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Réflexion sur l'évangile du 7e dimanche ordinaire, B

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Mc 2, 1-12

Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu’il était à la maison. Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la Parole.
Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de Jésus, font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé: «Mon fils, tes péchés sont pardonnés.»
Or, il y avait dans l’assistance quelques scribes qui raisonnaient en eux-mêmes: «Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul?»
Saisissant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils faisaient, Jésus leur dit: «Pourquoi tenir de tels raisonnements? Qu’est-ce qui est le plus facile? de dire au paralysé: "Tes péchés sont pardonnés", ou bien de dire: "Lève-toi, prends ton brancard et marche"?
Eh bien! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l’ordonne, dit-il au paralysé: Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi.» L’homme se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant : «Nous n’avons jamais rien vu de pareil».

7e dimanche ordinaire - B

photo de Gilles Baril


Qui inspires-tu ?

 

L’évangile que nous venons de lire ensemble pourrait devenir l’objet d’une pièce de théâtre où se rencontrent quatre acteurs principaux :

Pour que la paix règne dans notre monde, il ne suffit pas que Dieu pardonne; il faut aussi que les hommes se pardonnent entre eux.

Le paralysé : voilà un gars qui n’en peut plus de sa vie. Il est un pécheur rejeté par Dieu aux yeux de tous ses concitoyens. La vie n’a pour lui aucune commodité. Peut-être pense-t-il au suicide? La présence de Jésus lui donne de l’espérance… au point de convaincre quatre hommes de le conduire jusqu’à lui.

Les quatre porteurs : ce sont les bénévoles de nos communautés : ces hommes et ces femmes qui font du bien aux autres sans rien attendre en retour. Ces gens qui trouvent courage dans le soutien mutuel et l’entraide généreuse. On peut ici deviner qu’ils sont stimulés par la foi du paralysé.

La foule : elle regarde puis voilà deux réactions :

  • 1. Monsieur, madame tout le monde s’écrie : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil » ce qui donne un mouvement de conversion : nous sommes toujours éveillés à la foi par le témoignage des autres.
  • 2. Les scribes et les docteurs de la foi qui critiquent. Ils se sentent menacés dans leurs balises et leurs pouvoirs sur la foule. Ils perdent leurs sécurités et leurs conditions sociales d’autorité.

Jésus : il est impressionné par la foi du paralysé et l’audace des porteurs. Il accueille sans condition. Il donne plus que ce que le paralysé souhaite : non seulement il pardonne et il guérit, mais il le repositionne dans sa condition d’enfant de Dieu en l’appelant : « Mon fils ».

guérison du paralytiqueJésus guérit le paralytique

Ce texte biblique me pose trois questions que j’ai approfondies avec notre communauté cursilliste mercredi dernier :

 1. Qu’est-ce qui nous empêche de marcher dans la vie? Qu’est-ce qui nous paralyse?
Réponse : La peur, la désespérance, l’orgueil et l’amour propre, le manque de confiance en soi (qu’est-ce qu’y vont dire?), l’isolement, le mal de l’âme, des blessures mal cicatrisées.

 2. Qu’est-ce qui nous redonne vie?
Réponse : Le fait de se savoir aimé, de savoir qu’on nous fait confiance, le lâcher-prise, un pardon reçu, l’audace issue de nos certitudes intérieures, l’humilité, l’espérance, la bonté des gens rencontrés.

 3- Comment peut-on réparer en s’apercevant qu’on a pu être paralysant pour les autres?
Réponse : Tout en vivant une démarche de réconciliation en ayant l’humilité de reconnaître nos torts. En n’exigeant jamais plus de l’autre que ce qu’il peut nous donner. En n’exigeant pas de nous-mêmes audelà de nos capacités réelles. En devenant plus humain, plus tolérant, plus compréhensif.

Voici maintenant une autre façon de poser les mêmes questions :

    1- Qu’est-ce qui m’empêche d’être heureux?
    2- Qu’est-ce qui me rend heureux?
    3- Qu’est-ce qui me permet de contribuer au bonheur des autres?
La meilleure façon d’être heureux, c’est de contribuer au bonheur de ceux qui nous entourent au quotidien

Que ces dernières questions alimentent nos réflexions personnelles des prochains jours et nous rappellent que la meilleure façon d’être heureux, c’est de contribuer au bonheur de ceux qui nous entourent au quotidien. Rendre quelqu’un heureux par un sourire, un mot qui réconforte, une petite attention… c’est l’inciter à devenir bon. Et on ne sait jamais, tout le bien qu’on fait quand on fait du bien, et surtout on ne sait jamais à qui on a fait le plus de bien quand on fait du bien. J’ai tendance à croire que la première personne à bénéficier du bien transmis aux autres c’est cellelà même qui fait ce bien. Puisse-t-il en être ainsi pour le plus grand bénéfice de toute la communauté.

 

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Source des images: (1) Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre.