Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit parla loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était en lui. L’Esprit lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l’Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l’enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Syméon prit l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples: lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qu’on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. II sera un signe de division. — Et toi-même, ton coeur sera transpercé par une épée. — Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre. »
Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S’approchant d’eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui

La famille demeure, selon l’expression de Jean-Paul II, « la première cellule de vie et d’amour, le lieu de l’apprentissage de l’amour gratuit. » Dans une société qui bouscule l’humain, la famille doit refléter la joie de vivre sans être un numéro social, la sécurité qui refait l’être intérieur, l’amour vrai qui va au-delà des défauts et des préjugés.
Dans la liturgie, ce dimanche à mi-chemin entre Noël et le Nouvel An est consacré à la famille en nous mettant sous les yeux l’exemple de la Sainte Famille :
Que fait Marie?
Elle cuisine, fait le ménage, va puiser l’eau au puits, elle apprend à Jésus comment manger, parler, marcher… elle
accomplit une multitude de choses simples où tout est
occasion d’aimer.
Que fait Joseph?
Il est l’ouvrier qui gagne le pain quotidien. Il travaille à son
compte… tout n’est pas facile. Il est plus qu’un pourvoyeur
financier. Il aime.
Carlo SARRABEZOLLES
Sculpteur Né à Toulouse en 1888
Mort à Paris en 1971
Que fait Jésus?
Comme tous les enfants, il est un jeune en évolution vers sa
mission.
C’est en famille qu’il apprend à vivre et à aimer.
C’est en famille qu’il découvre Dieu.
C’est en famille qu’il apprend à devenir un adulte accompli.
Dans la Sainte Famille, on n’est pas obligé de tout savoir et
de toujours penser pareil. Chacun a droit à ses
particularités.
Il faut parfois fermer les yeux quand l’autre
vit un bonheur différent de ce qu’on aurait imaginé pour
lui…
La Sainte Famille est une haute école de spiritualité dans la plus grande simplicité. On a sous les yeux une famille modeste, humble, bien implantée dans son milieu.
La famille d’hier comme celle d’aujourd’hui demeure une école de vie. Une école où il n’y a pas de cours pour devenir des parents efficaces, où il n’y a jamais de congé ni de vacances prolongées, où n’existent pas les promotions ni les augmentations de salaire… Dans cette école, on ne forme pas des techniciens ni des savants, on forme des personnes.
Jean-Paul II disait :
« L’avenir de l’humanité passe par la famille. Sinon, nous
risquons la sclérose dans nos sociétés, à cause de
l’individualisme et de l’égoïsme ».
Un maître spirituel contemporain ajoutait : « Ne nous méprenons pas : ce n’est pas l’Église qui sauve la famille, mais c’est la famille qui sauvera toujours l’Église et la société. »
L’économie change, les partis politiques disparaissent et réapparaissent autrement.
L’école se transforme, les manières sociales de vivre changent d’une génération à l’autre. Mais l’amour vécu en famille : voilà ce qui demeure.
L’évangile d’aujourd’hui nous présente Marie et Joseph qui remettent la vie de leur fils entre les mains de Dieu. Confions nous aussi notre famille à Dieu :
Dieu Père : Toi qui as tout créé avec sagesse et par amour, toi qui nous as confié la mission de parfaire la création, toi qui nous invites à trouver plus de bonheur à donner qu’à recevoir.
Nous voici en ta présence pour te confier tous les membres de notre famille. Nous nous tournons vers toi dans l’espérance de demeurer unis les uns aux autres comme nous le témoigne la Sainte Famille de Nazareth.
Jésus, Marie, Joseph : Vous qui avez incarné un modèle de famille ajustée selon les vues de Dieu, vous qui viviez dans l’amour inconditionnel, en vous inspirant des valeurs bibliques, vous avez toujours réussi à vous respecter dans vos différences et à vous accueillir malgré les doutes et les remises en question engendrées par la vie quotidienne.
Nous voici devant vous en toute confiance :
Donnez-nous d’accepter le cheminement de chaque membre de notre famille même s’il semble vivre un bonheur différent de ce que nous aurions souhaité, gardez-nous dans un amour mutuel qui soit simple, sincère et fortifiant. Faites qu’au contact les uns des autres on ait toujours le désir de devenir meilleur en sachant que le véritable bonheur trouve toujours sa source dans nos dépassements.
Marie, Joseph : Nous nous confions à votre bienveillante tendresse. Protégez notre vie de couple. Accueillez nos enfants que nous remettons entre les mains de Dieu comme vous l’avez fait en présentant l’Enfant-Jésus au temple.
Aidez-nous à dire à Dieu : « Que tout se passe selon ta Parole. »
Amen !