Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Jésus est parti pour son pays, et ses disciples le suivent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. Les nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient: «D’où cela lui vient-il? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon? Ses soeurs ne sont-elles pas ici chez nous?» Et ils étaient profondément choqués à cause de lui.
Jésus leur disait: «Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison.» Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Il s’étonna de leur manque de foi.
Alors il parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Après un certain temps d’absence, Jésus retourne dans son
coin de pays et il se rend à la synagogue. Poussé par ce qui
l’habite, il enseigne, mais son message ne passe pas. On se
demande pour qui il se prend : n’est-il pas le fils de Marie et
Joseph… parfois on emprisonne les gens dans la
connaissance limitée qu’on a sur eux.
Toute personne est un
mystère. Quand on est trop proche de quelqu’un, il y a un
risque d’étouffer ce mystère qu’est l’autre. On ne peut plus le
remettre en question ni lui permettre de libérer ses richesses
intérieures.
Les Nazaréens sont choqués par l’attitude de Jésus parce qu’il ne correspond pas à l’image qu’on s’est faite de lui. Un prophète n’est pas un visionnaire ou un devin : il est davantage un éveilleur, un empêcheur de tourner en rond, une invitation à dépasser le monde des sensations et des émotions.
Un prophète, c’est quelqu’un qui a quelque chose à dire.
Mais attention : tous ceux qui parlent ne sont pas prophètes.
Un prophète dérange en dénonçant les injustices et les
mensonges, on identifiant les contradictions de la société.
Un prophète ne se laisse pas arrêter par les échecs : il
s’appuie sur ses convictions intérieures et l’espérance d’un
monde meilleur en devenir. Parfois le courage ne vient que
par l’amour qu’il porte aux personnes, même si parfois les
gens qu’il sert avec amour ne semblent pas l’aimer. C’est le
cas de Jésus à Nazareth. Il refuse de leur donner un bon
spectacle pour les épater et cela, les Nazaréens ne le lui
pardonnent pas. On ne croit pas en lui parce qu’on ne le
comprend pas… parce qu’il dérange les vieilles habitudes.
En connaissons-nous des prophètes d’aujourd’hui? Prenons
le temps d’identifier ces hommes et ces femmes qui
interpellent et dérangent pour faire avancer la justice,
l’équité, la tolérance.
Prions pour ces prophètes
d’aujourd’hui qui sont préoccupés pour la dignité des
personnes pour la qualité de l’environnement, pour la
solidarité avec les pauvres et les malheureux de toutes
conditions. Prions pour ces gens qui nous rappellent que
nous avons des droits, mais que nous avons aussi des
devoirs envers les autres.
« Pour suivre le Christ, il faut se quitter soi-même, se défaire de ses prétentions personnelles souvent connues que de nous mêmes.»
« On reconnaît Dieu en vous par vos oeuvres, par vos paroles mais surtout par votre air et par votre silence.
La charité ne s’aigrit jamais contre personne, elle souffre tout sans mot dire, elle endure tout sans se plaindre, sans murmure, sans ressentiment, sans désir de vengeance. »
Jeanne Delanoue