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Témoignage de la semaine

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(Mt 5, 15-16)

 

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Pape Jean-Paul II 1990"Voilà votre rôle dans l'Église: créer des noyaux de croyants qui portent le message du salut de tous côtés, en faisant valoir le poids de votre opinion non pas par l'imposition mais par la force de votre témoignage".

Jean-Paul ii, Ultreya d'Italie en 1990

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Montrez les saints!

Montrez les saints!

Stéphane Laporte

 

 

Vous trouvez qu'on parle trop de la canonisation du frère André? Moi, je trouve qu'on n'en parle pas assez.

Stéphane Laporte (*)

Petit, quand on me demandait ce que je voulais être plus tard, je répondais: un saint. C'était ma plus grande ambition. Être tout le temps gentil. Être tout le temps fin. Être tout le temps bon. Comme saint François d'Assise. Aider mes frères, mes soeurs et les petits oiseaux. Ne jamais être égoïste. Toujours penser aux autres. Il ne pouvait pas y avoir de plus beau destin. Surtout que je savais que ça ferait tellement plaisir à ma mère d'avoir un enfant saint.

J'avais hâte d'avoir mon auréole. C'est tellement avantageux pour le teint. Ce follow spot, ce projecteur qui vous éclaire en permanence. Les saints sont les premières stars de l'histoire.

Bien sûr, je savais que je ne deviendrais pas saint seulement en partageant mes cartes de hockey avec mon frère et en ne faisant pas fâcher ma soeur. Il me fallait faire un miracle. J'ai donc commencé à m'exercer sur moi même. Ça tombait bien, j'avais une infirmité aux jambes.

Le matin, à mon réveil, je fermais les yeux très fort et je touchais mes jambes en murmurant: «Lève-toi et marche!» Je me levais. Je marchais. Mais toujours croche. J'ai essayé durant une semaine avant de me décourager. Je me suis dit que, probablement, les pouvoirs de guérison des saints ne fonctionnent pas sur leur propre personne. Après tout, un chirurgien ne s'opère pas lui-même. J'ai donc essayé de guérir mes camarades de classe. J'ai réussi à enlever le hoquet au grand Benoît. Mais je n'ai pas réussi à faire arrêter de saigner du nez le petit Mario. La multiplication des tartines de Nutella fut un échec aussi.

Bref, mon dossier pour le Vatican n'était pas très épais. Puis, je me suis mis à grandir. Les saints de la Bible ont laissé place aux seins du Playboy. J'avais soudainement plus envie de plaire aux filles qu'à ma maman. Et comme les filles préfèrent les mauvais garçons, il a bien fallu que je me force pour avoir des défauts (!). Et ainsi perdre toutes mes chances d'être canonisé.

Pour être franc, il n'y a pas que les filles qui préfèrent les mauvais garçons. La société en général préfère les cyniques, les caustiques, les durs, les malins, les méchants. On associe les gentils aux niais. Être fin, être bon, c'est plate. Tellement que les modèles de bonté sont complètement évacués. Les enfants veulent être Lady Gaga ou Chris Brown. Et malheureusement, ils y parviennent.

Voilà pourquoi, ça fait du bien que le frère André fasse les manchettes. Ce n'est pas une question de religion, c'est une question d'être humain. Je ne sais pas si le frère André a réussi plus de miracles que moi. Mais une chose est sûre: c'était un homme plus à l'écoute des autres que la plupart d'entre nous. Et c'est pour ça qu'il est un exemple.

Des frères André, dans notre ville, dans notre pays, dans notre monde, il doit y en avoir quand même quelques-uns, mais on ne les connaît pas. On ne les valorise pas. On en parle un peu dans le temps des Fêtes. On présente un reportage sur untel qui s'occupe des pauvres ou sur une autre qui a consacré sa vie aux malades. Ça dure trois minutes. Et on passe à autre chose. Et on revient à ceux dont on ne cesse de parler: les politiciens, les sportifs, les vedettes et les criminels.

C'est fou, quand on y pense... Les médias ont passé la semaine à nous raconter en détail les meurtres horribles d'un psychopathe. Si on passait autant de temps à raconter la dévotion d'une infirmière, d'une missionnaire ou d'un bon professeur, notre monde serait peut-être moins laid.

Marthe RobinLa canonisation du frère André, ce n'est pas le retour de la religion, c'est le retour du bon gars. Le frère André était snobé par les évêques et cardinaux parce qu'il était simple. C'est le petit peuple qui l'aimait. C'est le petit peuple qui a fait de lui un saint. L'Église, en mal de visibilité, n'a pas eu le choix de le reconnaître. Le petit peuple est plus grand qu'on pense.

Pendant que trop de gens vénèrent la richesse, la gloire et le pouvoir, il y en a encore qui savent que la seule richesse, c'est le coeur. Celui du frère André comme celui du voisin.

Il est plus que temps de montrer les saints qui nous entourent au quotidien. De diriger le projecteur sur les gens inspirants. Tant qu'on mettra l'accent sur les parvenus, les m'as-tu-vu, les maniaques, on aura un monde qui leur ressemble.

Je sais bien que les saints saints saints, les être parfaits, n'existent pas. Mais les êtres humains à qui il reste de l'humanité, il faut les remercier, il faut s'en inspirer.

Les personnes qui se consacrent aux autres n'ont pas besoin de faire des miracles pour être célébrées. Juste le fait qu'il y en ait encore, c'est le plus grand des miracles.

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(*) Collaboration spéciale La Presse. Texte paru dans le journal La Presse et sur Cyberpresse le 23 octobre 2010.