La foi en action > Sur les pas de saint Paul
Chronique hebdomadaire sur le cheminement de Paul de Tarse, de sa naissance à sa mort, par le Père Yvon-Michel Allard, s.v.d.
1- Saint Paul, l'Apôtre des nations
6- Le pharisien de culture hébraïque
7- Citoyen de la ville de Tarse
9- Meurtre au nom de la religion
11- Rupture dans la vie de Paul
12- Désert d'Arabie & fuite de Damas
13- Rencontre de Pierre à Jérusalem
15- Barnabé et Paul à Antioche
16- Salamine sur l'île de Chypre
17- Paphos
18- Sur les routes de l'empire

Ronald D. Witherup
Collection écritures Lumen vitae,
207 pages
«Saint Paul est l’une des personnalités les plus fascinantes du Nouveau Testament. Ses lettres sont une référence indispensable de la foi chrétienne. Mais que de questions se posent à son sujet!... Ce livre permet d’entrer dans la vie de Paul, de saisir sa personnalité, de voir vivre les communautés auxquelles il s’adressait, de comprendre sa pensée.» Un excellent livre qui répond à toutes les questions sur saint Paul.
De Paphos sur l’île de Chypre, Paul et Barnabé décident d’aller en Asie Mineure. Dans ce port très achalandé, les bateaux font voile dans toutes les directions. Il suffit de choisir. Il faut agir vite car l'époque dangereuse de l'automne, qui interdit les voyages en mer, approche rapidement. Parmi les destinations qui pourraient intéresser Paul, il y a Éphèse, ville côtière et grand centre de transit. Mais il préfère Attaleia. La personne qui a influencé cette décision est sans doute Sergius Paulus qui possède probablement des relations et des contacts susceptibles d’être utiles aux deux missionnaires.
Paul n'avait jamais de plan de voyage déterminé. Il répondait aux occasions qui se présentaient. Sergius Paulus lui offrait de se rendre à Attaleia et de là à Antioche de Pisidie et cette destination lui semblait intéressante. Comme nous l’avons mentionné plus tôt, Marc prit le bateau pour Césarée et de là il gagnera Jérusalem.
Selon les Actes des Apôtres, la vie de Paul est marquée par trois grands voyages missionnaires. Le premier commence en l'an 46, quand Paul a 41 ans (Actes 13.1-3). Il entreprend le deuxième en 50 et le troisième se termine en l'an 58, avec son arrestation au Temple de Jérusalem (Actes 21, 27-34). En tout, douze ou treize années d'aventures sur les routes et sur les mers! Ces voyages n’ont rien à voir avec le confort des voyages d’aujourd’hui. Seules les voies principales de l'Empire possédaient des auberges aux trente kilomètres, où les voyageurs pouvaient trouver refuge à la fin de la journée. Sur les routes secondaires, il fallait passer la nuit dans des abris de fortune.
Les voies romaines dans l'Empire
Via Appia près de Rome
En construction -
croquis d'une coupe
Ancienne voie romaine, près de Pélussin
Les Romains avaient édifié, dans leurs provinces autour de la Méditerranée, un réseau routier tout à fait remarquable dont la destination première était militaire : en effet, les légions devaient pouvoir se déplacer rapidement pour se trouver là où leur intervention était nécessaire. Pour cette raison, les voies romaines étaient tracées de façon rectiligne et reliaient toujours deux points stratégiques.
La plus ancienne de ces routes, la Via Appia, reliait Rome à Capoue. Elle avait été construite en 312 av. J.-C. Au début de l'ère chrétienne, tous les pays autour de la Méditerranée étaient sillonnés de voies de circulation. Le réseau routier comptera plus de 350 voies, couvrant près de 80 000 km.
Les ingénieurs romains avaient développé des techniques de construction très efficaces qui étaient utilisées sur toutes les routes de l’empire. Larges de 5 à 7,50 mètres, elles étaient construites de cinq couches de matériaux superposées, avec une surface de revêtement de dalles de pierre. Des «milliaires» ou bornes indiquaient les distances entre deux villes. Les militaires, aidés de travailleurs locaux, étaient chargés de la construction de ces routes et des nombreux ponts, murs de soutènement et tunnels qui permettaient de franchir les obstacles naturels. L’armée était aussi responsable de l’entretien du réseau routier.
Les voies romaines étaient au service de tous les habitants de l’empire. Les dirigeants, les dignitaires et les citoyens les plus riches se déplaçaient en voitures confortables, escortés de cavaliers. Les simples particuliers, selon leurs moyens, voyageaient en groupes dans de lourds chariots bâchés, à dos de cheval ou de mulet, ou à pied.
Paul et Barnabé, qui voyageaient probablement à pied, se joignaient à l’une des nombreuses caravanes qui se déplaçaient d’une ville à l’autre. Ils parcouraient entre trente et trente-cinq kilomètres par jour, vitesse légèrement inférieure à la vitesse moyenne d'une personne à pied aujourd’hui. Les conditions routières étaient beaucoup plus mauvaises qu’elles ne le sont de nos jours.
Pendant ses douze ou treize années de mission, Paul s'est rendu dans plusieurs grandes villes de l'Empire: Antioche, Thessalonique, Athènes, Corinthe, Éphèse, Rome. Ces villes accueillaient un mélange de nationalités et les gens du monde entier s’y côtoyaient, comme dans nos villes aujourd'hui!
L'Évangile venait du monde rural, de l'intérieur de la Palestine, et il fallait que Paul puisse l'incarner dans cette nouvelle réalité du monde urbain. Tâche difficile! Il avait en tête la prophétie de la Pentecôte qui voulait que la Bonne Nouvelle atteigne toutes les nations. Luc énumère les peuples présents à Jérusalem lors de la fête : «Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende dans sa propre langue? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d'Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d'Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu!» (Actes 2, 8-11) Au fil de ses voyages Paul montre comment l'Évangile a rejoint tous ces peuples et bien d'autres encore. Ainsi se réalise la prophétie de la Pentecôte.
En arrivant dans les villes et dans les villages, Paul et Barnabé procédaient toujours de la même manière. Ils allaient à la synagogue le jour du sabbat. Cette rencontre avait pour but de convaincre leurs coreligionnaires que le Christ était le Messie. Généralement, ils en ralliaient quelques-uns, les autres étaient hostiles. Cela, ils le savaient d'avance, mais ils considéraient que leur prédication devait d'abord s'adresser aux Israélites.
De toutes ces églises fondées pendant le premier voyage de Paul, dans la sueur et dans la peine - Salamine, Paphos, Pergé, Antioche de Pisidie, Iconium, Lystres et Derbé - il ne reste pratiquement rien aujourd’hui. L'appel à la prière que lance le muezzin du haut du minaret, raconte une autre histoire.
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La semaine prochaine : Pergé et Antioche de Pisidie
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Source des images : (1) Paul et Barnabé sur le bateau: Garden of Praise; (2) Via Appia: Academic; (3) Les voies romaines dans l'Empire: Dante Alighieri; (4) Construction de la route- croquis d'une coupe: Palladia.pagesperso-orange.fr; (5) Voie romaine près de Pélussin: France secret.


