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Réflexion sur l'évangile du 16e dimanche ordinaire, B

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Mc6,30-34

Après leur première mission, les Apôtres se réunissent auprès de Jésus, et lui rapportent tout ce qu’ils ont fait et enseigné. Il leur dit: « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux qu’on n’avait même pas le temps de manger.

Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de pitié envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement.

 

16e dimanche ordinaire - B

photo de Gilles Baril


Ne pas faire l'oeuvre de Dieu à sa place

 

J’aime beaucoup pendant la saison estivale laisser les portes de l’église ouverte pour laisser entrer le soleil. Ça enlève l’humidité de la bâtisse, ça change l’air et ça démontre notre désir d’accueillir les gens aux célébrations.

mur de séparationUn jour, un oiseau s’est aventuré dans l’église et vite il s’est senti prisonnier des lieux. Il cherchait la sortie, mais il allait se cogner dans les différentes fenêtres. Il faisait pitié et j’ai voulu aller l’aider… mais j’ai amplifié son malheur : en plus de ne pas trouver la sortie, je lui faisais peur. J’ai compris que parfois aider quelqu’un c’est simplement le laisser libre d’aller vers sa destinée et qu’à trop vouloir faire pour l’autre, on risque de lui nuire et de l’étouffer davantage. C’est ainsi que je me suis éloigné de l’oiseau qui n’avait pas compris mon désir de l’aider tellement il avait peur, puis il a fini quelques minutes plus tard par trouver la sortie…

L’évangile d’aujourd’hui est une invitation à lâcher-prise, peut-être même à laisser l’autre libre même s’il nous semble sur une route de bonheur différent de ce qu’on avait envisagé pour lui. Parfois la seule aide efficace qu’on peut apporter aux autres consiste à les nommer dans le coeur de Dieu par notre prière.

L’évangile d’aujourd’hui nous rappelle aussi que Dieu aime le repos : fatigué, on oublie de rire, de semer la joie et l’espérance et on devient parfois pénible à fréquenter. Le repos refait les forces physiques et intérieures puis il redonne la confiance et l’audace des dépassements quotidiens.

La caractéristique principale de tout chrétien, c’est d’être un artisan de paix, un rassembleur, un agent d’union.

Être témoin du Christ ne consiste pas toujours à faire le plus exigeant pour l’autre. Le Christ ne nous invite pas à faire toujours plus jusqu’à l’épuisement. Il nous invite à toujours faire avec plus d’amour dans le coeur. Parlons de Dieu par notre disponibilité, notre simplicité, notre accueil chaleureux de tous les instants. Dans une vie inspirée par l’évangile, il n’y a pas les gens qui donnent et ceux qui reçoivent, mais il y a les gens qui reçoivent en se donnant : il n’existe pas de lieux particuliers pour faire du bien aux autres et on ne sait pas tout le bien qu’on fait quand on fait du bien.

Ma dernière pensée ce matin va vers les gens fatigués qui n’ont pas la possibilité de prendre des vacances et à tous ces oubliés de l’été : les mis en croix à l’hôpital, les abandonnés de la solitude urbaine, les coeurs brulés par l’épreuve. À la manière de Jésus, demeurons émus de compassion pour ces gens qui cherchent un sens à leurs souffrances et pour qui parfois une simple attention particulière de notre part devient un baume de réconfort et de courage.