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Réflexion sur l'évangile du 21e dimanche ordinaire, B

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Jean 6, 60 - 69

Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm: «Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle.» Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s’écrièrent: «Ce qu’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter!»

Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit: «Cela vous heurte? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant?... C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas.»

Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait.
Il ajouta: «Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père.»

À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en allèrent et cessèrent de marcher avec lui. Alors Jésus dit aux Douze: «Voulez-vous partir, vous aussi?» Simon-Pierre lui répondit: «Seigneur, vers qui pourrions-nous aller? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu.»

 

21e dimanche ordinaire - B

photo de Gilles Baril


La foi ou le langage des mots

 

Nous nous situons aujourd’hui à un carrefour de notre aventure chrétienne. Il y a d’un côté le peuple qui abandonne le Christ en reconnaissant qu’il ne comble plus leur attente et il y a les disciples qui reconnaissent par la bouche de Pierre qui est vraiment Jésus, quelle est sa mission.

Cet évangile marque une fin et un commencement :

Pour Jésus : fin d’une démarche de révélation de lui-même.

Pour les disciples : le commencement de la vraie foi ou la fin d’une foi imparfaite.

Foi imparfaite qui reconnaît la Puissance de Jésus et qui veut en tirer son profit personnel.

Foi parfaite qui consiste à s’engager au risque même de sa vie.

Croire ne consiste pas à faire un raisonnement logique, clair et précis, ce n’est pas comprendre une vérité ni adhérer à des évidences.

painCroire, c’est risquer, c’est s’engager.

Croire, c’est être attiré par une personne (le Christ) et son message.

Croire ne s’explique pas, ne se comprend pas toujours : ça se vit.

Croire qu’on peut arriver au bout de son chemin lorsqu’on a toutes les raisons de désespérer.

Professer sa foi ne donne pas la certitude qu’il n’y aura jamais de zones grises dans notre vie… il faut vivre dans la foi surtout dans les périodes d’épreuves et de souffrances. Jésus a connu des périodes de souffrances, d’abandon et de remise en question, mais il n’a jamais faibli face à son Projet de salut pour l’humanité. Il est vrai que c’était le Fils de Dieu. Les apôtres ont connu des épreuves, le crucifiement de leur mentor et des souffrances allant jusqu’au martyr. Mais c’étaient les apôtres.

Par la suite, de génération en génération jusqu’à aujourd’hui, quantité d’hommes et de femmes de tous âges ont vécu de multiples dépassements nourris par leur foi : des enfants, des vieillards, des jeunes parents auraient pu souhaiter une vie longue et heureuse, une vieillesse sereine entourée de leurs familles… mais ils ont donné leurs vies à cause du Ressuscité.

C’est là que je suis impressionné : c’étaient des gens comme vous et moi. Et nous : on ne risque pas le martyr, notre qualité de vie n’est pas menacée : comment ne pas nous engager sur cette avenue que tant de marcheurs ont aplanie avant nous? Dieu nous laisse libres de croire ou de ne pas croire, de nous engager ou de ne pas nous engager.

Voulez-vous servir le Seigneur?
Voulez-vous partir vous aussi?

Dans la 1ère lecture, Josué demande : « Voulez-vous servir le Seigneur? » Ça rejoint Jésus dans l’évangile : « Voulez-vous partir vous aussi? » Notre présence ici est déjà une réponse à ces questions, mais rappelons-nous aussi que la foi est un engagement qui se solidifie par la solidarité communautaire. On a besoin du témoignage les uns des autres comme de celui des générations qui nous ont précédées.

Vivre sa foi : c’est ne pas utiliser l’Évangile pour répondre à ses questions, mais c’est plutôt abandonner toutes ses questions et leurs réponses entre les mains de Dieu pour prendre gratuitement le chemin de l’Évangile.

C’est découvrir alors que si Jésus est le chemin vers Dieu, c’est d’abord parce qu’il est le chemin vers le genre humain. Un maître spirituel disait : « J’ai voulu présenter Dieu aux hommes, ils ne m’ont pas écouté. J’ai alors décidé de présenter chaque humain à Dieu et Lui s’est toujours avéré intéressé par chaque personne ».

Avoir la foi consiste au départ simplement à savoir comme une certitude que chacun de nos noms est inscrit dans le coeur de Dieu. Et que Dieu s’intéresse à nous non pas en vertu de nos performances ou de nos retours vers lui après un égarement, mais simplement parce qu’il nous aime d’un amour inconditionnel. Avoir la foi, c’est savoir que je suis personnellement aimé de Dieu.