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Prière
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Seigneur, apprends nous à prier

Commentaire de la semaine sur la prière

18p-ame

Icône amitié
L’âme de la prière

 

Par le Frère Roger-Marie, o.c.d.*

 

Ce qui me fera avancer sur le chemin de l’oraison est ce qui me fera avancer sur le chemin de la vie, à savoir : croire, espérer, aimer.

Il s’agit de rencontrer quelqu’un et, en premier lieu, de se laisser rencontrer par quelqu’un. Cette relation interpersonnelle ne se jouera pas simplement au niveau de la pensée. En réfléchissant sur un texte d’Écriture, si j’ai un esprit un peu habile, je peux enfiler quantité de considérations : cela ne veut pas dire que j’aurais rencontré le Seigneur. Il n’y a de rencontre entre des personnes qu’au niveau du cœur, au sens où Jésus emploie ce terme là, c’est-à-dire au niveau de la liberté de la personne. Il y a bien des manières de vivre la rencontre avec le Seigneur dans l’oraison, mais la flamme qui anime cette rencontre consiste toujours à croire, espérer et aimer.

1. Croire

Il s’agira toujours, quelle que soit la forme de la prière, de faire confiance à Dieu qui se dit à moi en Jésus-Christ, de croire en un Dieu toujours plus grand que ce que je ressens et ce que je comprends.

2. Aimer

Il s’agira d’aimer parce que toute rencontre d’amitié est une rencontre d’amour ; notons que si Thérèse d’Avila emploie le terme d’amitié, cela signifie qu’il y a échange. Il n’y a de communion que si je suis attentif à l’autre, soucieux de la joie de l’autre.

Cela ne veut pas dire que je ne recevrai pas de l’autre, mais comme le dit Thérèse d’Avila :

"Ne venez pas à l’oraison d’abord pour recevoir, mais d’abord pour donner,… pour tenir compagnie au Seigneur."

Cela facilite beaucoup les choses, parce que au moment où l’oraison devient difficile, ennuyeuse, je pourrai l’accepter par amour, pour demeurer tout simplement avec le Seigneur, gratuitement.

Pourquoi cet ennui ? Parce que notre regard est trop faible pour goûter la présence de Dieu. Pourtant, si notre cœur est tourné vers le Seigneur, nous pouvons lui donner de notre temps et lui offrir notre pauvreté, et notre ennui : "je n’ai que cela à Te donner, Seigneur, mais je viens Te le donner ! "

3. Espérer

Veiller dans l’Espérance : nous ne demandons pas dans l’oraison d’avoir tout de suite notre salaire. L’Espérance s’enracine dans la foi.

« Seigneur, je crois en tes promesses. Je te donne si peu de chose, la pauvreté de mon amour. Toi tu me donneras beaucoup, parce que c’est toi-même que Tu veux donner. »

Je crois et je veille dans l’Espérance. Celle-ci est inséparable de la veille ; elle est affrontement à la durée dans le temps, car rien de grand ne se fait dans l’immédiat. Du côté de l’homme les grandes choses supposent toujours la traversée du temps.

Les vrais pas de la vie sont des actes. Ces actes consistent dans l’oraison à croire en la Parole de Dieu, à faire confiance à Dieu qui est fidèle à ses promesses et à l’aimer dans l’instant présent.

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(* ) rédacteur des "Conseils du mois pour la prière", sur l'excellent site "Le Carmel en France"
Reproduit avec l'autorisation de l'auteur.

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Source de l'image: Partie centrale du vitrail "Notre-Dame de la Belle Verrière" de Chartres