendant dix minutes, chacun a plié sa feuille et l’a mise dans une boite à souliers. Puis toute la classe est sortie en procession jusqu’à la cour de récréation.
Dans un coin de la cour, le professeur et ses élèves se sont relayés pour creuser un trou afin d’enterrer leurs "Je ne peux pas". Le professeur a placé la boîte à souliers au centre du trou et a demandé à ses élèves de joindre les mains et d’incliner la tête. Puis, elle a prononcé cet éloge funèbre :
« Mes amis, nous sommes rassemblés ici aujourd’hui pour honorer la mémoire de "Je ne peux pas". Pendant qu’il était avec nous sur cette terre, il a touché la vie de chacun de nous. Vont lui survivre ses frères et ses soeurs : "Je peux, Je veux et Je vais le faire". Ils ne sont pas aussi connus que "Je ne peux pas" et ne sont sûrement pas aussi forts que lui. Mais, peut-être un jour, avec notre aide, ils pourront laisser une marque encore plus profonde dans notre monde. Que "Je ne peux pas" repose en paix et que chacun de nous prenne sa vie en main et continue d’avancer en son absence. Amen. »
Une fois la cérémonie d’enterrement terminée, tout le monde est retourné en classe pour partager un goûter funéraire : des biscuits, du pop corn et du jus.
En avant de la classe, le professeur a affiché une pierre tombale en papier où c’était écrit : « En mémoire de "Je ne peux pas", décédé le 20 septembre ». L’affiche est restée dans la classe toute l’année. Et chaque fois qu’un élève s’échappait et disait : « Je ne peux pas », le professeur pointait du doigt la pierre tombale. Alors, l’élève se rappelait que "Je ne peux pas" était mort et il faisait un nouvel effort.
Dans la même visée, demandez aux gens de quoi ils ont peur. Ils vous feront tous les mêmes réponses. Ils ont peur d’être malades. Peur de perdre leurs biens ou leur emploi. Peur de vivre seuls. Peur de perdre leur réputation. Peur d’être attaqués sur la rue. Peur d’être séparés de ceux qu’ils aiment. Peur de mourir.
Ce qui nous fait peur dans la vie, c’est ce qui nous blesse, nous prive de ce que nous possédions, nous diminue, nous handicape. Ces peurs ne sont pas à dédaigner, mais sontelles les seules? Et sont-elles les plus importantes? Il y a tant de choses qui devraient nous faire peur et ne nous font pas peur du tout.
Demandez aux gens s’ils ont peur de ne pas assez aimer Dieu et leur prochain. Demandez-leur s’ils ont peur de ne pas suffisamment partager leurs biens. Demandez-leur s’ils ont peur de ne pas avoir assez pris au sérieux l’évangile, de ne pas avoir assez prié, de ne pas avoir assez parlé de Jésus115 Christ. Les gens à qui vous poserez ces questions seront probablement tout ébahis. La plupart du temps, l’idée d’avoir peur pour des réalités semblables ne les effleure même pas.
Nous avons souvent peur pour pas grand-chose et pas assez
peur pour ce qui devrait vraiment nous faire peur. Nous
faire peur! L’expression n’est sans doute pas bonne, car ce
n’est pas de peu que Jésus veut que nous vivions, mais
d’amour.
Ce qu’il attend de nous, c’est que nous soyons
sensibles aux besoins les uns des autres, que nous nous
entraidions à dépasser nos peurs, nos « chu pas capable » ou
nos « qu’est-ce qu’y vont dire? »
Ce que Dieu souhaite pour
nous, c’est que nous demeurions conscients que l’Esprit-
Saint nous habite, nous protège et nous inspire toujours le
bien à faire aux gens qui nous entourent au quotidien…
pour ainsi ne jamais cesser de faire la joie de Dieu.