Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.
Mt 11, 25-30
En ce temps-là, Jésus prit la parole: «Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange: ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m’a été confié par mon Père; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
«Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger.»

Comme nous le faisons de nos jours, Jésus s’était fixé un projet pastoral. En effet en choisissant de s’établir à Capharnaüm, il avait opté pour une méthode rapide de répandre la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui n’est pas qu’un juge sévère qui surveille et écrase les gens, mais qu’il est plutôt un Père qui nous aime et nous veut heureux en sa présence.
Capharnaüm est la ville marchande le plus importante de la Galilée. On y vient de partout pour l’échange de marchandises par mer ou par terre. Pendant que la marchandise achetée ou vendue est transférée par des serviteurs ou des esclaves, les propriétaires tuent le temps. C’est là que Jésus choisit d’intervenir : il va s’entretenir avec eux et ainsi chaque nouveau converti à son projet évangélique repartira en mission dans son coin de pays. Mais Jésus manque son coup, car les marchands, même si en apparence ne font rien, surveillent leurs marchandises et non pas le coeur à l’écoute des enseignements nouveaux de ce Jésus de Nazareth sorti de nulle part. Alors Jésus manque son coup.
«Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger»
Cette réalité est quand même réconfortante pour nous : on la le droit de manquer notre coup, de ne pas toujours être performant, de ne pas toujours être le meilleur. On a le droit aussi d’être fatigué, d’être essoufflé, de se sentir dépassé par les événements. C’est dans ce contexte qu’arrive l’évangile d’aujourd’hui : en manquant son coup auprès des grands de ce monde, Jésus constate que les meilleurs évangélisateurs sont les gens simples du quotidien sans histoire et que la véritable évangélisation ne se fait pas par les médias, mais par le bouche à oreille, de personne à personne par les chemins du témoignage.
Jésus nous enseigne encore que pour annoncer l’Évangile, il ne s’agit pas de toujours faire le plus compliqué ou le plus exigeant, mais il s’agit plutôt d’agir dans la grande simplicité du coeur à coeur par notre bonne humeur, notre patience, notre douceur, notre reconnaissance à l’endroit des autres.
Quand nous sommes fatigués, tout nous pèse sur le dos, tout
devient compliqué. Nous devenons trop sévères pour nousmêmes
et pour les autres. Peut-être aussi que nous devenons
fatiguants à supporter pour les autres.
« J’aime le repos, dit Dieu, il refait les forces intérieures et les énergies physiques après les grands efforts. Quand on est fatigué, on oublie de rire, de chanter, d’aimer. » Profitons des prochaines semaines pour changer de rythme. Prenons le temps de perdre notre temps. Prenons le temps de nous situer au niveau du coeur. Prenons le risque de nous garder du temps pour prier. C’est ainsi que Dieu deviendra notre force pour relever les nouveaux défis que la vie viendra déposer à nos portes dans les prochaines semaines.
Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi, je vous procurerai le repos