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Réflexion chrétienne sur l'Évangile de dimanche prochain

Réflexion sur l'évangile dominical par le Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada. Nous publions sa réflexion une semaine à l'avance pour aider ceux qui se préparent à témoigner sur cet évangile.




 

 

Mt 4, 12-23

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord du lac, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. 

Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe: Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée, toi le carrefour des païens: le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée. 

À partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer: «Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche.» 

Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac: c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit: «Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes.» Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent. 

Jésus, parcourant toute la Galilée, enseignait dans leurs synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

 

Troisième dimanche du Temps de l'Église - A

photo du Père Allard


Jésus quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm

 

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus vient séjourner à Capharnaüm en Galilée, dans le territoire de Zabulon et de Nephtali  et inaugure sa mission dans le monde.

La "Galilée" était une province où se côtoyaient des gens de nombreuses races et de nombreux groupes ethniques, un pays ouvert, une route de caravanes. Jésus décida d’habiter dans cette région du Nord, ouverte à toutes les influences plutôt qu’en Judée, en terre sacrée, ou à Jérusalem, la ville sainte. À Capharnaüm, trois routes romaines importantes se rencontraient. La route de la mer arrivait d’Égypte et, dans la ville, cette route très achalandée se divisait en deux, l’une se dirigeant vers Damas, en Syrie et l’autre vers Tyr et Sidon, sur le bord de la Méditerranée. C’était un carrefour international.

Aller vivre dans cette ville frontière, après 30 ans de vie tranquille à Nazareth, c’était un peu comme passer de nos petits villages des années ’50 aux grandes villes d’aujourd’hui offrant la nouveauté, la turbulence, le pluralisme et l’insécurité des années 2000.

Jésus et le centurionÀ Capharnaüm, Jésus commence sa prédication avec le même message que celui de Jean Baptiste : «Convertissez-vous» (Mt 3,2). Et quand Jésus aura été crucifié, Pierre à son tour reprendra ce même message (Actes 2,38). «Convertissez-vous!» Changez votre vision du monde.

Se convertir c’est accepter le projet de Dieu et offrir notre collaboration à cette nouvelle  vision.

Chacune de nos liturgies dominicales commence par une prière de conversion. Le rite pénitentiel n’est pas un geste ornemental, il est indispensable pour que la prière de la communauté soit celle du Christ. Sans conversion, nos liturgies seraient du folklore. La vie est un don que Dieu nous fait. Ce que nous faisons de notre vie est un don que nous faisons à Dieu.

Dieu a envoyé son Fils pour nous proposer une vision nouvelle, une espérance pleine d’avenir. Jésus sait que pour changer le monde, il faut que les gens changent leur vie. «Le Royaume de Dieu est tout proche» et chacun et chacune peut y accéder en se convertissant.

Il est vrai que notre monde est plein d’injustices, d’abus de pouvoir, de violence. Tous les jours les médias nous rappellent que souvent les systèmes judiciaires sont au service des riches et de ceux et celles qui détiennent le pouvoir; que la médecine est gérée par les compagnies pharmaceutiques; que les entreprises d’armements provoquent des guerres un peu partout dans le monde afin de tester leurs armes et de vendre leurs engins de violence et de mort…

Tout cela est le résultat de la faillite morale et spirituelle de notre monde hélas trop humain! Le péché des individus corrompt la société, car les problèmes viennent nécessairement des individus qui la composent. Jésus a vite compris cela, c’est pourquoi il nous invite à changer le monde autour de nous en nous changeant nous-mêmes : «Changez votre vie et croyez en la Bonne Nouvelle».

«Convertissez-vous!» Changez votre vision du monde.

Lorsque Jésus invite ses disciples à se convertir et à «venir à sa suite», il les "appelle" non pas dans le cadre d'une fête religieuse ou d'une activité spirituelle, mais au coeur de leur vie quotidienne, en plein travail professionnel! Lévi est à son banc de collecteur d’impôts, d’autres sont près de leurs filets de pêche. Jésus les rencontre dans le quotidien. Cet appel s’adresse aujourd’hui à chacun et à chacune d’entre nous dans notre vie de tous les jours.

La réponse à l’invitation de Jésus est liée au verbe «laisser». Ils laissent leurs filets, leur métier, leur famille, pour suivre le Christ. Il y a toujours une renonciation, un éloignement, un changement qui accompagne la conversion. Mais il ne s’agit pas de «laisser» pour laisser. Le disciple n’est pas quelqu’un qui renonce à quelque chose, c’est celui qui a trouvé quelqu’un. Il est invité à faire confiance, à établir une relation personnelle et vitale avec le Christ.

Travailler pour le Royaume de Dieu ne veut pas dire faire du prosélytisme et essayer de convertir les autres. C’est «accepter de se convertir soi-même». Notre société ne s'améliorera en profondeur que si nous changeons de direction, en nous rapprochant de ce que Dieu souhaite pour nous, dans notre famille, dans notre paroisse, dans notre métier.

Nous devons devenir les yeux, les mains et le coeur de Dieu dans notre monde. Ste. Thérèse d’Avila disait : «Le Christ n’a pas de corps ici-bas si ce n’est le nôtre. C’est à travers nos yeux que le Christ regarde le monde avec compassion, c’est à travers nos pieds qu’il va visiter ceux et celles qui sont dans le besoin, c’est à travers nos mains qu’il bénit et soulage ceux et celles qui souffrent.» «Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche».

Il y a toujours une renonciation, un éloignement, un changement qui accompagne la conversion.