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Réflexion chrétienne sur l'Évangile de dimanche prochain

Réflexion sur l'évangile dominical par le Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada. Nous publions sa réflexion une semaine à l'avance pour aider ceux qui se préparent à témoigner sur cet évangile.




 


Mt 11,2-11

Jean le Baptiste, dans sa prison, avait appris ce que faisait le Christ. Il lui envoya demander par ses disciples: «Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?» Jésus leur répondit: «Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez: Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi!»

Tandis que les envoyés de Jean se retiraient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean: «Qu'êtes-vous allés voir au désert? un roseau agité par le vent?... Alors, qu'êtes-vous donc allés voir? un homme aux vêtements luxueux? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. «Qu'êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, je vous le dis, et bien plus qu'un prophète. C'est de lui qu'il est écrit: Voici que j'envoie mon messager en avant de toi, pour qu'il prépare le chemin devant toi. Amen, je vous le dis: Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui.»

Troisième dimanche de l'Avent - A

photo du Père Allard


"Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?"

 

Dans le texte de l’évangile, Jean Baptiste hésite, il est troublé. Se serait-il trompé? Il croyait que le Messie viendrait comme un juge strict et impartial pour punir et récompenser. Et voilà que Jésus visite les publicains et les pécheurs, il guérit les malades, proclame «bienheureux» les gens doux et ceux et celles qui savent faire la paix. Il dit qu’il ne faut pas juger les autres et qu’il faut aimer ses ennemis. Jean commence à avoir des doutes sérieux sur l’identité de Jésus : «Es-tu vraiment celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre

«Jésus répond aux envoyés : allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvre. Heureux celui qui ne se scandalisera pas à cause de moi.»

En citant délibérément ces textes, plutôt que d'autres, Jésus indique quel genre de Messie il a choisi d'être. Dieu ne se manifeste pas par des gestes de vengeance et de triomphe, mais par des actes de bonté envers les défavorisés et les souffrants, les aveugles, les boiteux, les lépreux, les sourds, les publicains et les pécheurs. Sachant que ce genre de messie ne correspond pas à l’attente des gens, le Christ ajoute : «heureux ceux et celles qui ne se scandaliseront pas, qui ne trébucheront pas à cause de moi».

Le Dieu de Jésus-Christ, ne se manifeste pas par des gestes de triomphe et de vengeance, mais par des gestes de compassion et d’amour.

Le texte d’Isaïe, dans la première lecture, correspond au texte de l’évangile lorsqu’il dit : «Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s'affolent : «Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu… Il vient lui-même pour vous sauver.» Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie.» (Isaïe 35, 3-4)

Dans la synagogue de Nazareth, le Seigneur utilisera un autre texte d’Isaïe pour nous proposer cette image du Messie-Sauveur : «L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur.» (Luc 4, 18-19)

Cette description rappelle la vision de S. Jean dans l’Apocalypse: «J’ai entendu une voix venant du trône disant: Voici la demeure de Dieu parmi les hommes. Il aura sa demeure avec eux; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n’y en aura plus; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé. » (Apocalypse 21, 3‑4).

Jésus apporte la paix et affirme que le salut du monde avance chaque fois que le mal recule quelque part. Dieu est à l'oeuvre lorsqu’un geste de bonté est posé envers les souffrants, les défavorisés, les pauvres, les rejetés de nos sociétés. Le Dieu de Jésus-Christ, ne se manifeste pas par des gestes de triomphe et de vengeance, mais par des gestes de compassion et d’amour.


lavement des piedsL’évangélisation doit prendre sa source, non pas de nos propres idées, mais dans les idées de Dieu que nous retrouvons dans l’Évangile. Lorsque nous transmettons à la génération montante ce que nous savons de Jésus Christ, nous devons transmettre ce qui est écrit dans l’Évangile : notre Dieu est un Dieu de tendresse et de bonté qui ne fait peur à personne, un Dieu proche de nous, qui connaît nos joies, nos succès, nos problèmes, nos peines et nos souffrances et qui nous accompagne tout au long de notre vie.

Ce Messie «incarné», nous le retrouvons dans la crèche de Bethléem. Jésus, petit enfant fragile, est complètement dépendant de ses parents et des gens autour de lui. Les gens l’attendaient fort, puissant, victorieux… il entre dans notre monde en clandestin, un sans papier, un immigrant illégal. «Il n’y a pas de place pour lui dans la salle commune». Les premiers visiteurs sont de pauvres bergers, ceux qui étaient parmi les plus bas dans l’échelle sociale de son temps. Il mourra entre deux bandits, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche.

C’est là le genre de Messie et de sauveur que Dieu a choisi. C’est pourquoi Jean Baptiste a eu des doutes : «Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?»

Pendant ce temps des Fêtes, le Christ nous demande de le «reconnaître» dans l’humble crèche de Bethléem et, comme lui, de nous rapprocher de ceux et celles qui souffrent : les aveugles, les boiteux, les malades, les personnes seules et abandonnées.

Nous sommes invités à ouvrir nos horizons et nos cœurs, à ne pas penser seulement à nous et aux membres de notre famille avec nos cadeaux et nos invitations. Pendant cette période de joie, de partage et d’échange, il faut éduquer les enfants et les petits enfants non seulement à faire une liste de cadeaux à recevoir, mais aussi une liste de cadeaux à donner! Il y a tellement de besoins, de souffrances et de solitudes! Si chacun de nous fait un effort supplémentaire pour rejoindre certaines personnes qui ont besoin d’un peu d’amour et d’affection, Noël aura une véritable signification dans leur vie et dans la nôtre. Nous serons alors une «bonne nouvelle» dans notre monde d’aujourd’hui?

Le Christ est bien celui qui doit venir et nous n’avons pas à en attendre un autre. «Maranatha, viens Seigneur Jésus».