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Réflexion sur l'évangile du Dimanche de Pâques, A

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.

 



 

 

Mt 28, 1-10

*Après le sabbat, au commencement du premier jour de la semaine, Marie de Magdala, et l'autre Marie, vinrent voir le sépulcre. Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre: l'Ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s'assit dessus. Il avait l'aspect de l'éclair et son vêtement était blanc comme neige. Dans la crainte qu'ils en eurent, les gardes furent bouleversés et devinrent comme morts. Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes: "Soyez sans crainte, vous. Je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié. Il n'est pas ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit; venez voir l'endroit où il gisait. Puis, vite, allez dire à ses disciples: "Il est ressuscité des morts" et voici qu'il vous précède en Galilée; c'est là que vous le verrez. Voila je vous l'ai dit." Quittant vite le tombeau, avec crainte et grande joie, elles coururent porter la : c'est là qu'ils me verront".

 

Dimanche de Pâques - A

photo de Gilles Baril


"Être témoin de la Lumière"

 

L’Église de Pâques, c’est ce petit groupe de femmes qui partent embaumer un cadavre et qui constatent tout à coup qu’elles n’ont plus à chercher parmi les morts celui qui est vivant. Elles retournent en toute hâte vers les apôtres renfermés au cénacle puis elles vont passer pour des visionnaires et des excitées.

L’Église de Pâques, ce sont ces hommes septiques, peureux qui ont perdu leur motivateur. Jésus est mort et eux sont des désavoués sociaux, des disciples d’un vulgaire criminel. Ils ont perdu leur réputation et ils sont désormais étiquetés comme des indésirables. Leurs espérance est morte sur la croix du Vendredi saint.

L’Église de Pâques, c’est également Marie. Dans la maison de Jean, elle espère contre toute espérance. Elle est là paisible, silencieuse. Elle réconforte au lieu de se plaindre.

L’Église de Pâques, elle est timide, fragile, maladroite. Elle est un frêle papillon à peine sorti de son cocon, incapable de déployer ses ailes. Il lui faudra attendre le grand vent de la Pentecôte pour prendre son envol.

CimetièreMais depuis ce matin de Pâques, jusqu’à aujourd’hui : que de prières formulées, que d’engagements, que de dépassements, que de générosité, que de bénévolat. Et cela de génération en génération : que de vies données au service des autres. Christ est ressuscité : à nous d’en être témoins.

Comme pour les femmes du matin de Pâques, le Christ nous invite à agir en son nom, à évangéliser, à espérer contre toute espérance. Pâques nous enseigne qu’il faut savoir lire le bon côté des événements au lieu de toujours se laisser abattre par ce qui nous dépasse. Il n’arrive rien pour rien. Tout peut nous faire grandir. Il suffit de développer la confiance.

Alors, profitons de ce jour de Pâques pour demander trois forces intérieures au Ressuscité :

Jésus quittant la tombe1. L’audace de la foi : on ne peut pas croire en la Résurrection si on ne vit pas en ressuscité. Vivre la foi n’enlève pas les doutes ni les souffrances. Mais ça fait de nous quelqu’un d’habité de l’intérieur qui avant même que nous ayons dit quoi que ce soit fait de nous une question vivante sur Dieu.

2. La force d’aimer : ou du moins de ne jamais détester qui que ce soit. Le seul pouvoir réel que nous avons sur les gens autour de nous est de les aimer. Les aimer assez pour leur donner le courage de changer ce qu’ils ont à changer dans leur vie personnelle. Aimer avec un coeur de compassion qui accueille sans jamais juger l’autre.

3. La joie de l’émerveillement : c’est pas notre joie de vivre que nous devenons attirants vers le Christ. La joie crée du dynamisme et de la solidarité. Elle dit Dieu sans même que nous le réalisions tout comme un vitrail ignore la lumière qui le transperce et le rend aussi merveilleux. Nous n’avons qu’un signe véritable d’une vie humaine épanouie : la joie.