Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Parlant à la foule en paraboles, Jésus disait : «Il en est du règne de Dieu comme d'un homme qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu'il dorme ou qu'il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, enfin du blé plein l'épi. Et dès que le grain le permet, on y met la faucille, car c'est le temps de la moisson.»
Jésus disait encore : «À quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu? Par quelle parabole allons-nous le représenter? Il est comme une graine de moutarde: quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences du monde. Mais quand on l'a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre.»
Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de la comprendre. Il ne leur disait rien sans employer de paraboles, mais en particulier, il expliquait tout à ses disciples.
Voici une prière toute simple qui résume bien l’évangile :
«Seigneur, donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer, le courage de changer les choses que je peux et la sagesse d’en connaître la différence..»
Mon problème et celui de bien du monde est d’être trop pressé : on veut tout changer tout de suite.
À quoi ça sert de s’énerver nous dit l’évangile?
Par exemple, ma mère a semé son jardin et le lendemain mon frère lui demande : les radis sont-ils prêts à manger?
On veut toujours tirer sur la semence pour qu’elles poussent plus vite et finalement, on détruit ce qu’on a semé.
Connaissez-vous la vie du cheval qui s’appelait Hercule?
Il a fini pour devenir fou parce qu’il ne savait jamais si son maître lui demandait d’avancer ou de reculer : « Avance Hercule, Hercule avance, mais non avance pas, recule ». Souvent on ne sait pas si on avance ou recule dans la vie.
Et là Dieu nous dit : « Patience »
- S’arrêter pour regarder la situation
- Prendre le temps de faire confiance au Seigneur
- Je réentends le chant : « Prends le temps, écoute le
vent,
car la vie est bien plus belle quand on a le temps…
Enivre-toi le coeur, laisse entrer le bonheur.
La vie est une fête… »
- C’est à la patience qu’on mesure l’Amour
- Avoir la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer
- Apprendre à aimer ce qu’on fait pour finir par toujours
faire ce qu’on aime
C’est impensable le nombre de personnes qui ne s’aiment pas qui sont prêt à tout pour les autres, mais qui ne font rien pour elles-mêmes par peur d’être égoïste… qui s’étourdissent dans l’action.
C’est facile de s’étourdir dans l’action : la société est étourdissante. C’est même parfois valorisant de s’engager sans bon sens. Nos efforts et nos sacrifices font qu’on nous doit de la reconnaissance, que Dieu nous doit de la reconnaissance.
Et pourtant Dieu aime gratuitement : d’où la sagesse de connaître la différence de ce que je dois changer ou non, de ce que je dois vivre ou non.
Et le courage de changer les choses que je peux : nos efforts quotidiens pour donner de la vigueur au règne du Christ chez nous sont des semences qui sont appelées à germer et grandir, comme nous le dit l’évangile.
Le problème est qu’on voudrait bien savoir comment grandit exactement la semence de Dieu. L’évangile nous dit : « Le règne de Dieu est comme un semeur qui jette le grain dans son champ, nuit et jour qu’il dorme ou se lève le grain germe et grandit, il ne sait comment. »
« Patience et confiance » répète le Christ.
L’important n’est pas de savoir comment s’agrandit le règne de Dieu. L’important n’est pas l’efficacité immédiate ou les résultats tangibles. L’important est de vouloir collaborer à l’oeuvre de Dieu, car Dieu reste le maître d’oeuvre.
D’ailleurs, l’évangile nous rappelle que c’est souvent par nos limites, nos petitesses, nos impressions « d’avoir manqué notre coup », nos pauvretés et nos fragilités que s’agrandit le plus le règne de Dieu.
« Le règne de Dieu est comparable à une graine de moutarde » il s’agit du plus petit grain connu à l’époque, qui, mis en terre, devient la plus haute plante potagère. »
Au terme d’une année pastorale, puissions-nous nous dire comme St-Paul en exil : « nous cheminons dans la foi, sans voir. Mais nous avons confiance et notre ambition : c’est de plaire au Seigneur ».