Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
La foule s’était aperçue que Jésus n’était pas au bord du lac, ni ses disciples non plus. Alors les gens prirent les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus. L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent: «Rabbi, quand es-tu arrivé ici?»
Jésus leur répondit: «Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés. Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu le Père, a marqué de son empreinte.» Ils lui dirent alors: «Que faut-il faire pour travailler aux oeuvres de Dieu?» Jésus leur répondit: «L’oeuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé.»
Ils lui dirent alors: «Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire? Quelle oeuvre vas-tu faire? Au désert, nos pères ont mangé la manne; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel.» Jésus leur répondit : «Amen, amen, je vous le dis: ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde.» Ils lui dirent alors: «Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours.»
Jésus leur répondit: «Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif.»

Jésus a multiplié les pains, il a marché sur les eaux puis il a
apaisé la tempête et on lui demande un signe pour attester
qu’il est vraiment le fils de Dieu.
Faut-il toujours vivre avec
des signes pour avancer dans la foi?
Si oui, notre foi
demeurera toujours anémique, car la foi consiste à continuer
d’avancer même si tout nous semble être obscur. La foi est
un chemin de confiance et d’abandon à la volonté de Dieu
en sachant comme une certitude que Dieu fait toujours audelà
de tout ce que nous pouvons imaginer (Éphésiens 3 :
20)
La question d’aujourd’hui me semble être :
« Que faut-il
faire pour travailler à l’oeuvre de Dieu? » Je réponds avec
l’histoire du saint qui ignorait qu’il était saint. Dieu trouve
que cet homme mène une vie exemplaire : il lui envoie un
ange pour exaucer son voeu le plus cher. L’homme répond :
« Je ne désire rien, je suis déjà heureux ». Devant l’insistance
de l’ange, il finit par dire : « Mon voeu serait qu’il se fasse
beaucoup de bien autour de moi sans que jamais je n’en
prenne conscience ». Ainsi en fut-il et « Dieu vit que cela
était bon ».
Sa sainteté reposait sur :
1- La bienveillance dans ses paroles : il excusait toujours
les gens au lieu de les accuser. Il n’avait jamais de
paroles désagréables à entendre : absence complète de
plaintes et de critiques. Profond respect pour chaque
personne.
2- Le regard d’admiration qu’il portait sur les autres et les évènements : il savait toujours trouver le beau côté de chaque chose.
3- Le fait d’exiger peu pour lui-même par rapport à tout ce qu’il donnait de sa personne pour le bonheur des autres : il était toujours prêt à rendre service et lorsque quelqu’un semblait mal pris, il était toujours le premier arrivé pour l’aider.
4- Son sens de l’humour, sa joie de vivre et sa bonne
humeur constante, le rendait toujours agréable à
fréquenter.
Cette sainteté du quotidien est notre meilleure façon de travailler à l’oeuvre de Dieu et elle demeure le défi de chaque baptisé que nous sommes. Mais tout ceci n’est pas naturel : ça vient par la prière et par le témoignage des gens qui nous entourent, par le témoignage de ces gens qui n’ont pas besoin de parler pour dire Dieu tellement leur agir est limpide et inspirant.
« L’oeuvre de Dieu, c’est que vous croyez » nous dit le Christ aujourd’hui… ce qui veut dire : ne pas chercher des signes, mais devenir nous-mêmes un signe authentique de l’oeuvre de Dieu vécu au jour le jour pour le plus grand bonheur de tous ceux qui nous entourent.