Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins.
Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis.
Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. »
Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit.
Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel.
Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie.
Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

Un jour un grand-père décide d’initier son petit-fils à la manipulation d’un cerf-volant dans le ciel. Ce dernier laisse le cerf-volant aller tellement haut que le grand-père (avec sa vision réduite) ne réussit pas à la voir à travers les nuages. Il dit : « Tu dois l’avoir perdu, je ne le vois pas ». Le petit fils lui dit : « Non, non je suis sûr qu’il est encore là ». Quelques minutes plus tard, le grand-père manifeste encore son doute. Et le petit-fils lui répond avec un ton d’évidence : « Il est encore là parce qu’il tire sur la corde. » Voilà comment j’illustre l’Ascension : Dieu nous tire en avant ». Il est le Maître de l’impossible (Éphésiens 3 : 20) et le Dieu des dépassements.
Ayant déjà écouté un alpiniste nous raconter son expérience de vie, j’ai compris que pour éviter le vertige, ça prend deux pré requis : d’abord toujours regarder vers le sommet qui est le but à atteindre et ensuite savoir faire confiance aux gens avec qui on fait équipe. L’Ascension nous enseigne la même chose. Toujours regarder Dieu qui nous invite à faire de nos vies des montées continuelles de sommet en sommet et savoir que ceci n’est possible qu’à la condition de faire preuve de solidarité avec nos frères et soeurs chrétiens.
Pour des gens, la vie est un cercle parsemé de joies, de luttes, de défis et d’embûches. Tout est écrit d’avance et tout est un éternel recommencement. Jésus nous enseigne que la vie est une montée continuelle vers le Père. L’Église restera toujours un chantier de construction et chacun(e) doit y apporter sa contribution personnelle.
Écoutez encore cette page de vie :

Un jour, un évêque visite une église en construction. Il en profite pour saluer les ouvriers tout en leur demandant où ils oeuvrent dans ce chantier. Un premier lui explique : « Je suis plombier et je pose les tuyaux pour les salles de toilettes au sous-sol ». Un autre lui dit : « Je suis menuisier et je travaille à la finition des murs du choeur de l’église. » Un autre dit encore : « Je suis électricien et je suis occupé à installer le système de lumière de la sacristie. »
Chacun décrivait son travail… Finalement un ouvrier lui dit : « Moi, je travaille à bâtir l’église. Je n’ai aucune profession en particulier, mais je facilite le travail de chacun en faisant les différentes commissions de chaque personne. Si le menuisier manque de clous, je vais lui en chercher. Si l’électricien manque de filage, je lui en trouver… Ainsi personne ne perd son temps. »
Voilà ce défi de toutes personnes baptisées : bâtir l’Église. Travailler avec l’ensemble du peuple de Dieu dans le respect de nos différences pour faire fructifier toutes les richesses de notre baptême. Plus nous serons proches les uns des autres, plus nous inciterons d’autres personnes à trouver leur joie de vivre auprès de nous. C’est ça « faire l’Église ».
Je note encore que la plupart des ouvriers disaient : « Je sais que je bâtis une église. J’en suis fier, j’y mets le meilleur de mes connaissances. J’en profite pour faire de mon travail une prière ». Voilà une autre dimension qui m’apparaît essentielle pour que toute vocation soit garantie de bonheur; toute vocation naît et se fortifie dans la prière.
Tous ceux et celles qui n’ont voulu donner qu’aux autres ont fini par s’essouffler et ils ont abandonné. Ceux et celles qui donnent à Dieu deviennent témoins de ce qui va au-delà du visible. Ils finissent par comprendre que le véritable défi de l’Évangile, c’est devenir nous-mêmes « nourriture » pour les autres.
Être nourriture pour les autres, c’est aussi une question de dynamisme intérieur. Un grand nombre de croyants ont en eux la vie de Dieu, mais ils ne sont pas vivants. Ils font tout ce qu’ils ont à faire, ils ne pèchent pas mortellement, n’ont presque rien à dire au confessionnal. Mais le Christ ressuscité en eux ne leur procure aucune joie. La résurrection de Jésus ne les dérange pas. Ils cherchent toutes sortes d’idées nouvelles pour les exciter. Ils ont la vie, mais ne vivent pas. L’ennemi de la vie n’est pas la douleur ni même la mort, l’ennemi de la vie est l’ennui. Pour les jeunes, l’ennui n’a aucun attrait, ils attendent de voir des chrétiens transformés, rayonnants pour prendre au sérieux l’appel qui murmure en leur coeur.
Soyons heureux de croire en Jésus-Ressuscité. C’est notre dynamisme et notre joie communautaire qui feront en sorte que les gens autour de nous répondront aux différents appels que Dieu sème en eux. Devenons des éveilleurs de la beauté de Dieu.
« Ne restez pas là à regarder le ciel »
Source des photos: Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre.;www.productionmyarts.com/blog/jour-de-la-terre , Blog My Arts;