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Réflexion sur l'évangile du 15e dimanche ordinaire, A

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.



 

 

Mt 13, 1-9

 

(Lecture brève)

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord du lac. Une foule immense se rassembla auprès de lui, si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit; toute la foule se tenait sur le rivage.

Il leur dit beaucoup de choses en paraboles: «Voici que le semeur est sorti pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres grains sont tombés dans les ronces; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés sur la bonne terre et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu’il entende!» (Mt 13, 1-9)

 

15e dimanche ordinaire - A

photo de Gilles Baril


"Voici que le semeur est sorti pour semer"

 

Il faut être audacieux pour commenter une parabole après que le Christ lui-même en a donné une explication précise. Que nous dit Jésus? Que nous pouvons faire confiance au grain, que la semence est de bonne qualité… alors il faut nous interroger sur la qualité du sol où tombe ce grain.

En Israël, le climat est désertique et cette terre de soleil et de roches fait en sorte que les fermes ne sont pas ce qu’elles sont ici : comme la surface est réduite et que la terre meuble est très rare, on sème partout à la volée : chaque petit buisson et chaque petit sentier reçoivent avec le champ leur part de semence. Avec une telle méthode, il va de soi que la dureté du sol, les pierres, les oiseaux, le soleil et les ronces sont autant d’obstacles qui peuvent nuire à la semence.

Je ne veux pas donner de cours en agriculture y connaissant rien moi-même et sachant bien que personne ne va semer cette semaine… mais j’aimerais bien qu’à l’invitation du Christ, on s’interroge ensemble sur la qualité de la semence de la Parole de Dieu dans nos vies : quelle est la qualité de mon coeur? Il ne suffit pas que la Parole soit efficace et puissante pour qu’elle produise son fruit. Il faut que nous l’entendions avec un coeur ouvert et décidé à la mettre en pratique.

1. Les grains tombés au bord du chemin : ça nous ressemble quand son se laisse entrainer sur la route du facile : « Tout le monde le fait, fais-le donc ». Cette route du superficiel éloigne de l’essentiel et de la profondeur.

La parabole du semeur est d’abord et avant tout une invitation à l’espérance.

2. Les grains tombés sur le sol pierreux : ça nous ressemble quand l’indifférence et la rancune nous rongent de l’intérieur ou quand on s’emballe, mais sans suite. C’est l’homme d’un moment qui ne résiste pas aux intempéries parce que sans racines.

3. Les grains dans les ronces : lorsque les soucis du monde et les séductions du confort ont priorité dans notre vie.

Main du semeur4. La bonne terre : terre de ma disponibilité, de ma joie de vivre en baptisé. Il n’est pas donné à tous de connaître les mystères du Royaume, dit le Christ : mais il n’est donné à personne de connaître ces révélations pour s’asseoir dessus : la Bonne Nouvelle est trop importante pour ne pas être partagée. Quelqu’un de replié sur lui-même est quelqu’un qui tourne le dos à Dieu.

Je me souviens d’un prédicateur à la télévision qui avait dit en coupant une pomme en morceaux : « N’importe qui peut dire combien il y a de pépins dans cette pomme, mais seul Dieu peut dire combien il y a de pommes dans un pépin qui semé en terre devient un pommier. C’est ainsi que seul Dieu pour voir toutes les possibilités qui sommeillent dans chaque personne. »

Le Seigneur a raconté cette parabole du semeur afin de souligner la générosité de Dieu qui sème à tous les vents.

Malgré tous les échecs,
la récolte sera bonne.

Plus on approfondit sa vie, plus on risque de rencontrer Dieu. Plus on s’approche de Dieu, plus on entend son invitation à aller vers les autres : « La foi la plus pure n’est pas celle qui attend ou même reçoit un miracle, c’est celle qui mène à plus d’Amour de Dieu et par conséquent plus d’Amour du prochain. »

Je conclus avec cette citation de Félix Leclerc qui disait : « Un vieux pommier donne des pommes fraîches chaque automne ». Alors ce n’est pas parce qu’on vieillit qu’on ne peut plus produire des fruits neufs… et la fréquentation de l’Évangile est un renouvellement perpétuel des richesses intérieures de chaque personne. Il ne s’agit pas d’âge, mais simplement d’ouverture à la grâce de Dieu.

«Ne vous découragez pas», nous dit le Seigneur : «annoncez la bonne nouvelle de l’évangile dans votre vie, semez généreusement et un jour cela portera du fruit».

Voici que le Semeur est sorti pour semer