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Prière
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Seigneur, apprends nous à prier

Commentaire de la semaine sur la prière

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mains ouvertes

Les mains ouvertes


par Henri J. M. Nouwen*

 

Nous en sommes venus à regarder la prière comme
quelque chose qui peut
toujours aller quand il n'y a
rien d'urgent à faire...

Dans une société où les situations urgentes paraissent se multiplier, la prière semble un comportement bien peu naturel. Sans en être bien conscients, nous avons accepté l'idée qu'il est plus important de "faire des choses" que de prier, et nous en somes venus à regarder la prière comme quelque chose qui peut toujours aller quand il n'y a rien d'urgent à faire...

Il nous faut nous concentrer et faire une effort parce que la prière n'est pas pour nous la façon la plus naturelle de réagir au monde. Laissés à nos propres impulsions, nous voudrons toujours faire autre chose avant que de prier. Souvent, ce que nous voulons faire semble tellement bien --- mettre sur pied un programme d'enseignement religieux, visiter les malades, préparer la liturgie, travailler avec les détenus ou les malades psychiatriques --- qu'il est difficile de comprendre que même ces excellentes choses peuvent être faites avec impatience et refléter ainsi nos propres besoins plutôt que la compassion de Dieu.

C'est pourquoi la prière est, à bien des égards, le critère de la vie chrétienne. La prière exige que nous nous tenions en présence de Dieu, les mains ouvertes, nus et vulnérables, pour dire haut et clair à nous-mêmes et aux autres que sans Dieu nous ne pouvons rien faire. Difficile à faire dans un contexte où le conseil qui prévaut est: "Fais de ton mieux, et Dieu prendra soin du reste." Quand on divise la vie entre "notre mieux" et "le reste" qui revient à Dieu, la prière devient un dernier recours, un expédient qu'on n'utilise que lorsqu'on est soi-même à bout de ressources. Alors le Seigneur lui-même est victime de notre impatience.

Le disciple c'est celui
qui reconnaît qu'il ne peut
rien faire du tout,
mais que Dieu peut tout faire
en se servant de nous.

Le disciple n'est pas celui qui utilise Dieu quand il n'est plus capable de faire le travail. Au contraire, c'est celui qui reconnaît qu'il ne peut rien faire du tout, mais que Dieu peut tout faire en se servant de nous. Comme disciples, ce n'est pas une partie de notre force que nous puisons en Dieu, mais toute notre force, toute notre espérance, tout notre courage et toute notre confiance. La prière doit donc être notre premier souci.

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"Je viens vers toi les mains ouvertes" (Jean-Claude Gianadda)**

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*Extrait de "Compassion", cité dans "La seule chose nécessaire : vivre une vie priante", Ed. Bellarmin, 2001, p. 111.
*Le chant de J.-C. Gianadda "Je viens vers toi les mains ouvertes" provient de YouTube

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Source de l'image: Partie centrale du vitrail "Notre-Dame de la Belle Verrière" de Chartres