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Réflexion sur l'évangile du 19e dimanche ordinaire, B

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Jean 6, 41-51


Comme Jésus avait dit: «Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel», les Juifs récriminaient contre lui : «Cet homme-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors, comment peut-il dire: <Je suis descendu du ciel>?»

Jésus reprit la parole: «Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes: Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Tout homme qui écoute les enseignements du Père vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu: celui-là seul a vu le Père.

 «Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi a la vie éternelle. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts; mais ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas.

«Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai; c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie.»

 

19e dimanche ordinaire - B

photo de Gilles Baril


Ne pas chercher que son intérêt personnel

 Pour bien saisir cette page d’évangile, il faut la situer dans son ensemble : après la multiplication des pains, Jésus fait un discours sur le pain de vie et il connaît l’abandon des gens qui ne cherchaient que leurs intérêts personnels. Je crois que plusieurs de ceux qui le quittent prennent conscience de leur obligation de s’investir pour la construction du royaume de Dieu et qu’ils refusent simplement de se donner… car se donner comporte le risque d’être incompris, jugé et peut-être condamné comme c’est le cas de Jésus lui-même.

Jésus fait référence à la manne donnée généreusement par Dieu chaque matin durant la traversée du désert par le peuple hébreu : « ils en ont mangé et ils sont morts ». Rappelons que les Hébreux se plaignaient constamment et ils critiquaient sur tout : ils ont idéalisé leur passé, de sorte qu’ils regrettent leurs « oignons d’Égypte ». Ils ont oublié leur condition d’esclavage. « Ils sont morts » : c’est-à-dire : ils sont sans idéal, sans motivations intérieures, sans espérance d’avenir.

Élie lève toi mangeSouvent devant un défunt exposé au salon funéraire, j’entends : « Et qu’il a l’air naturel ». Comme si c’était naturel d’être mort. Quand j’entends ça, je me demande toujours s’il y avait vraiment Vie avant qu’il meure?... Parce que nous aussi, on critique, on se plaint, on porte des préjugés, on idéalise le passé et en plus, on essaie parfois de façon subtile de tout contrôler pour que tout se passe selon notre vision réduite des évènements.

La foi consiste à ne pas essayer de tout comprendre avant d’agir

La page d’évangile d’aujourd’hui nous enseigne que la foi consiste à ne pas essayer de tout comprendre avant d’agir, à continuer d’avancer sur les chemins du mystère de Dieu même avec l’impression que je ne vis plus rien de passionnant. Habituellement, c’est quand nous avons perdu le contrôle que Dieu est le plus efficace pour nous faire grandir : « ils sont instruits par Dieu lui-même ». L’attitude à développer consiste à s’arrêter pour écouter, car écouter, c’est comprendre, comprendre c’est respecter et respecter, c’est commencé à aimer et seul l’Amour donne la force et l’audace du don de sa personne.

Dieu en la personne de Jésus se donne pour que nous ayons le courage de nous donner à notre tour. Et je crois que des personnes données généreusement pour la cause de Dieu sont les témoins dont notre monde a le plus besoin de nos jours. On dit parfois : « Y en mange de son métier » ou « Y a ça dans la peau ». Est-ce qu’on a Dieu dans la peau? Même au risque de devenir moins populaire, comme Jésus.
Une force en ce sens que le Christ nous propose est l’eucharistie où nous sommes invités à prendre conscience que le Christ vit en nous et par conséquent que nous vivons en lui… pour la gloire de Dieu et le salut du monde afin que notre joie soit complète.

Je conclus avec cette belle prière de Georges Madore :


J’ai faim, Seigneur.
J’ai faim d’amour et je me nourris de téléromans.
J’ai faim d’être reconnu, et je me nourris de bravos vides.
J’ai faim de vivre, et je me nourris d’énervement.
J’ai faim de Toi, et je nourris mon moi.


Révèle-toi à moi, Seigneur Jésus.
Mille et mille fois,
Souffle en moi ta parole.
Mille et mille fois, redis-la-moi,
Comme un vent patient
Qui vient à bout du brouillard.


Révèle-toi à moi, Seigneur Jésus,
Afin que je quitte ces margelles sans puits,
Que je me détourne des nourritures qui ne nourrissent pas.
»


Révèle-toi à moi, Seigneur Jésus.
Sois ma route et le pain qui me soutient.
Sois ma vie et le pain qui me nourrit.
Sois ma joie et le pain que je partage.