Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au sépulcre au lever du soleil. Elles se disaient entre elles: «Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau?» Au premier regard, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de peur. Mais il leur dit: «N’ayez pas peur! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié? Il est ressuscité: il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre: <il vous précède en Galilée.> Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.»

Nous vivons à une époque qu’on dit scientifique. Ceci s’explique par les recherches qui ont engendré une belle évolution dans plusieurs champs de la vie : surtout dans le domaine médical, industriel et au niveau des commodités du quotidien.
Un scientifique, c’est une personne qui n’affirme rien sans avoir l’appui de preuves concrètes. Ex. : un nouveau médicament a fait l’étude de centaines de tests sur des animaux puis sur des humains volontaires avant d’être mis sur le marché. Les progrès de la science ont grandement influencé notre culture et nos valeurs communautaires depuis une trentaine d’années.
Parler du Christ ressuscité n’a jamais été facile et ça l’est
encore moins aujourd’hui, car les preuves de la Résurrection
ne sont pas vérifiables au niveau matériel :
Le tombeau vide : c’est déjà contesté au matin de Pâques par les chefs religieux…
Les apparitions aux femmes venues embaumer le cadavre du Christ les font passer pour des visionnaires.
Que reste-t-il comme preuves qui attestent la Résurrection?
- le dynamisme et l’audace des apôtres et des premiers chrétiens : de peureux, ils deviennent courageux jusqu’au martyr.
- leurs engagements auprès des pauvres et des petits sans rien attendre en retour.
- leur solidarité pleine d’espérance pour bâtir un monde où il fait bon vivre malgré l’incompréhension de la logique humaine.
Récemment, un sondage Léger Marketing sur « Les Québécois, en panne de valeurs » révèle que 42 % des répondants considèrent la religion comme essentielle dans leurs vies quotidiennes même s’ils affirment ne pas être prêts à faire des sacrifices ou des efforts.
Depuis qu’ils ont quitté les églises, les Québécois sentent qu’ils ont perdu leurs repères, voire leurs racines et ceci surtout depuis la question des accommodements raisonnables.
EIls ont perdu les sens de leurs vies : d’où désespérance et morosité de même que les difficultés à prendre des décisions importantes qui engagent l’avenir, comme s’engager dans un nouvel emploi, se marier, avoir des enfants.
Alors aujourd’hui comme dans les premiers temps de l’Église, la seule preuve évidente du Christ ressuscité c’est nous les chrétiens!
C’est notre foi qui dérange, qui interpelle… c’est cette foi qui donne du courage devant les difficultés et qui suscite en nous ce désir d’aimer en toute gratuité.
Par notre manière de penser et d’agir, nous sommes invités à devenir témoins de la Résurrection. Si le monde croit moins aujourd’hui, serait-ce parce que nous les croyants sommes moins convaincants, voire convaincus?
Ces jours deniers, lors d’une catéchèse préparatoire au sacrement de confirmation, quelques jeunes ont fini par avouer : « Si je fais ma confirmation, c’est parce que ça semble bien important pour mes parents… mais je ne crois pas en Dieu ». La catéchète me demande quoi répondre à ça.
Selon moi, il faut préciser cette affirmation : je ne crois pas en Dieu ?
– Est-ce à dire : je ne connais pas Dieu, ce qui est bien possible ou encore faut-il préciser en quel Dieu je ne crois pas… parce que moi aussi je ne crois pas en un Dieu lointain, suprême, sévère, punisseur, moralisateur, exigeant et qui attend de nous que tout soit parfait. Ce genre de Dieu n’est pas celui du Christ, mais des scribes et des pharisiens.
– J’avoue que je ne crois pas qu’on ne puisse pas croire en Dieu
– Le Dieu de Jésus-Christ auquel je crois est un Dieu qui nous habite de l’intérieur et qui nous inspire au quotidien. Un Dieu de discernement et de bon sens dit St-Paul.
Dieu est un mystère : on en a une évidence rien qu’à voir la nature (laquelle demeure un premier lieu de découverte de Dieu)
Le Dieu de Jésus-Christ est un mystère d’amour qu’on ne réussira jamais à saisir complètement, car par définition un mystère est une réalité qui nous dépassera toujours. Fréquenter Dieu en Église, c’est plonger dans son mystère pour finir par agir en son nom sans même s’en rendre compte…
Notre agir et notre présence traduisent Dieu pour les chercheurs autour de nous lorsqu’on se met régulièrement en sa Présence par la fréquentation des sacrements…
Que la fête de Pâques réanime en nous le désir d’être des
témoins limpides du Ressuscité, de ce Christ vivant qui est
devenu Lumière pour nos esprits et nos coeurs.
Christ est
ressuscité. Alléluia!