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Réflexion chrétienne sur l'Évangile de dimanche prochain

Réflexion sur l'évangile dominical par le Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada. Nous publions sa réflexion une semaine à l'avance pour aider ceux qui se préparent à témoigner sur cet évangile.




 



Lc 12, 13-21

Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus: «Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage.» Jésus lui répondit: «Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages?» Puis, s'adressant à la foule: «Gardez-vous bien de toute âpreté au gain; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses.» 

Et il leur dit cette parabole: «Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait: <Que vais-je faire? je ne sais pas où mettre ma récolte.> Puis il se dit: <Voici ce que je vais faire: je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Alors je me dirai à moi-même: Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence.> 

«Mais Dieu lui dit: <Tu es fou: cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura?> Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu.»

18e dimanche ordinaire - C

photo du Père Allard


"Il n'y a pas grand intérêt à être la personne la plus riche du cimetière"

 

Le fermier de la parabole d’aujourd’hui était tellement occupé à gagner de l’argent et à multiplier ses récoltes qu’il n’a jamais eu le temps “de s’enrichir en vue de Dieu”. 

Jésus n’accuse pas cet homme d’avoir du succès, de travailler fort pour améliorer sa condition de vie. Il le critique pour son égoïsme : Moi, moi, moi… Je vais faire ceci, je vais faire cela, je vais démolir mes granges, je vais rebâtir… mes récoltes, mes hangars, mon blé, ma personne! 

Cet homme qui croit tout avoir, se dit en lui-même: “Te voilà avec de grandes réserves. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence…”… Mais, Dieu lui dit : «Imbécile, cette nuit tu vas mourir! Et ton argent, qui l’aura?» 

Dans la vie, on ne peut tout avoir. Il faut faire des choix. S’il n’y a que l’argent qui nous intéresse, plein d’autres choses importantes risquent d’être négligées. Ce n’est pas une question de bien ou de mal mais une question de priorités. 

Il n’y a rien de mal à travailler sans relâche mais je n’aurai probablement plus le temps de me  consacrer à la famille et aux amis.

Il n’y a rien de mal à regarder la tv cinq ou six heures par jour mais il me restera peu de temps pour lire, pour parler avec les enfants et les amis, pour donner un coup de main à la paroisse.

Il n’y a rien de mal à jouer au golf tous les jours, mais je n’aurai probablement plus le temps de venir en aide à mes voisins malades.

En ouvrant notre coeur aux besoins des autres, c’est ainsi que nous devenons riches aux yeux de Dieu! 

Il n’y a rien de mal à dépenser plusieurs milliers de dollars en voyage chaque année, mais je n’aurai probablement plus d’argent à partager avec ceux qui sont dans le besoin.

Il n’y a rien de mal à réserver les week-ends au loisir et aux sports mais le «jour du Seigneur» n’aura peut-être plus sa place dans ma vie. Etc. 

Nous avons tous notre échelle de valeurs et, dans la vie, il faut savoir choisir. C’est sans doute la grande leçon de la parabole d’aujourd’hui: dans notre monde où nous avons tellement de possibilités et où la publicité nous offre toutes sortes d’expériences, où nous pouvons trouver une multitude de plaisirs et de points d’intérêts, où on nous invite à ne rien nous refuser, on peut facilement se dire : «Il n’y a rien de mal à jouir de la vie, à faire des achats extravagants, à voyager le plus possible. Il n’y a rien de mal... sauf qu’il faut aussi se poser la question: quoi d’autre est-ce que je pourrais faire!  

Dans le Confiteor on admettait « avoir péché en parole, en action et par omission! » Il y a dans nos vies des omissions irresponsables, des omissions dangereuses : oublier Dieu, omettre de voir le besoin des autres, vivre dans une médiocrité de consommation. 

Le Seigneur pourrait alors nous reprocher d’avoir négligé nos responsabilités chrétiennes : « J’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger, j’avais soif, j’étais nu, j’étais malade et en prison et vous n’êtes pas venus me visiter. 

C’est l’histoire du riche propriétaire et du pauvre Lazare. Le riche n’a rien fait de mal mais il n’a jamais vu le pauvre Lazare qui mourrait de faim à sa porte pendant que lui festoyait tous les jours. 

Jésus nous offre une façon sûre de ne pas gaspiller notre vie en vain: “devenir riche aux yeux de Dieu”. Ouvrir un compte dans la banque de Dieu, là où les voleurs ne peuvent entrer, là ou la bourse est toujours stable! Dans cette banque, on n’a pas besoin d’avoir peur d’un crash économique! 

Le Christ nous invite à ne pas agir en imbécile comme ce fermier imprudent qui s’identifie avec son or et son argent plutôt que de devenir un instrument de communion, de partage et d’entraide.  

«Imbécile, cette nuit même on te redemandera ta vie». Il est intéressant qu’en grec le mot « idiotes » (fou, imbécile) veuille dire « celui qui est seul ». 

Ce texte d’aujourd’hui peut être pour chacun de nous une occasion de réfléchir sur les priorités qui animent notre vie de tous les jours, une occasion de nous demander quel usage que nous faisons de notre argent, de nos talents, de nos temps de loisir… 

Le Christ nous rappelle que dans la vie, il y a une échelle de valeurs… tout n’est pas sur le même plan. Il  ne dit pas que l’argent est mauvais, mais il nous rappelle que l’argent comme les talents sont là pour être partagés. En ouvrant notre coeur aux besoins des autres, c’est ainsi que nous devenons riches aux yeux de Dieu! 

Notre société occidentale, avec sa publicité 24 heures sur 24, peut facilement devenir une industrie de rêves pour «riches insensés». 

Le Christ nous rappelle aujourd’hui que l'avenir comporte au moins un élément certain : notre mort. Tôt ou tard, il nous sera dit, à nous aussi : « Cette nuit même, on te redemandera ta vie. »