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Réflexion sur l'évangile de la Célébration du baptême de Jésus

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Mc 1, 7-11

Jean Baptiste proclamait dans le désert: «Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés dans l’eau; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint.»

Or, à cette époque, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain. Au moment où il sortait de l’eau, Jésus vit le ciel se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Du ciel une voix se fit entendre: «C’est toi mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis tout mon amour.»

 

Baptême du Seigneur - B

photo de Gilles Baril


Sous l'action de l'Esprit-Saint

 

Le ciel se déchire ety Dieu vient habiter parmi nousJean-Baptiste a comme mission d’inviter les gens à préparer leur coeur pour accueillir le Messie. En signe concret de conversion, il invite les gens à se faire baptiser dans l’eau du Jourdain. Jésus vit cette démarche comme toutes les personnes de bonne volonté de son époque. Puis il découvre qu’il est temps pour lui de commencer sa mission.

En ce sens, une petite expression mérite notre attention. Marc écrit : « Jésus vit le ciel se déchirer ». En effet quand Dieu chasse Adam et Ève du paradis terrestre, un verset biblique précise : « Dieu ferma le ciel ». Et aujourd’hui, Dieu ouvre le ciel à nouveau pour confirmer le lien entre le ciel et la terre qui se crée par Jésus.

La colombe est dans l’imagerie biblique le symbole de la paix : on la voit pour la première fois à la fin du déluge avec Noé pour annoncer qu’il est temps de quitter l’arche pour revenir sur la terre ferme afin d’y rebâtir un monde à la couleur de Dieu.

Dans le court texte de neuf lignes de l’évangile d’aujourd’hui, on découvre un troisième symbole important : « C’est toi mon fils bien-aimé. » Dieu affirme sa relation Père-Fils avec le Christ et par ricochet avec tous les baptisés de tous les temps. Vivons-nous en enfant digne de l’amour du Père?

Qu’est-ce que le baptême de l’Église? Est-il plus riche que le baptême de conversion de Jean-Baptiste? OUI. Le baptême de l’Église est l’entrée dans le club des enfants de Dieu, un sacrement, une mise en route, un appel personnel du Christ à devenir signe de sa présence par notre agir quotidien.

Peut-on refuser le baptême?

Jean-Paul II dit NON. Il faut toutefois s’assurer, ajoute-t-il, que cette semence divine tombera dans une terre cultivée. Cette question me rappelle mon curé de stage, à la fin des années 1970, alors que les gens commencent à déserter la pratique dominicale régulière. « Je baptise, me dit-il, sur la foi de la grand-mère, car personne, sauf elle, ne fréquente la communauté dans cette famille ». Et la jeune fille baptisée ce jour-là est aujourd’hui une religieuse très inspirante par son agir.

Cette grâce baptismale reçue dans notre enfance, est continuellement renouvelée par la parole de Dieu, par nos eucharisties dominicales, nos rencontres avec la communauté de foi, nos prières quotidiennes, nos lectures, etc.

Tertullien (un père de l’Église primitive) écrit : « On ne nait pas chrétien, on le devient à force de vivre ». Vivre en baptisé, c’est l’histoire de toute une vie. C’est ainsi qu’une petite habitude toute simple à acquérir consiste à dire non pas : « J’ai été baptisé » comme si c’était une expérience du passé, mais à dire plutôt : « Je suis baptisé » comme on dit : « Je suis célibataire, je suis marié ou je suis prêtre ».

Être baptisé, c’est prendre conscience de cet appel personnel de Dieu à demeurer son témoin chaque jour. C’est découvrir que Dieu ne nous aime pas pour ce que nous faisons pour lui, car c’est dans les gênes de Dieu d’aimer sans condition, mais parce qu’on se sent aimé de Dieu, on s’engage à son service… ce qui finit toujours par nous rendre meilleur… toutefois, il ne faut jamais oublier que vivre en baptisé, ce n’est pas s’engager pour plaire aux autres ou pour en tirer une gloire personnelle…

On s’engage pour Dieu et non pour faire plaisir à son conjoint(e) ou à son curé, ou à l’agente de pastorale. Quand on s’engage pour une autre personne, on se crée des attentes en retour de notre générosité tandis que s’engager pour Dieu, c’est de l’ordre de la gratuité qui fait qu’on n’est jamais déçu, car Dieu fait toujours « au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer » (Éphésiens 3 : 20)

Ça prend toute une vie pour devenir un adulte accompli.
Ça prend toute une vie pour devenir un chrétien épanoui…
et les chrétiens épanouis demeurent les plus beaux discours sur Dieu.