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Réflexion sur l'évangile 3e dimanche ordinaire, B

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada

 


 

 

Mc 1, 14-20

Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu; il disait : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

Passant au bord du lac de Galilée, il vit Simon et son frère André en train de jeter leurs filets: c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit: « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.

Un peu plus loin, Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient aussi dans leur barque et préparaient leurs filets. Jésus les appela aussitôt. Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent derrière lui.

 

Troisième dimanche du temps ordinaire B

photo de Gilles Baril


Et si j'étais Jonas

 

Une très belle histoire de l’Ancien Testament est celle de Jonas dont nous n’avons qu’un aperçu dans la première lecture. Jonas pour en dire quelques mots est un jeune homme qui vit dans une petite bourgade près de la grande ville de Ninive. Il a tout ce qu’il faut pour ne pas avoir de crédibilité publique : il est jeune (donc sans expérience de la vie) et il vient de la campagne. Et pourtant, Dieu lui demande d’aller inviter les gens de Ninive à se convertir et à faire pénitence. Qui est-il pour remplir cette mission? On va simplement lui dire « d’aller se faire sécher le nombril ».

Jonas fuit sa mission : il s’embarque sur un bateau qui l’éloigne de la ville. Après quelques heures en haute mer, une tempête éclate. Le capitaine du navire rassemble tout le monde sur le quai puis il leur dit : « Ce genre de tempête manifeste qu’il y a quelqu’un parmi nous qui ne fait pas ce que Dieu attend de lui. Qu’il se dénonce lui-même pour qu’on le jette à la mer, sinon nous allons tous périr ».

«Pour que le monde change, il faut que les individus changent… Convertissez-vous».

Pendant ce temps, Jonas fait la sourde oreille. Le capitaine décide de tirer à la courte paille et c’est Jonas qui récolte la plus courte paille. Il avoue sa fuite et on le jette à la mer. Il est avalé par une baleine et il est recraché à la porte de la ville de Ninive.

Jonas comprend qu’il n’a pas le choix. Il parcourt la ville en une journée (au lieu des trois journées habituelles pour la traversée) puis les gens le prennent au sérieux et se convertissent. Jonas, voyant que Dieu ne détruit pas la ville, se choque contre lui et il décide de se laisser mourir sous le chaud soleil du désert. Dieu lui fait pousser un arbre en quelques minutes pour lui donner de l’ombre. Puis l’arbre dépérit quelques heures plus tard en quelques minutes. Jonas se choque à nouveau contre Dieu : qu’est-ce qu’il t’a fait cet arbre pour que tu le fasses mourir? Dieu répond : « Tu as pitié d’un arbre et tu voudrais que je n’aie pas pitié d’un peuple qui s’est pourtant converti à ta parole? Jonas, où donc est ton coeur? (fin de l’histoire)

Cet épisode de Jonas est instructif :

• Dieu se sert de chacun de nos caractères. Être son témoin n’est pas que le lot des gens doux, aimables et prévenants pour les autres… ce qui importe demeure notre capacité de nous remettre en question
• L’abandon à Dieu devant nos échecs et nos doutes vaut toujours son pesant d’or. Dieu nous exauce toujours au-delà de nos espérances.
• Fuir nos appels et nos responsabilités, c’est fuir nos capacités d’être heureux.
• Commençons par rendre heureux ceux que nous souhaitons rendre bons.

JésusJésus pêcheur d'hommes

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus interpelle ses quatre premiers apôtres : il les invite à le suivre en les interpellant dans leur vécu ordinaire de chaque jour. Pas d’apparition céleste où de gestes éclatants. C’est ainsi que Dieu nous appelle à sa suite encore aujourd’hui : à partir de l’ordinaire de nos vies. Il est toutefois surprenant de lire la réponse des premiers apôtres : « Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent. »

Jean Bosco (dont c’est la fête liturgique ces jours-ci) disait que le diable a deux pièges qu’il nous faut éviter pour être heureux :

1- Servir Dieu fait de nous des gens tristes
2- Nous aurons tout le temps possible de nous engager plus tard aux oeuvres de Dieu.

Alors, développons ces jours-ci la confiance en Dieu qui nous rappelle la joie que nous vivons à travailler à son service dès maintenant.

Jean Bosco disait aussi : « Pour être un saint, sois joyeux, disponible et humble ». Devenons ce genre de saint dont notre monde a besoin pour révéler à tous le vrai visage de Dieu.