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Formation > Étude de la Bible > Réflexion chrétienne en cours > Archives > Année B, 13e dimanche ordinaire

Réflexion sur l'évangile de la nativité de saint Jean Baptiste, B

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada

 


 

 

Luc 1, 57-80

Quand arriva le moment où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.

Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant. Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara: «Non, il s'appellera Jean.» On lui répondit: «Personne dans ta famille ne porte ce nom-là!» On demandait par signes au père comment il voulait l'appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit: «Son nom est Jean.» Et tout le monde en fut étonné.

À l'instant même sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia: il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors les gens du voisinage, et dans toute la montagne de Judée on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les ap­prenaient en étaient frappés et disaient: «Que sera donc cet enfant?» En effet, la main du Seigneur était avec lui.

L'enfant grandit et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il devait être manifesté à Israël

 

Fête de Jean Baptiste - B

photo de Gilles Baril


Je me souviens

 

Jean Baptiste est un curieux de patron : austère, radical dans son message, exigeant à cause de son intransigeance morale. Il est tout de même un homme inspirant qui sait attirer les foules pour inviter les gens à ouvrir leur coeur à Dieu.

«Convertissez-vous et laissez-vous transformer par Dieu»

Il avait conscience que son peuple vivait une page importante de son histoire et qu’il se devait d’être interpellé dans son idéal. Il était préoccupé de l’avenir de son peuple, il savait que son peuple était l’héritier des promesses de Dieu et qu’il était appelé à une grande destinée. En ce sens, Jean-Baptiste est un modèle. Il ne s’est pas laissé enivrer par les honneurs. Ce qu’il a reçu, il l’a transmis sans se soustraire aux difficultés de sa tâche en allant jusqu’au martyre. Depuis ce jour, l’histoire de l’Église est jalonnée de témoins intrépides de la Foi au Ressuscité : « L’Église une histoire de coeur et d’intelligence ».

Notre peuple est né du martyre et des sacrifices d’hommes et de femmes qui ont donné leurs vies par Amour du Bon Dieu.

Nous avons reçu de nos pères un double patrimoine qu’il nous appartient maintenant de transmettre enrichi à ceux qui nous succèderont. Le patrimoine de la foi et celui de la culture. Ce précieux héritage a coûté trop cher à nos aïeux pour que nous nous permettions de la dilapider ou de la trahir. Nous avons reçu de nos pères un vivant esprit de foi qui se traduit par une prise de conscience de la présence agissante de Dieu dans notre vie. Ils nous ont légué une confiance inébranlable en Dieu. Ils se sont signalés par leur engagement bénévole et soutenu au sein de l’Église et de la société. Ils ont manifesté un souci constant pour les valeurs les plus nobles de la famille, des vocations, du service du prochain. Le clocher du village était pour eux une force, un symbole, un signe de leur unité, de leur solidarité qui trouve sa source en Dieu.

Aujourd’hui, ils nous invitent à prendre la relève pour vaincre les défis de notre temps, lire les signes des temps, respecter la vie qui s’éveille comme celle qui s’éteint, combattre le matérialisme rongeur de notre société, affirmer avec vigueur la priorité de l’être sur l’avoir, lutter à temps et à contretemps pour la dignité du pauvre, du malade, de l’enfant handicapé et du vieillard. Voilà les défis que nous devons relever avec honneur pour rester fidèles à nos ancêtres et à nos patrons.

Saint Jean baptisteNotre patrimoine s’étend également à la culture. Je serai bref malgré l’importance de cet aspect. Notre culture, c’est ce qui fait de nous un peuple. C’est ce qui nous distingue des autres, c’est ce qui nous exprime et nous permet de nous reconnaître au milieu de tous. C’est ce qui fait notre identité propre et nous permet de vivre solidairement, de communiquer avec les autres pour les comprendre et les aimer.

Là aussi nos ancêtres nous ont laissé un fort héritage que nous n’avons pas le droit de dilapider : nous ne devons pas renoncer à notre langue, nos institutions, nos écoles confessionnelles, nos paroisses, nos coopératives, nos caisses populaires… ignorer notre culture, c’est trahir nos ancêtres et nous autodétruire.
« Le Québec une histoire de coeur et d’intelligence » je ne peux pas aimer le Québec son histoire, sa culture et ses convictions de foi si je ne m’implique pas dans la qualité de vie de ma localité immédiate.
Bravo à tous nos engagés d’hier et d’aujourd’hui. Continuez de rayonner le Christ par votre vie donnée au service des autres.

Vivre intensément avec notre coeur en mettant beaucoup d’Amour du Bon Dieu dans tout ce qu’on fait, voilà la meilleure façon d’honorer notre saint patron Jean-Baptiste, d’être fidèle à nos devanciers et de devenir utiles à nos successeurs.

En cette fête de notre patron national, faisons un effort pour attiser en nous le feu sacré et redonner à notre souvenir collectif toute la place que la foi chrétienne occupait dans la vie de nos ancêtres.

 

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Source des images: (1) Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre. (2) www.icones-grecques.com