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Réflexion chrétienne sur l'Évangile de dimanche prochain

Réflexion sur l'évangile dominical par le Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada. Nous publions sa réflexion une semaine à l'avance pour aider ceux qui se préparent à témoigner sur cet évangile.




 



Lc 10,1-12.17-20

Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller. Il leur dit: «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. 

«Allez! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route. Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord: <Paix à cette maison.> S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. 

«Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants: «Le règne de Dieu est tout proche de vous.» 

«Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, sortez sur les places et dites: <Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant sachez-le: le règne de Dieu est tout proche.> Je vous le déclare: au jour du Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville.» 

Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient: «Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom.» Jésus leur dit: «Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Vous, je vous ai donné pouvoir d’écraser serpents et scorpions et pouvoir sur toute la puissance de l’Ennemi; et rien ne pourra vous faire du mal. Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux.»

14e dimanche ordinaire - C

photo du Père Allard


"Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux"

 

Avec l’envoi en mission des 72 disciples, Jésus explique notre responsabilité de chrétiens. Souvent nous pensons que l’annonce de la bonne nouvelle est le travail des prêtres et des agents de pastorale. Aujourd’hui Jésus nous dit que chacun  de nous a la responsabilité d’annoncer le royaume de Dieu… 

Nous ne sommes pas envoyés pour convertir, pour faire du prosélytisme, mais pour montrer aux gens que nous les aimons, que nous leur voulons du bien, que nous désirons leur apporter la paix …

Marc, Luc et Matthieu ont retenu dans leur évangile la mission des Douze pendant le ministère de Jésus. Luc est le seul qui rapporte la mission des 72. Dans l’esprit de Jésus et dans l’esprit des évangélistes, tous les disciples du Christ doivent annoncer la bonne nouvelle. Mais ils doivent l’annoncer beaucoup plus par leur mode de vie que par leur prédication. Nous devons transmettre le message dans nos familles, dans notre lieu de travail, dans le monde de l’économie, de la politique, de la culture. 

Il n’est pas facile d’agir chrétiennement dans un monde matérialiste où beaucoup de gens vivent comme si Dieu n’existait pas. Nous comprenons alors les paroles du Christ : «La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux». Les chrétiens des premières générations ont dû faire face à ce même problème, eux qui formaient une toute petite communauté au milieu d’une mer de paganisme, de superstition et de fatalisme. 

Lorsque le Christ envoie ses disciples, il ne dit pratiquement rien du message à transmettre, mais il leur rappelle comment ils doivent se comporter. Il ne leur donne aucune consigne d'ordre "doctrinal". Il ne parle pas du contenu de la foi mais des comportements concrets des messagers : leur habillement, leurs bagages, leur manière d'entrer en relation. Ces consignes sont aussi valables pour nous aujourd’hui qu’elles l’étaient au temps du Christ. 

Tout d’abord, nous devons avoir une attitude de paix. «Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups… Dites d’abord paix à cette maison.» 

Nous ne sommes pas envoyés pour convertir, pour faire du prosélytisme, mais pour montrer aux gens que nous les aimons, que nous leur voulons du bien, que nous désirons leur apporter la paix … Et Dieu fera le reste.  Nous allons vers les autres avec une mentalité d’agneau et non de loup. Nous devons savoir aimer, sans être agressif. «On saura que vous êtes mes disciples si vous vous aimez les uns les autres.» Ce que nous apportons c’est la paix et non une doctrine ou des dogmes. Notre pauvre monde a bien besoin de paix, non pas la paix des armes, mais la paix de Dieu. 

PaixCe n’est que dans la paix que nous pourrons nous rencontrer, nous apprécier, nous enrichir mutuellement et entrer en Alliance avec Dieu. Le contraire de la paix - les situations de tension, de méfiance, de lutte, de compétition, d'exclusions, d'isolement et d'indifférence - conduisent à la violence et aux conflits de toutes sortes. 

Nous sommes donc envoyés pour apporter la paix et le Christ ajoute : «Mangez ce qu’on vous offre et guérissez les malades». Être chrétiens c’est d’abord partager la vie des gens autour de nous. Ces questions alimentaires nous semblent bien secondaires aujourd’hui, mais on connaît les interdits « casher » des juifs. Ces paroles de Jésus résonnent comme une grande libération et une invitation à nous adapter au genre de vie de ceux et celles qui nous reçoivent. Mangez comme eux, ne laissez pas les différences culturelles interférer avec l’amour que vous avez pour les gens. 

Une fois bien insérés dans la vie des gens, le Christ nous invite à guérir les malades, être proches de ceux et celles qui souffrent, accompagner ceux et celles qui vivent dans la solitude. Il s’agit d’une Bonne Nouvelle en action dont le but est de faire reculer le mal, soulager, guérir... Le christianisme n’est pas une religion de vœux pieux, mais une religion d’entraide, de fraternité, de partage. 

Enfin, le Christ nous rappelle que nous sommes envoyés en mission, non pas pour avoir du succès, mais parce que nous sommes aimés de Dieu : «Réjouissez-vous, parce que votre nom est inscrit dans les cieux». 

Lorsque nous nous réunissons pour célébrer l’eucharistie, nous rencontrons le Seigneur qui nous donne sa paix, qui nous donne sa force. Et nous retournons dans nos familles pour préparer, par notre manière de vivre, la venue du Seigneur auprès des enfants, des petits enfants, auprès de ceux et celles avec qui nous entrons en contact même si ceux-ci ne s’intéressent pas à la présence de Dieu dans leur vie… 

Notre mission est de préparer la venue du Seigneur par notre façon de vivre… et Dieu fera le reste.