Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.
Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus: «Seigneur, il est heureux que nous soyons ici! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie.» Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre; et, de la nuée, une voix disait: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour; écoutez-le! ».
Entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre et furent saisis d’une grande frayeur. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit: « Relevez-vous et n’ayez pas peur! ». Levant les yeux, ils ne virent plus que lui, Jésus seul.
En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre: «Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.»

Le Christ nous dit aujourd’hui quelques phrases-chocs qu’il vaut la peine d’approfondir :
À l’époque de Jésus, l’observance des quelque 600 prescriptions de la loi était une priorité rigoureuse inscrite dans le coeur des autorités juives. Et Jésus donne une orientation toute nouvelle à la religion en favorisant une relation de coeur à coeur avec Dieu et non plus une relation légaliste. « On ne donne pas sa vie pour la loi, dit St-Paul, mais on donne sa vie par amour. Si c’était par la loi qu’on devient juste, le Christ serait mort pour rien » [Galates 2, 19-21]
Jésus n’est pas un égocentrique qui veut captiver toute l’attention.
Il ne veut que nous orienter vers Dieu. Il vient de
Dieu et veut lui demeurer fidèle jusqu’au don de sa vie.
Prendre sa croix ne veut pas dire toujours faire le plus
compliqué ni faire preuve de performances sociales ou
morales qui n’ont comme objectif que d’épater les autres.
Prendre sa croix veut dire s’ajuster selon les douces
obligations du quotidien, prendre nos responsabilités,
demeurer fidèle à nos engagements. St-Vincent de Paul
aimait répéter : « À voir la tête tranchée est un mal qui
passe plus vite que le doux martyr de la charité quotidienne
ou encore que la simple vie honnête marquée par
l’accomplissement paisible des devoirs d’état ».
Quand on est jeune, on croit que l’amour, c’est excitant et plein de sensations exaltantes. Puis on finit par s’apercevoir que pour vraiment aimer, il faut s’oublier pour le bonheur de l’autre. Par exemple, quand un bébé vient au monde, il y a beaucoup de réalités non négociables, comme l’heure du boire, le changement de couches, les pleurs liés aux dents qui percent, les nuits blanches… et tout ceci n’empêche pas les parents de croire que leur bébé est le plus merveilleux du monde.
« Prendre sa croix », ou encore « perdre sa vie pour la gagner », ou encore « donner sa vie par Amour » [Jn 15, 13]. Voilà une même réalité qui consiste à toujours se laisser interpeller par plus grand que soi comme une plongée dans le mystère de Dieu.
Jésus nous parle d’accueil. Il nous invite à poser des gestes
simples qui nous tournent vers les autres tout en nous
faisant grandir dans l’amour authentique. Dans la bible,
l’accueil est une réalité essentielle à l’apprentissage de Dieu.
Sans le savoir, Abraham accueille des anges, Élisabeth
accueille la mère du Messie, Marthe et Marie accueillent
leur sauveur… On sait quand quelqu’un entre dans notre
vie, mais on ignore tout les dons que Dieu nous offre par
cette personne.
En cette fin d’année pastorale, il est bon de reconnaître ces gens au milieu de nous qui ont accueilli Dieu ces derniers mois. Beaucoup de gens ont donné du temps au service du Royaume. Beaucoup de gens ont renoncé à eux-mêmes pour le service de l’Évangile. Tous ces anges qui ont circulé dans notre vie personnelle et communautaire cette année, déposons-les aujourd’hui avec reconnaissance dans le coeur de Dieu.
Chaque dimanche, à l’eucharistie, nous rejoignons la communauté chrétienne pour entendre cette voix du Père qui nous dit de nouveau :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour, écoutez-le »