Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Quand arriva la Pentecôte, (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux. Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint: ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d’eux les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient: «Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d’Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l’Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous, nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu.»

Un petit garçon de huit ans a écrit le texte suivant pour répondre à son professeur qui lui demandait de parler de ce qu’il savait de Dieu :
« Une des plus importantes occupations de Dieu est de faire des personnes. Il doit faire cela pour remplacer celles qui meurent afin qu’il y ait assez de monde pour prendre soin des choses sur la terre. Il ne fait pas de grandes personnes, il ne fait que des bébés. Je pense qu’ils sont plus faciles à faire parce qu’ils sont plus petits. De cette façon il ne perd pas son précieux temps à leur apprendre à marcher et à parler. Il peut laisser les papas et les mamans faire cela. Je pense que cela va bien comme cela.
La deuxième plus importante occupation est d’écouter les prières. Il s’en fait beaucoup parce que bien des personnes ne prient pas seulement avant d’aller dormir, elles prient dans le jour aussi, puis il y a les grands-papas et les grands-mamans qui prient chaque fois qu’ils mangent, excepté à la collation. Dieu n’a pas le temps d’écouter la radio ou de regarder la télévision à cause de cela. Dieu entend tout, il doit y avoir beaucoup de bruit dans ses oreilles à moins qu’il ait pensé à un moyen de baisser le son.
Dieu voit et entend tout, il est partout, il est très occupé. Vous ne devriez pas lui faire perdre son temps en lui demandant des choses qui ne sont pas importantes ou en passant par-dessus la tête des parents pour demander des choses qu’ils vous ont déjà refusées. Ça ne marche pas, de toute façon. »
Avec ce garçon de 8 ans, prenons conscience que Dieu est
avec nous dans tout ce que nous vivons. Ne dit-on pas dans
la bible qu’il « rit avec ceux qui rient et qu’il pleure avec
ceux qui pleurent ». Notre relation à Dieu est personnelle. Le
défi que nous avons à relever consiste à le reconnaître dans
le banal du quotidien et à croire que là où nous sommes
dans ce que nous sommes en train de faire : Dieu est là.
« J’existe, nous existons pour Dieu. Voilà l’oeuvre de l’Esprit
Saint… et parce que nous existons pour Dieu, l’avenir est
toujours possible.
La Pentecôte consiste à cesser d’être une amicale fermée sur des souvenirs nostalgiques pour nous ouvrir avec espérance vers l’avenir comme le vivent les apôtres renfermés au Cénacle depuis la mort du Christ en croix. Savoir comme une certitude que l’Esprit-Saint n’a jamais dit son dernier mot et qu’il fait toujours jaillir du neuf là où tout semble sans issue possible.
Un souvenir de mon enfance me ramène à une discussion entre mon père et ma mère qui font leurs comptes. La situation semble préoccupante : plus de factures à payer que d’argent disponible. Puis mon père se tourne vers nous et il nous dit : « Les gars voici les quelques dollars et les sous qu’il me reste dans mes poches : allez au dépanneur et ramenez-nous de la crème glacée (ce n’était malheureusement pas de la "Coaticook" à cette époque) puis il ajoute :
« Quand on commence à trop se préoccuper des soucis matériels, il est temps de faire quelque chose pour libérer notre Esprit ». Il faut parfois se permettre des petites folies sans conséquence pour retrouver la joie. Et la joie est langage limpide d’une vie dans l’Esprit-Saint. C’est la mise en commun de nos petites flammes qui produit un feu suffisamment puissant pour réchauffer tous les coeurs de notre entourage. C’est ainsi que l’Esprit-Saint devient une force dans les difficultés, une lumière dans les ténèbres, une espérance face aux tentations du défaitiste.
Une grande joie que je vous souhaite pour les prochains jours est de vous arrêter pour identifier une occasion où vous avez été un signe réel de l’Esprit-Saint pour quelqu’un de votre entourage.