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Réflexion sur l'évangile du Dimanche des Rameaux, B

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada

 


 

 

Jean 18 et 19

 

Après avoir ainsi parlé, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l'endroit, lui aussi, car Jésus y avait souvent réuni ses disciples. Judas prit donc avec lui un détachement de soldats, et des gardes envoyés par les chefs des prêtres et les pharisiens. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s'avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C'est moi. » Judas, qui le livrait, était au milieu d'eux. Quand Jésus leur répondit : « C'est moi », ils reculèrent, et ils tombèrent par terre. Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. » Jésus répondit : « Je vous l'ai dit : c'est moi. Si c'est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » (Ainsi s'accomplissait la parole qu'il avait dite : « Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés ».) Alors Simon-Pierre, qui avait une épée, la tira du fourreau ; il frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l'oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus. Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. Est-ce que je vais refuser la coupe que le Père m'a donnée à boire ? » Alors les soldats, le commandant et les gardes juifs se saisissent de Jésus et l'enchaînent. Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne, beau-père de Caïphe, le grand prêtre de cette année-là. (C'est Caïphe qui avait donné aux Juifs cet avis : « Il vaut mieux qu'un seul homme meure pour tout le peuple. ») Simon-Pierre et un autre disciple suivaient Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans la cour de la maison du grand prêtre, mais Pierre était resté dehors, près de la porte. Alors l'autre disciple - celui qui était connu du grand prêtre - sortit, dit un mot à la jeune servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre. La servante dit alors à Pierre : « N'es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme-là ? » Il répondit : « Non, je n'en suis pas ! » Les serviteurs et les gardes étaient là ; comme il faisait froid, ils avaient allumé un feu pour se réchauffer. Pierre était avec eux, et se chauffait lui aussi. Or, le grand prêtre questionnait Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. Jésus lui répondit : « J'ai parlé au monde ouvertement. J'ai toujours enseigné dans les synagogues et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n'ai jamais parlé en cachette. Pourquoi me questionnes-tu ? Ce que j'ai dit, demande-le à ceux qui sont venus m'entendre. Eux savent ce que j'ai dit. » A cette réponse, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : « C'est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! » Jésus lui répliqua : « Si j'ai mal parlé, montre ce que j'ai dit de mal ; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » Anne l'envoya, toujours enchaîné, au grand prêtre Caïphe. Simon-Pierre était donc en train de se chauffer ; on lui dit : « N'es-tu pas un de ses disciples, toi aussi ? » Il répondit : « Non, je n'en suis pas ! » Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, insista : « Est-ce que je ne t'ai pas vu moi-même dans le jardin avec lui ? » Encore une fois, Pierre nia. A l'instant le coq chanta . Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au palais du gouverneur. C'était le matin. Les Juifs n'entrèrent pas eux-mêmes dans le palais, car ils voulaient éviter une souillure qui les aurait empêchés de manger l'agneau pascal. Pilate vint au dehors pour leur parler : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » Ils lui répondirent : « S'il ne s'agissait pas d'un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré. » Pilate leur dit : « Reprenez-le, et vous le jugerez vous-mêmes suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort. » Ainsi s'accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir. Alors Pilate rentra dans son palais, appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d'autres te l'ont dit ? Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait ? » Jésus déclara : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici. » Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité ? »Après cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais c'est la coutume chez vous que je relâche quelqu'un pour la Pâque : voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? » Mais ils se mirent à crier : « Pas lui ! Barabbas ! » (Ce Barabbas était un bandit.)

 

Vendredi Saint - année B

photo de Gilles Baril


Que fait Jésus sur la croix?

 

 

JésusJésus s’est toujours présenté comme « doux et humble de coeur ». Jamais de jugement sur les autres. Aucun esprit de compétition, sa vie n’est que bonté, douceur, bienveillance et il sait aller chercher le meilleur dans le coeur des autres.

Et tout casse par jalousie par peur pour les gens en autorité de perdre leurs pouvoirs. Et pourtant : le seul pouvoir de Jésus consiste à se garder « les mains nues » : Mains nues de celui qui a tout donné, mains nues de celui qui peut tout recevoir. Il meurt comme il est né : dans la grande dépendance, dans la grande misère humaine. Sa force est dans ses plaies. Son arme absolue repose sur ses clous, il n’a que le pouvoir de l’Amour sur la haine. Ce sont ses blessures qui lui permettent de comprendre les blessures et les souffrances des autres.

Que fait Jésus sur la croix?

 Il porte encore le souci des autres, il se préoccupe de Marie sa mère et il pardonne à ses bourreaux (pardonné voulant dire : donner par-dessus même si l’autre n’a pas mérité)

La mort sur la croix crée un nouveau mouvement entre Dieu et l’humanité :
  - Mouvement de générosité
 - Mouvement d’éblouissement (saisissement)
 - Mouvement d’attirance vers un plus :
   Vers une grande force du coeur et une intense douceur
 - Mouvement de communion : pas de concurrence, mais un élan de soutien mutuel dans le respect de 70 chaque personne : dans une telle communion, il n’y a pas de chrétien stérile, chacun donne aux autres, chacun prend soin des autres, chacun est reçu et respecté par les autres. Car chacun se soucie de celui qui occupe la dernière place.

Il n’a que le pouvoir de l’Amour sur la haine

Notons enfin que le Christ n’a jamais visé la quantité : il a toujours espéré de ceux qui le suivent d’avoir cet idéal qui donne du goût à la vie.

On a vécu récemment une expérience avec les enfants en catéchèse : on leur a fait manger des céréales sans sucre ni lait. Ensuite, on a mis du lait puis finalement du sucre. Le sucre a fait dire aux enfants que les céréales étaient vraiment plus agréables à manger… mais le sucre avait fondu et contrairement aux céréales et au lait, il n’était plus possible de l’identifier : c’est ainsi que devenir disciple du crucifié, c’est mettre du sucre dans la vie des autres sans rien attendre en retour tellement notre agir n’est connu que de Dieu lui-même.

 Nous savons que la mort n’est pas le dernier mot de Dieu, alors offrons-lui ce qui nous fait mourir pour que lui-même le transforme en source de grâce pour nous-mêmes et pour ceux que notre coeur aime.