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Réflexion chrétienne sur l'Évangile de dimanche prochain

Réflexion sur l'évangile dominical par le Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada. Nous publions sa réflexion une semaine à l'avance pour aider ceux qui se préparent à témoigner sur cet évangile.

Dimanche de la Pentecôte - A

 


Actes 2, 1-11
Jn 20, 19-23

Quand arriva la Pentecôte, (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent: toute la maison où ils tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux. Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint: ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
Or, il y avait, séjournant à Jérusalem des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d’eux les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient: «Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d’Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l’Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous, nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu.»


Évangile - Jean 20, 19-23

C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit: «La paix soit avec vous!» Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau: «La paix soit avec vous! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.»
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit: «Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus.»

 

Dimanche de la Pentecôte - A

photo du Père Allard


" Envoie ton Esprit et renouvelle la face
de la terre"

 

Aujourd’hui, en cette grande fête de la Pentecôte, la liturgie nous propose deux récits qui décrivent la venue de l’Esprit : celui de S. Luc, dans les Actes des Apôtres, riche en couleurs, plein d’enthousiasme et de mouvement et le récit de S. Jean, dans son évangile, plus discret, qui nous présente le Christ derrière des portes closes, offrant sa paix et son souffle de vie.

 

Le contraste entre les deux récits est évident : tandis que les Actes des Apôtres évoquent le feu, le bruit, la chaleur, le récit de saint Jean est fait d’inspiration, d’intériorité et de discrétion. Dans les deux cas, l’Esprit se manifeste comme une force capable de nous recréer au plus profond de nous-mêmes. Ce sont deux manières différentes et complémentaires de parler de l’Esprit qui renouvelle le coeur humain et la face de la terre.

 

S. Jean et S. Luc mentionnent que la Pentecôte a lieu «le premier jour de la semaine». Ceux et celles qui lisaient ces textes connaissaient le langage biblique et savaient que ce premier jour célébrait la nouvelle création, le monde nouveau offert grâce à la venue de Jésus-Christ. Jean utilise le langage connu par les chrétiens de son temps pour exprimer cette renaissance : «Il répandit sur eux son souffle». Ceci rappelle le texte de la création d’Adam quand Dieu «insuffla une haleine de vie à l’homme qui devient un être vivant». (Genèse 2, 7)  Il fait aussi allusion au texte du prophète Ézéchiel dans le cimetière des os desséchés: «Viens des quatre vents, Esprit de Dieu, soufflé sur ces morts pour qu’ils vivent». (Ézéchiel 37, 6)

 

La Pentecôte, c’est la fête de la vie nouvelle, la fête de la deuxième chance. Les apôtres n’avaient pas tenu leurs promesses, ils avaient manqué de fidélité et d’amitié envers Jésus. Effrayés, Judas a trahi, Pierre a renié trois fois, tous ont pris la fuite. Ils avaient bien besoin d’être pardonnés, d’être renouvelés. S. Jean nous dit qu’ils étaient enfermés dans la maison et que toutes les portes étaient verrouillées. Ils étaient paralysés par la peur.  Ils se sentaient coincés et ne voyaient pas d’issue possible.

 

La Pentecôte, c'est la fête de la deuxième chance.

En cette fête de la Pentecôte, l’Esprit Saint leur dit qu’il existe une sortie, une issue possible, une perspective d’avenir. Le Christ vient avec sa paix, il souffle sur eux et leur donne la force de son Esprit. Les portes verrouillées s’ouvrent et un vent de fraîcheur les invite à sortir au grand air. Ils peuvent alors communiquer avec tous les humains de la terre. La Pentecôte, c’est l’envers de la Tour de Babel où les peuples étaient dispersés sans pouvoir se comprendre. Ici, ils sont réunis et chacun «déconcerté et émerveillé, comprend l’autre dans sa langue maternelle».

 

Notre printemps canadien est une merveilleuse image de ce que l’Esprit peut faire en nous. Ceux qui ne connaissent pas le climat rigoureux de nos hivers et qui viennent nous visiter en janvier, peuvent penser que la nature est morte et que rien ne pourra lui redonner la vie… mais il suffit d’un peu de soleil printanier, de chaleur du mois de mai pour que la vie éclate de nouveau avec une force extraordinaire. L’Esprit peut être notre propre printemps et faire revivre en nous ce qui semblait mort et desséché.

 

La fête de la Pentecôte offre à chacun de nous l’occasion de renouveler notre relation avec Dieu et avec les autres. C’est le temps d’un nouveau commencement : «Je vous enverrai mon Esprit et vous vivrez de nouveau».

 

L’Esprit nous invite à revivre, à nous développer, à grandir. Nous devons refuser d’être des hommes et des femmes bonsai, tout petits, rapetissés, ratatinés! Nous devons refuser d’être comme l’aigle de basse-cour d’Antony DeMello : Un fermier avait trouvé, tout en haut dans la montagne, un oeuf d’aigle. Il fit éclore l’aiglon dans son poulailler où le petit oiseau apprit à manger du grain, à voleter sur quelques mètres, à se jouquer pour dormir... Un jour il vit un grand oiseau qui planait majestueusement très haut dans le ciel. Il demanda à une poule plus âgée quel genre d’oiseau c’était. «Ah ça, c’est un aigle. C’est un drôle de phénomène. Il vole seul, très haut, pendant des heures et des heures. Il est tellement différent de nous. Il vaut mieux ne pas penser à ce genre d’énergumène! L’aiglon oublia le grand oiseau et continua à vivre comme les poules.

 

Nous, les chrétiens, sommes invités à voler plus haut, dans la pleine liberté des enfants de Dieu, à ne pas nous contenter d’une vie médiocre, au raz le sol!

 

En nous donnant son Esprit, le Christ ouvre les portes verrouillées de nos peurs et nous envoie dans notre milieu de vie où nous nous efforçons de créer un monde meilleur, un monde plus humain et plus fraternel.

 

Envoie ton Esprit et renouvelle la face de la terre (Psaume 104, 30)

Source des images: Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre.