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Réflexion sur l'évangile de la fête de Ste Marie, Mère de Dieu, B

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Luc 2, 16-21

Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche. Ayant vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit de cet enfant; et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. Puis les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé. Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l'ange avant sa conception.

 

Fête de Ste Marie, Mère de Dieu - B

photo de Gilles Baril


Marie conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son coeur

 

Pour que notre monde soit en paix, il faut que les hommes et les femmes de notre siècle soient en paix.

Le premier jour d’une nouvelle année et toujours l’occasion de faire le bilan de l’année qui se termine et l’occasion de dégager des espérances pour celle qui débute (on appelait ça jadis prendre des résolutions, lesquelles étaient généralement oubliées autour du 20 janvier).

• Mon bilan de l’année qui se termine…, En bref, chez nous, il se vit du dynamisme et de la joie de vivre. Nous bénéficions du bénévolat d’une centaine de personnes et nous témoignons d’une belle solidarité communautaire.

Mon souhait demeure : que nous continuions de nous sentir responsables du bonheur les uns des autres, que nous sauvions les gens autour de nous de la solitude, du désespoir, du défaitiste et de la morosité et de l’absurdité du superficiel.

Marie et J.sus• Pour la nouvelle année, je ne souhaite rien de moins que la sainteté à chacun(e) d’entre nous : qu’est-ce à dire?
Comment devenir un saint ?

1- Identifier des gens qui sont inspirants pour nous, par leurs valeurs de vie : Prenez nos vicaires, par exemple : existe-t-il plus saint qu’eux? Sans doute, mais on ne les connaît pas.

2- La sainteté, c’est l’attention à chaque personne. Voici un exemple :

Un directeur d’école engage un nouveau professeur en lui disant : « Je vous laisse aller et dans trois semaines je vous poserai une seule question. Si vous avez la réponse, je vous garde chez nous. Sinon, je ne pourrai pas continuer de faire appel à vos services ». Le temps venu, le directeur demande à son nouveau professeur : « Quel est le nom du concierge de l’école ? » Pourquoi cette question « « Si en trois semaines, un prof n’a pas réussi à s’intéresser à ceux qui lui rendent service, il n’aura de l’intérêt que pour ses élèves les plus performants. Il ne saura jamais se faire proche de ceux qui ont plus de difficultés ».

3- La sainteté, c’est la certitude que Dieu est toujours avec nous quoique nous vivions.
Voici une prière trouvée écrite à la main dans la poche d’un soldat mort dans les tranchées durant la 2e guerre mondiale :

Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste, donnez-moi ce qu’on ne vous demande jamais. Je ne vous demande pas le repos, ni la tranquillité, ni celle de l’âme, ni celle du corps. Je ne vous demande pas la richesse, ni le succès, ni même la santé.
Tout ça mon Dieu, on vous le demande tellement que vous ne devez plus en avoir.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste, donnez-moi, ce que l’on vous refuse.
Je veux l’insécurité, l’inquiétude et la tourmente.
Que vous me les donniez tout de suite, car je n’aurai pas toujours le courage de vous les demander.
Donnez-moi, mon Dieu ce dont les autres ne veulent pas.
Mais donnez-moi aussi le courage, la force, la foi et la certitude que vous êtes toujours avec moi dans tout ce qui m’arrive.

4- La sainteté, c’est toujours parler et agir au nom du Christ :
Quand Jean Marie Vianney est nommé curé d’Ars, son évêque lui dit : « Y a pas beaucoup d’amour du Bon Dieu dans cette paroisse, vous en mettrez ».
Cette expression est devenue pour moi une lumière rouge dans ma tête : « Y a-t-il beaucoup d’amour du Bon Dieu dans ce que je suis en train de dire? Y a-t-il beaucoup d’amour du Bon Dieu dans ce que je suis en train de faire? »
Cette lumière rouge, je vous la souhaite. Elle nous permet parfois de changer le cours d’une conversation ou de réajuster notre agir.

L’abbé Pierre disait : « Quand on donne d’une main, Dieu nous prend toujours l’autre main ». Je vous souhaite de devenir une présence qui fait du bien par votre écoute, vos encouragements, votre respect des autres. Le contraire de la sainteté serait de parler contre les autres, de critiquer, de chialer, d’accuser, d’être morose et défaitiste.

5- Un dernier élément de la sainteté que je vous souhaite :
La joie : la bonne humeur est un moyen assuré pour arriver à la sainteté.
La sainteté est joie : la joie est le premier et le dernier mot de tout l’évangile (Claudel).
La joie naît de l’espérance.
La joie est rayonnante. Elle est attirante et interpellante.
La joie dit Dieu aux autres comme le soleil qui transperce un vitrail pour faire éclater toutes ses couleurs et le rendre fascinant de beauté.
La joie est reconnaissance.

Comme curé, je vis de belles années au milieu de vous : il y a du travail, des défis, de la misère humaine. Mais je vous aime et je me sens aimé.
De plus, je me sens entouré de personnes compétentes et d’un dévouement généreux.
Que ceci demeure notre réalité, car il me semble que c’est le meilleur moyen de vivre un peu plus le paradis chaque jour.

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Source des images: (1) Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre.