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Réflexion chrétienne sur l'Évangile de dimanche prochain

Réflexion sur l'évangile dominical par le Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada. Nous publions sa réflexion une semaine à l'avance pour aider ceux qui se préparent à témoigner sur cet évangile.

D’où vient ma foi?





Lc 13, 22-30

Dans sa marche vers Jérusalem, Jésus passait par les villes et les villages en enseignant. Quelqu'un lui demanda: «Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés?»

Jésus leur dit: «Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant: <Seigneur, ouvre-nous>, il vous répondra: <Je ne sais pas d'où vous êtes.> Alors vous vous mettrez à dire: <Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.> Il vous répondra: <Je ne sais pas d'où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal.>

«Il y aura des pleurs et des grincements de dents quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Alors on viendra de l'orient et de l'occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu.

«Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers.»

 

21e dimanche ordinaire -C

photo du Père Allard


La porte étroite et la porte fermée

 

Dans l’évangile d’aujourd’hui, le Christ continue de nous présenter les exigences du Royaume de Dieu. Les gens voulaient savoir combien de personnes seraient sauvées. Jésus refuse de répondre à cette question et renvoie chacun à sa responsabilité personnelle. Dieu « veut que tous soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Tm 2, 4), mais la participation à la vie du Royaume dépend de nous. C’est nous qui, au cours de notre vie, choisissons d’entrer ou de rester à l’extérieur. 

porte étroite« Luttez pour entrer par la porte étroite », nous dit le Christ. Évitez de vivre une vie chrétienne incolore, inodore et insipide… il n’est pas suffisant d’être baptisé, de faire sa première communion, pour entrer dans la vie du Royaume. Les adversaires de Jésus s’imaginaient qu’ils pouvaient entrer simplement parce qu’ils étaient «fils ou fille d’Abraham», ou encore parce qu’ils avaient entendu Jésus prêcher, ou qu’ils avaient mangé avec lui… 

La porte est ouverte et l’entrée est libre. Il n’est pas besoin de payer de taxes spéciales, de donner des pots de vin. Cependant, la porte est étroite et, utilisant une image bien connue au Moyen Orient, « le chameau qui a trop de bagages ne peut la traverser ». 

Pour emprunter cette porte étroite, il faut mettre la parole de Dieu en pratique : « Soyez de ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique! (Jacques 1, 22) « Vous serez mes amis si vous faites ce que je vous commande » (Jean 15, 14) 

Matthieu dans son évangile nous dit que pendant notre vie, nous avons le choix entre deux routes... la route de la facilité et de l’égoïsme et la route étroite qui conduit à la vie. La route étroite est celle où nous aidons à notre voisin dans le besoin (parabole du bon samaritain), où nous ne jugeons pas les autres parce que le jugement ne nous appartient pas (« Que celui qui est sans péché lance la première pierre»), où nous pardonnons non pas sept fois, mais soixante-sept fois sept fois, où nous sommes conscients des souffrances des autres (« J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’était nu et vous m’avez vêtu, j’était malade et en prison et vous êtes venus me visiter… »). 

Nous savons très bien qu’il est difficile de parler d’engagement sérieux sans y mettre le prix… il n’y a pas d’amour véritable sans cette capacité de nous sacrifier pour les autres. Je pense aux parents qui ont un enfant handicapé dans la maison; à celui ou celle qui garde un père ou une mère âgée ou un membre de la famille qui souffre d’une maladie débilitante; au bénévole qui consacre des heures chaque semaine pour visiter les personnes seules; au jeune couple qui veut construire un amour solide et durable. Tout cela demande de l’abnégation, du don se soi et des sacrifices sans nombre. 

Le Christ est exigeant mais il donne un sens nouveau à notre vie. « Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance. » 

Ce qui caractérise notre société moderne est  la tendance à choisir ce qui est le plus facile. Cela malheureusement ne favorise pas toujours l’amour. Les exigences du Royaume de Dieu semblent sévères mais elles nous garantissent « une vie en abondance ». 

 

« Si aujourd’hui, devant le tribunal, on t’accusait d’être chrétien, est-ce qu’on trouverait suffisamment de preuves pour te condamner ? »

Le texte de ce matin parle d’abord de la porte étroite, mais il nous rappelle aussi que cette porte ne restera pas ouverte indéfiniment. À un certain moment, elle se fermera. Le salut est possible pour chacun de nous, mais il nous faut agir maintenant et nous engager aujourd’hui dans la construction du Royaume. « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur. » (Ps 95, 8) L'invitation à entrer est urgente, le temps presse, demain il sera trop tard... c'est dès aujourd'hui qu'il faut profiter du temps qui nous est donné. 

Au moment de croiser le seuil d’entrée, aucun titre, aucun mérite, ne pourra servir de mot de passe, aucune appartenance de race ou de société ne pourra acheter le portier... Une seule chose compte : notre manière de vivre aujourd'hui. 

Il faut ici revoir les étonnants tableaux et sculp­ures du Moyen Age, représentant le Jugement dernier: combien de nobles, de religieux, d'évêques et même de papes se retrouvent devant la porte fermée! 

Oui, un jour, pour moi aussi, le temps sera écoulé, «il sera trop tard». Combien de temps me reste-t-il? Il faudrait que nous vivions chaque jour, comme si c'était le dernier. 

Le Seigneur nous renvoie à nos responsabilités : c'est nous, dès maintenant, par notre manière de vivre, qui programmons, pour ainsi dire, le Jugement final. Aujourd’hui, le soleil s’est levé et Dieu nous offre une autre journée. Mais nous devons nous rappeler qu’un jour le soleil se lèvera pour la dernière fois sur notre petit monde terrestre. Lorsque ce jour arrivera, la porte se refermera. 

On n'entre  pas dans la vie de Dieu comme ça, sans s'en rendre compte pour ainsi dire. Il faut le vouloir. Il faut se battre pour y arriver : «Luttez pour entrer par la porte étroite ». Ce n'est pas l'appartenance à un groupe, à une race, à une famille, ni la pratique de quelques rites, qui peuvent nous donner une illusoire assurance... C'est l'engagement de tout notre être, de tous nos instants, à la suite de Jésus. 

Dans le vestibule d’une petite église italienne, on peut lire la réflexion suivante : « Si aujourd’hui, devant le tribunal, on t’accusait d’être chrétien, est-ce qu’on trouverait suffisamment de preuves pour te condamner ? »

Source des images: Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre.