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Réflexion sur l'évangile du 16e dimanche ordinaire, A

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.

 


 

 


Mt 13, 24-43

Jésus proposa cette parabole à la foule: «Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. 

«Les serviteurs du maître vinrent lui dire: <Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie?> Il leur dit: <C’est un ennemi qui a fait cela.> Les serviteurs lui disent: <Alors, veux-tu que nous allions l’enlever?> Il répond: <Non, de peur qu’en enlevant l’ivraie, vous n’arrachiez le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson; et, au temps le la moisson, je dirai aux moissonneurs: Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler; quant au blé, rentrez-le dans mon grenier.> »

 

16e dimanche ordinaire - A

photo de Gilles Baril


"Vous risquez, en ramassant l'ivraie, d'arracher en même temps le bon blé"

 

Je me souviens du jardin de mon enfance : d’année en année, personne ne voulait se donner la peine de le sarcler. Alors tout le monde n’y voyait que le chiendent et la grande surprise était d’y trouver de beaux légumes quand mon père ou ma mère décidait d’y faire le ménage. Nous ne savions pas à cette époque que nous respections les consignes de la parabole que nous avons entendue tantôt.

Et avant d’être intolérants envers les autres, soyez critiques envers vous-mêmes.

Jésus nous dit de ne pas rêver à un monde de purs, car un tel monde devient toujours un monde invivable où chacun se permet de juger les autres. C’est son histoire de vie face aux pharisiens et aux scribes. Notre monde se compose de bien et de mal, de bon grain et d’ivraie. Et Dieu n’aime pas le péché, mais il aime le pécheur parce qu’il sait que le pécheur est un pauvre qui souffre en lui-même.

Dieu souhaite que nous combattions le mal, mais il s’oppose à ce que nous jugions ceux qui font ce mal. Notre jugement est généralement aussi cruel que les actes de ceux qui l’ont mérité. « Il n’y a que des vrais forts de qui on peut attendre douceur et compréhension ». (Rosten) Il ne faut pas vivre sa vie en ne faisant que fuir le mal, mais il faut surtout faire du bien, comme nous l’enseigne en toile de fond la prière du « Notre Père ». Et en ce sens, le témoignage par excellence à donner aux chercheurs de Dieu autour de nous consiste à rendre le bien pour le mal reçu. « On ne pourra jamais nous accuser d’être trop bons » disait Jean XXIII.

Rendre le bien pour le mal reçu, n’est-ce pas la graine de moutarde de la seconde parabole ou encore le levain enfoui dans les trois mesures de farine de la troisième parabole. Il faut nourrir une grande foi en Dieu pour remettre entre ses mains les actions qui nous désespèrent ou qui nous dépassent.

grain de bléÇa me rappelle un événement : à la fin d’une année scolaire, un professeur amène ses élèves en pique-nique. Un jeune qui aime tendre des pièges aux autres et qui voit toujours ce que personne ne voit découvre un nid d’oiseau dans lequel un oeuf vient de craquer pour laisser naître un oisillon. Il prend le nouveau-né dans ses mains et il l’amène à son professeur en lui demandant si l’oiseau entre ses mains est vivant ou mort. Le jeune s’est dit que si le professeur croit l’oiseau mort qu’il n’a qu’à ouvrir ses mains et le lui présenter et que si l’oiseau est vivant, il n’a qu’à presser ses deux mains pour l’étouffer…

Le professeur connaît son étudiant. Alors il pense vite et il lui répond : « Je ne sais pas si l’oiseau entre tes mains est vivant ou mort, mais ce que je sais, c’est que sa vie est entre tes mains ».

Alors l’essentiel des paraboles d’aujourd’hui consiste à réaliser que notre vie est entre chacune de nos mains et pour qu’elle produise le maximum de ses capacités, il faut la remettre entre les mains de Dieu. Il faut également éviter que les pressions faites par les valeurs superficielles de la société en viennent à étouffer notre vie en ne lui permettant pas de développer toutes ces richesses intérieures.

Que Dieu nous vienne en aide et qu’il achève en nous ce qu’il a si bien commencé, comme il est dit dans la prière de consécration à l’ordination d’un prêtre.

Le Christ nous dit aujourd’hui : ne vous laissez pas piéger par «ce que pensent tout le monde, attention aux jugements hâtifs». Avant de juger, laissez entrer dans vos raisonnements les critères évangéliques.

Et avant d’être intolérants envers les autres, soyez critiques envers vous-mêmes.

 

Source des images: (1) Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre.; Moïse de Michel-Ange; Enfant prodigue de Rembrandt; (2) "Ma vision de la Bible"