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Réflexion sur l'évangile du 4e Dimanche de Pâques, B

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada

 


 

 

Jean 10, 11-18

Jésus disait aux Juifs: «Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire, lui, n’est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit; le loup s’en empare et les disperse.
Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. «Moi, je suis le bon pasteur; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père; et je donne ma vie pour mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie: celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix: il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.
«Le Père m’aime parce que je donne ma vie, pour la reprendre ensuite. Personne n’a pu me l’enlever: je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre: voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père.»

4e Dimanche de Pâques - B

photo de Gilles Baril


Le Bon Pasteur

 

Un berger et son troupeauJésus nous dit aujourd’hui :

« Je suis le bon pasteur. Je connais mes brebis, elles suivent mes pas. Je donne ma vie pour elles. »

Jésus nous dit encore :

« J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie. Je suis venu pour que toutes aient la vie en abondance. »

Cette image du bon pasteur et des ses brebis doit dépasser son aspect un peu mièvre. Car pour les juifs, les brebis incarnent le courage et la solidarité devant les épreuves. En plus de se tenir en groupe, les brebis sont constamment soucieuses des autres. Cela Jésus le sait quand il dit qu’il connaît ses brebis. Connaître au sens biblique veut dire :

bon pasteur« Naître avec son coeur dans la réalité intérieure de l’autre. »

Voilà ce qui rend possible le don de sa vie. Personne ne peut donner sa vie sans amour.

« Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés. »

Le bon pasteur rassemble ses brebis et il permet à chacune de développer ses charismes. Il s’applique à faciliter la route de chaque brebis en invitant les plus fortes à se mettre au service des plus faibles. Il incite chaque brebis à mettre ses talents au service des autres. On reconnaît toujours la voix de la personne qui nous invite avec tendresse à laisser jaillir nos sources intérieures. Ceci n’est possible qu’avec les yeux du coeur : un regard d’admiration favorise chez la personne regardée sa capacité de se donner au service des autres. Nous voilà dans le noeud du mot vocation : un appel de Dieu à aimer, à se donner, à servir… ce qui se traduit par différents états de vie : vie sacerdotale, religieuse ou missionnaire, vie dans le célibat ou le mariage… L’essentiel repose sur la complémentarité des services exercés.

« D’autres brebis ne sont pas de cette bergerie. »

Le premier pas sur la route de l’évangile et de la charité est celui du respect des autres.

Pourquoi sont-elles absentes? Peut-être, parce qu’elles se sont égarées en route. À nous de retourner à leur rencontre et de devenir leur guide. Peut-être parce qu’elles sont essoufflées ou démotivées. À nous de leur redonner de l’espérance. Peut-être encore parce qu’elles sont blessées. À nous de créer pour elles un espace de quiétude pour revitaliser leurs énergies et leur permettre de panser leurs plaies. Comment cela peut-il se faire? Par notre amitié, notre bonté, notre joie de vivre, par notre accompagnement respectueux, par notre témoignage vécu dans des gestes concrets :

« Ce que tu vis parle si fort que je n’entends pas ce que tu dis. »

Notons toutefois un pré requis qui enseigne « qu’on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. » Avant de se donner, il faut se nourrir. Pour donner Dieu, il faut d’abord cultiver sa présence en nous. La prière doit précéder nos désirs d’agir au nom du Seigneur. Par surcroît, les temps utilisés dans la prière viennent semer en nous un amour de l’Église, du peuple de Dieu et de l’Évangile qui, de façon naturelle, nous permet de porter Dieu au quotidien. Vivre sa vocation consiste à devenir une personne habitée par Dieu, chez qui on sent cette présence qui fait du bien au coeur. Notre présence à elle seule peut dire Dieu à ceux et celles qui le cherchent.

Vivre notre vocation, c’est-à-dire, notre appel de Dieu à marcher à sa suite, c’est prendre conscience que nous sommes personnellement aimés de Dieu, car Dieu ne nous a pas créés, en cas de besoin. C’est réaliser que Dieu ne nous a pas choisis pour lui succéder, mais pour nous associer à son oeuvre. C’est également prendre le chemin de la sainteté. Comme baptisés, nous sommes tous invités à nous mettre au service de la sainteté des gens autour de nous. Sachons que la sainteté dont il est question ne consiste pas à devenir une image sainte qui fait de nous des personnes parfaites et intouchables. La sainteté consiste plutôt à mordre dans la vie, à cultiver un idéal élevé et à n’exclure personne de notre vie en devenant rayonnant par notre accueil chaleureux et inconditionnel, en mettant beaucoup d’amour du Bon Dieu dans tout ce que nous faisons. Que Marie, mère de l’Église et protectrice de toutes vocations, nous inspire et nous guide sur cette route.