Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
En quittant la synagogue de Capharnaüm, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André. Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. Jésus s’approcha d’elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d’esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, bien avant l’aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un-endroit désert, et là il priait. Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche. Quand ils l’ont trouvé, ils lui disent: «Tout le monde te cherche.» Mais Jésus leur répond: «Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle; car c’est pour cela que je suis sorti.»
Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais.

Marc nous présente de façon symbolique une journée dans la vie de Jésus : une journée qui nous donne en résumé le sens de sa mission sur terre. Que fait Jésus? Il enseigne, il écoute, il guérit les coeurs et les corps. Il accueille toutes personnes sans juger personne. Il n’exige rien des autres puis il refuse de se laisser encadrer même par la douce reconnaissance de ses admirateurs. Où puise-t-il son courage? Dans la constance de la prière.
À la lumière de ces quelques versets de l’évangile, je revois une pensée que mon directeur spirituel à l’époque de mon Grand Séminaire avait affiché sur la porte de son bureau : « Mieux vaut mourir usé que rouillé… » ou encore : « On n’est pas chrétien pour ce qu’on reçoit de Dieu, mais pour ce qu’on donne aux autres en son nom ».
J’attire votre attention sur la guérison de la belle-mère de Pierre. D’après des textes un peu romancés, faut-il le reconnaître, les relations étaient pénibles entre Jésus, Pierre et sa belle-mère. Celle-ci ne pardonnait pas à son gendre d’avoir abandonné son épouse (la fille de la belle-mère) pour suivre cette espèce d’itinérant à la parole facile qu’était ce Jésus de Nazareth. Elle ne se gênait pas pour dire ce qu’elle pensait d’eux et ses paroles n’étaient pas élogieuses.
Jésus apprend qu’elle est malade, pas d’une fièvre sans conséquence, mais d’une fièvre qui mène à la mort. N’écoutant que son coeur, il va chez elle et sans lui faire la morale, il la guérit. Il ne demande rien en retour. Mais elle, elle se met à le servir. Son opinion n’est plus la même… On voit donc ici Jésus qui fait le bien même à ses ennemis. C’est ça être vraiment disciple du Christ : rendre le bien pour le mal sans rien attendre en retour. Mais, n’oublions pas que ceci n’est possible que par la prière.
Apprendre à agir par Amour et non seulement par sens du
devoir, à coup de volontarisme. Quand on s’engage par
amour, la vie n’est jamais une corvée, les responsabilités ne
nous écrasent pas et on dépasse vite nos besoins personnels
de valorisation ou de recherche de sensationnel. On
comprend l’autre de l’intérieur et jamais on ne part en
guerre, car on n’a rien à protéger… On ne désespère jamais
de l’autre. On devient une présence qui fait du bien, car on a
appris de la vie que le meilleur est toujours devant nous.
Bref, l’évangile d’aujourd’hui est une invitation à apprendre
à aimer ce qu’on fait pour toujours faire ce qu’on aime.
Ces jours-ci, on célèbre Notre-Dame de Lourdes. Une des plus belles pages de la vie des Saints est celle où la petite Bernadette qui vient de se faire sermonner sévèrement par son curé au sujet des apparitions demande à la femme qui lui apparaît de lui révéler son nom. La Vierge demande : « Pourquoi veux-tu savoir mon nom? Bernadette répond : « Parce que le curé l’a exigé ». Et Marie de répondre : « Je suis l’Immaculée Conception ». Bernadette, qui n’a jamais entendu ce nom, court vers le presbytère et dit vitement au curé : « La dame s’appelle l’Immaculée Conception ».
Le curé sait qu’elle n’a pas trouvé ce nom-là toute seule, car il n’a jamais prononcé ce vocable. De plus, on est à l’époque où le pape Pie IX souhaite proclamer le dogme de l’Immaculée Conception. Alors, il commence à questionner Bernadette. Celle-ci lui répond : « Écoutez, monsieur le curé, la dame ne m’a pas demandé de vous convaincre, elle m’a juste dit de vous dire son nom ».
Nous n’avons pas à convaincre personne de la vérité de Dieu dans notre vie. Nous n’avons qu’à vivre au meilleur de nous mêmes. Faisons chaque jour notre possible et laissons l’impossible à Dieu, lequel, dit St-Paul, fait toujours au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer, même à partir de tous les petits riens de notre quotidien.
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Source des images: (1) Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre. (2) Site Internet du Diocèse de Chicoutimi