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Réflexion sur l'évangile du 12e dimanche ordinaire, B

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada

 


 

 

Marc 4, 35-41

Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en paraboles. Le soir venu, il dit à ses disciples: «Passons sur l’autre rive.» Quittant la foule, ils emmènent Jésus dans la barque, comme il était; et d’autres barques le suivaient.

Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait d’eau. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Ses compagnons le réveillent et lui crient: «Maître, nous sommes perdus; cela ne te fait rien?» Réveillé, il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer: «Silence, tais-toi!» Le vent tomba, et il se fit un grand calme.

Jésus leur dit: «Pourquoi avoir peur? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi?» Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux: «Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent?»

 

12e dimanche ordinaire - B

photo de Gilles Baril


La barque de Pierre

 

Face à la tempêteCe qu’il faut savoir pour bien comprendre cet évangile, c’est :

    1- À l’époque de Jésus : la mer déchaînée reflète les forces du mal. Alors Jésus contrôle les forces sataniques.
    2- La barque de Pierre reflète l’Église en marche.

Paul VI disait : l’Église n’est pas un paquebot transatlantique elle est plutôt un "boat people" qui recueille les réfugiés et les éclopés de la vie. Sa force repose sur les membres de l’équipage qui doivent rivaliser de bonté et de respect les unes envers les autres.

L’église est un bateau de voyageurs heureux malgré leurs handicaps, leurs blessures de la vie, car tous s’y sentent aimés et respectés.

Qui dit bateau dit aussi départ. Partir pour nulle part serait absurde : nous partons de l’Amour et nous allons vers l’Amour.

Ce qui est triste n’est pas le nombre d’années vécues, mais de ne pas aimer, de ne pas avoir d’idéal durant notre trajet de vie.

Entre le départ et l’arrivée, il y a des jalons, des arrêts, des mises au point, des réajustements…

L’église est un bateau de voyageurs heureux malgré leurs handicaps, leurs blessures de la vie, car tous s’y sentent aimés et respectés.

Notre barque est secouée. Nous vivons tant de réalités contradictoires au sein d’une société en quête de sens. Notre Église est une pleine tempête avec son manque de personnel pour répondre à tous ces gens en désarroi spirituel, à tous ces chercheurs de bonheur qui ne trouvent guère.
Fixons notre regard sur Jésus. Oui, peut-être semble-t-il dormir à l’arrière de la barque sur le coussin, au milieu de la tempête. Et nous crions comme les apôtres dans l’évangile : « Maître, cela ne te fait rien que nous périssions? » et que nous répond-il, à nous, en pleine bourrasque : « pourquoi avezvous une telle peur? »
C’est le seul reproche qu’il nous fera. Pourquoi avez-vous si peur? Non, il ne nous reprochera pas de ne pas travailler dur, de manquer de stratégie, d’organisation, de projets. Il nous reprochera d’avoir eu peur et de ne pas avoir remarqué qu’il était avec nous dans la barque : peur d’être malade, mal aimé, de perdre nos biens, notre job, peur de se retrouver seul, de perdre notre réputation, peur de mourir, peur de ne pas assez prié, de ne pas assez témoigné du Christ.

La peur est un vent de violence qui nous désarme de tous nos moyens et nous recentre sur notre égo. Elle étouffe l’espérance et tue la confiance. Vivre des dépassements n’enlève pas la peur, mais nous libère de la paralysie de la peur. Sortir de la paralysie de la peur, c’est découvrir qu’il y a un Être suprême qui veille constamment sur nous… et pour les chrétiens, cet Être suprême est un Dieu-Père qui nous veut heureux en sa Présence

Le chrétien est celui ou celle qui invite le Christ dans son embarcation.
Aussi longtemps qu’il est présent, les tempêtes les plus fortes ne peuvent nous faire chavirer :
«Pourquoi avez-vous peur? Je suis avec vous. Ayez confiance