Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Jean Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit: «Voici l’Agneau de Dieu.» Les deux disciples entendirent cette parole, et ils suivirent Jésus. Celui-ci se retourna, vit qu’ils le suivaient, et leur dit: «Que cherchez-vous?» Ils lui répondirent: «Rabbi (c’est-à-dire: «Maître»), où demeures-tu?» Il leur dit: «Venez, et vous verrez.» Ils l’accompagnèrent, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers quatre heures du soir.
André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord son frère Simon et lui dit: «Nous avons trouvé le Messie» (autrement dit: «le Christ»). André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit: «Tu es Simon, fils de Jean; tu t’appelleras Képha», (ce qui veut dire: «pierre»)

Les lectures d’aujourd’hui nous proposent trois certitudes spirituelles qui devraient habiter le coeur de chaque baptisé :
1ère certitude : Nous sommes tous nommés personnellement dans le coeur de Dieu : pour le saisir, il faut faire silence en nous et dire comme Samuel dans la première lecture : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ». Le problème est que nous avons peur du silence et que nous sommes trop occupés pour nous arrêter. Ça me rappelle l’épisode d’un grand-père qui amène son petit-fils visiter une église par un beau dimanche après-midi. Il lui dit avant d’entrer : « Ici, c’est la maison de Dieu où on vient parler et écouter Jésus ».
Rendu à l’intérieur, le grand-père se met à expliquer à son
petit-fils le pourquoi de tout ce qu’on retrouve dans une
église : l’autel, le tabernacle, les lampions, les statues, etc.
jusqu’au moment où le petit-fils dit à son savant professeur
de religion : « Pépère, veux-tu te taire un
instant. » « Pourquoi? » dit celui-ci un peu surpris. « Parce
que tu m’as dit que c’est la maison du Bon Dieu et qu’on
peut ici parler à Jésus et l’écouter… mais c’est toi qui parles
tout le temps. J’aimerais ça lui parler ».
Après quelques
minutes de silence, le grand-père demande à son petit-fils :
« est-ce que Jésus t’a parlé? » Le petit-fils dit oui. « Qu’est-ce
qu’il t’a dit? » Et le petit-fils de répondre : « Il m’a dit qu’il
m’aime beaucoup puis il m’a dit de te dire qu’il t’aime
beaucoup toi aussi, mais qu’il ne peut jamais te le dire, car
chaque fois que tu viens le voir, tu parles tout le temps et tu
ne l’écoutes jamais ».
Peut-être est-ce là notre problème relationnel avec Dieu : on parle, on parle, on demande des intentions, mais on n’écoute jamais Dieu dans le silence d’un coeur à coeur.
2e certitude : À tous, Dieu confie une mission : personne n’a été créé en cas de besoin. Tous, nous avons une mission de vie sur terre. Dieu a besoin de chacun de nous pour se dire au monde d’aujourd’hui. À ceux qui acceptent de se donner, Dieu donne en chaque temps, la compétence nécessaire.
Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jean-Baptiste, après avoir
baptisé Jésus, sait que se mission se termine. Il donne ses
deux meilleurs disciples à Jésus pour qu’il en fasse ses
apôtres. Jean est intimidé par son jeune âge : il va chercher
son frère Jacques. André est l’éternel gêné qui voit
l’importance de la mission, mais qui se sent d’un continuel
manque de confiance en lui-même. André est le « chu pas
capable » il va chercher son frère Pierre. Et voilà les quatre
premiers apôtres.
Permettez-moi ici une parenthèse : André va passer sa vie à chercher des gens pour faire les choses à sa place parce que lui est trop gêné. Il va évangéliser en faisant continuellement du bouche-à-oreille… et c’est à lui que Jean-Paul II a confié la nouvelle évangélisation du monde au début de l’an 2000. Le bouche-à-oreille est plus enrichissant que les grands discours publiés dans les médias. « À chacun sa mission. »
3e certitude : (puisée dans la deuxième lecture) « Notre corps est le temple de l’Esprit-Saint ». Après l’épisode des vendeurs chassés du temple, Jésus va enseigner que notre corps est maison de Dieu et qu’il faut lui porter le même respect que celui que nous éprouvons pour le temple de Jérusalem. Ceci devient au nombre des motifs pour lesquels les autorités religieuses de son temps vont le condamner à mort :
- il s’est prétendu le fils de Dieu
- il dit que Dieu est un Père qui aime et nous veut heureux
en sa présence
- il enseigne que la vraie maison de Dieu sur terre n’est
pas le temple de Jérusalem, mais chacun de nos corps.
Ces trois certitudes m’amènent à la certitude ultime que nous retirons des enseignements du Christ : Dieu est toujours avec nous et il ne nous fera jamais défaut. Son amour est inconditionnel et il est de toujours à toujours.