Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
«Il entra de nouveau dans une synagogue, et il y avait là un homme qui avait la main desséchée. Et ils l'épiaient pour voir s'il allait le guérir, le jour du sabbat, afin de l'accuser. Il dit à l'homme qui avait la main sèche : «Lève-toi, là, au milieu.» Et il leur dit : «Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien plutôt que de faire du mal, de sauver une vie plutôt que de la tuer?» Mais eux se taisaient. Promenant alors sur eux un regard de colère, navré de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme : «Étends la main.» Il l'étendit et sa main fut remise en état. Étant sortis, les Pharisiens tenaient aussitôt conseil avec les Hérodiens contre lui, en vue de le perdre.»

Pour les Juifs : toute la vie tourne autour du sabbat. Le jour
de Dieu est le septième jour de la création « Dieu vit que
cela était bon ».
Mais les scribes et les pharisiens ont empoisonné le sabbat
par des centaines de lois qui écrasent le peuple sous de
multiples culpabilités : par exemple, le jour du sabbat, on
n’a pas le droit de marcher plus que 100 pas : au centième,
on arrête et on reste là jusqu’au lendemain ou on continue à
marcher puis on devient pécheur.
Les premiers chrétiens font du dimanche le jour de Dieu, car c’est le Jour de la Résurrection du Christ.
Le curé Ernest Simard, curé à Coaticook de 1913 à 1936, écrit dans son livre des prônes : le dimanche est un jour de repos et de prière. Il faut en faire une journée différente des autres. Le point central du dimanche demeure l’assistance à la messe. De plus, il faut éviter tout travail servile (travail auquel le corps a plus de part que l’esprit; travail qui ne consiste qu’à s’enrichir). Se visiter en famille, mais ne pas faire manquer les vêpres à personne par des visites trop longues. »
Le dimanche (par la tradition reçue de nos pères) est un jour de repos et de prière. – Jour d’entrainement à une vie chrétienne et familiale.
Que sont devenus nos dimanches?
Des journées banales ou « fourre-tout » : travail, commerces ouverts, réunion syndicale, compétitions sportives, jour de relaxation.
On est loin des dimanches avec ses rites particuliers :
Le peuple libéré par Dieu est aujourd’hui, face à la messe du dimanche, plusieurs disent :
« Je n’ai pas le temps » :
Jésus enseigne que l’eucharistie est le coeur de l’engagement chrétien. La force du don de soi vient de la vie en communauté. L’évangile est un constant appel au dépassement pour se grandir soi-même : le jour où on ne fait que ce qui nous tente, on tue l’évangile tout en anéantissant nos capacités de dépassement.
L’Église possède trois types de paroles pour évangéliser, écrit le pape Paul VI : le témoignage, l’enseignement et la prédication. La 2e et la 3e parole sont inutiles, précise le pape, pour ceux qui n’ont pas reçu la 1ère parole : celle du témoignage… et cette parole par le vécu et l’engagement est le défi de chaque baptisé. Vivre intensément le dimanche, c’est se donner la force nécessaire pour être témoin du Ressuscité durant toutes les heures de la semaine qui suivent ce dimanche.
L’essentiel n’est pas de vivre des rassemblements dominicaux qui ravissent nos émotions et nos sentiments, mais de sentir qu’on plonge en communauté dans le mystère de Dieu avec le risque d’être témoin de ce mystère dans notre agir : « Faites en sorte que ceux qui ne connaissent pas Dieu et qui vous connaissent en viennent à connaître Dieu parce qu’ils vous connaissent. »